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Parisse, Laussucq, Dominici... Le XV de légende du Stade français de Marconnet

Parisse, Laussucq, Dominici... Le XV de légende du Stade français de Marconnet
Par Midi Olympique

Le 16/04/2020 à 16:58Mis à jour Le 17/04/2020 à 11:18

Les filtres, Sylvain Marconnet les a sur les cigarettes qu'il grille sans cesse en cette période de confinement. Pas dans ses propos. Alors, avec sa verve habituelle, l’ancien pilier international, 84 sélections avec les Bleus, a accepté de composer son "XV de légende" du Stade français, club avec lequel il a disputé treize saisons.

Dans cette équipe, il y a des évidences, quelques surprises, de belles amitiés. Mais aussi et surtout quelques anecdotes croustillantes…

1. Rodrigo Roncero

"Roro", c’était un boucher. Un combattant hors-pair. Quand ça piquait, tu savais que tu pouvais compter sur lui. Il avait une activité monstrueuse pour un pilier. Il était en avance sur son époque. Et puis, il avait une gueule...

Rodrigo Roncero - stade francais -octobre 2011

Rodrigo Roncero - stade francais -octobre 2011Icon Sport

2. Mathieu Blin

On a eu tellement de très bons talonneurs au Stade français que le choix est difficile. "Momo" n’était pas le meilleur à son poste, il n’était pas non plus le mieux loti physiquement, mais quel mental il avait. A force de travail, il s’est construit une belle carrière.

3. Pieter De Villiers

Franchement, à ce poste, c’est une évidence. Il n’y a jamais eu meilleur que lui au Stade français. Son palmarès parle pour lui. Pieter était l'antithèse de Roncero. Un vrai anglo-saxon, toujours dans la règle. Jamais une faute. Certains gestes pouvaient l'agacer, mais il ne dégoupillait jamais. Mais quand tu le connaissais bien, tu savais que lorsque ses arcades avançaient comme des "stores Bannes", il était préférable de ne pas rester près de lui...

Pieter DE VILLIERS, Dimitri SZARZEWSKI, Rodrigo RONCERO - Stade francais - Leicester Tigers - 29 octobre 2005

Pieter DE VILLIERS, Dimitri SZARZEWSKI, Rodrigo RONCERO - Stade francais - Leicester Tigers - 29 octobre 2005Icon Sport

4. David Auradou

"Ô Capitaine ! mon Capitaine !" Ce mec n’avait rien à faire sur un terrain de rugby. Je me souviens du jour où je l’ai vu arriver avec ses longs bras, ses deux cure-dents à la place des jambes, son corps dégingandé… (rires). Et pourtant, avec son courage, son état d'esprit, sa volonté, "Bibi", c’est quarante sélections en équipe de France. Un vrai meneur d'hommes. Un bonheur de jouer avec lui.

5. Hervé Chaffardon

En deuxième ligne à droite, il faut un tracteur. Le "Chaff", c’est le joueur idéal. Des épaules aussi larges qu’une armoire normande. Un guerrier. J'avais eu la chance de le côtoyer un peu à Grenoble avant qu’on se retrouve à Paris. Je suis fier aujourd'hui d’être le parrain de sa fille.

6. Pierre Rabadan

"Museau", son surnom, qu’il n'aimait pas à l’époque, c’est dix-sept ans au Stade français. Une fidélité incroyable, un camarade de jeu admirable. Un mec fabuleux. Peut-être que le Stade français n’aurait pas été ce club sans lui… Et puis, un joueur qui mettait la tête ou d’autres ne mettaient pas les pieds. Je serais curieux de savoir combien de points de suture il a eu sur la gueule durant sa carrière. A mon avis, il ne doit pas être loin du record de Serge Betsen (rires).

Pierre Rabadan (Stade français) sonne la charge devant Shaun Sowerby et Jean-Baptiste Ellisalde (Toulouse) - 25 octobre 2008

Pierre Rabadan (Stade français) sonne la charge devant Shaun Sowerby et Jean-Baptiste Ellisalde (Toulouse) - 25 octobre 2008AFP

7. Sergio Parisse

Parisse est incontournable dans un XV de légende du Stade français. Quelle classe ! Quel talent ! Quelle gestuelle. Évidemment, flanker, ce n’est pas son poste, mais Christophe Juillet n’avait rien d’un numéro 7. Pour l’équilibre de l’équipe, il vaut mieux que je mette Sergio à ce poste. "La jouille" aurait été en difficulté (rires).

8. Christophe Juillet

Pour moi, il est le symbole de la transition entre le rugby un peu vintage et le rugby moderne. Pour lui, jouer un match de rugby, c’était juste du plaisir. Ce n’était pas le genre à se prendre la tête. J’ai souvenir l’avoir surpris en train de fumer une clope dans les chiottes quelques minutes avant un match (rires). Il était en tenue, maillot de match déjà enfilé, tranquille… Je peux même vous dire que c’était au pays de Galles lors d’une rencontre avec le XV de France (rires).

Christophe Juillet lors du 1/4 de finale de la Coupe du monde 1999 entre la France et l'Angleterre - 24 octobre 1999

Christophe Juillet lors du 1/4 de finale de la Coupe du monde 1999 entre la France et l'Angleterre - 24 octobre 1999Icon Sport

9. Christophe Laussucq

A ce poste, nous avons eu beaucoup de joueurs de grands talents. Je pense à Pichot, à Galthié… Mais lui, c’est le vrai numéro neuf. Il a peut-être été le moins médiatique de tous, le moins reconnu, mais quel joueur. C’était un aboyeur. Un râleur. Un perfectionniste. Mais aussi un put… de stratège. En 2001, si l’entraîneur de l’époque (ndlr : John Connoly) ne fait pas le choix de le mettre sur le banc des remplaçants, nous aurions été champion d’Europe contre Leicester. J’en suis convaincu.

10. Diego Dominguez

Il a marqué l’histoire du Stade français tout en ayant un physique pas franchement adapté à ce sport. Un joueur sérieux, rigoureux, énorme travailleur. Il n’y pas de hasard dans la vie. Jamais une goutte d’alcool, la sieste tous les jours après déjeuner. Son talent ? Inutile d’en parler, tout le monde s’en souvient. En revanche, jamais je n’ai jamais vu un mec détester autant la défaite.

Diego Dominguez avec le Stade français en 2001

Diego Dominguez avec le Stade français en 2001Icon Sport

11. Christophe Dominici

Avec Pieter, c’est peut-être celui dont je suis resté le plus proche. C’est donc difficile d’être objectif. Quand on voit son tout petit physique à côté de son immense palmarès, on ne peut être qu’admiratif. La différence, c’est son mental et sa rage de vaincre. Il a su puiser dans son histoire complexe pour réussir cette immense carrière. Pour moi, Domi, c’est une trajectoire incroyable. Si il n’avait pas eu le rugby, on aurait pu le retrouver avec une "nuquette", une super 5 turbo, en train de vendre des "barrettes de sheet" sur la côte d’Azur (rires).

12. Mathieu Bastareaud

Mon premier souvenir de lui, c’était lors d’un entraînement avec le XV de France à Marcoussis. Le RC Massy était venu faire l’opposition. Et Bernard Laporte avait pété un câble car on se faisait ouvrir en deux par un gamin de 17 ans. C’était "Basta". Ensuite, j’ai eu la chance de le voir arriver au Stade français. D’apprendre à le connaître. C’est vraiment un gros nounours, un garçon attachant. Et rugbystiquement, j’ai rarement vu un casseur de ligne comme lui. A notre époque, sous la houlette de Galthié, Basta était notre "facteur X". Je regrette que personne n’ait su vraiment exploiter l’intégralité de son potentiel.

Bastareaud Mathieu Paris 2011 Top 14

Bastareaud Mathieu Paris 2011 Top 14Icon Sport

13. Juan-Martin Hernandez

Quand tu composes une équipe de légende, tu commences forcément par "El Mago". C’est le garçon le plus doué avec qui j’ai eu la chance de jouer. Il avait tout pour lui. C’était un beau mec, élégant sur un terrain. C’était la classe, tout simplement. Il nous a dénoué à l’époque un certain nombre de situations compliquées. Il pouvait jouer à tous les postes. Il était même peut-être meilleur à l’arrière car il avait plus d’espace et il avait cette "grinta" qui faisait de lui un redoutable défenseur.

14. Julien Arias

"Bouziz", c’est comme Rabadan : c’est l’histoire du Stade français. Un mec fidèle. Une pointe de vitesse et un raffut terrible. Le Stade français a peut-être sublimé sa carrière, mais je suis heureux aujourd’hui de voir qu’il entraîne le club avec Laurent Sempéré. Pour moi, il représentait le coéquipier idéal. Jamais un mot plus haut que l’autre. Toujours d’égale humeur. Et sur un terrain, tu pouvais compter sur lui, en défense comme en attaque. Un super soldat.

15. Ignacio Corleto

"Nani", c’est l’élégance à l’état pur. A l’époque, nous tenions le bar du club house de Géo-André avec Pieter (De Villiers) et nous lui offrions toujours quelques bières parce qu’il attirait la gent féminine, ce qui faisait du bien à l’activité économique (rires). C’est dans notre bar qu’il avait séduit à l’époque Mélissa Theuriau, avant de lui briser le cœur un peu plus tard. Plus sérieusement, sur un terrain, c’était aussi l’assurance tous risques. Quand tu joues devant, c’est appréciable. Je ne peux pas en dire pareil de tous les arrières avec qui j’ai joué. Je me souviens encore m’être relevé d’une mêlée contre les Blacks et voir les genoux de Clément Poitrenaud claquer l’un contre l’autre parce que l’ouvreur avait tapé une chandelle... Là, tu sais que tu es mal parti...Avec Nani, ça n’arrivait pas.

Ignacio Corleto (Stade Français)

Ignacio Corleto (Stade Français)Getty Images

Remplaçants

Au talon, Dimitri Szarzewski mérite d’y être pour l’ensemble de sa carrière, même si il est parti au Racing (rires). A mon époque, il n’y avait que 22 joueurs sur la feuille, je vais donc me mettre remplaçant pour couvrir les postes de pilier gauche et droit. En deuxième ligne, Mike James fera le boulot. Tout comme Antoine Burban en troisième ligne. A la mêlée, je vais me faire un malin plaisir de placer dans les tribunes mon ami Fabien Galthié. Ça lui fera les pieds (rires). David Skrela couvrira le poste d’ouvreur. Et enfin, Arthur Gomez à l’arrière.

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