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Nos grands souvenirs de finale européenne

Nos grands souvenirs de finale européenne
Par Jérôme Prevot via Midi Olympique

Le 23/05/2020 à 12:49Mis à jour Le 23/05/2020 à 12:55

Ce 22 mai, aurait dû se jouer la finale de la Coupe d’Europe à Marseille. Retour sur quelques finales mémorables parmi les vingt-quatre que nous avons vécues depuis 1996 et qui ont permis d’ouvrir une nouvelle page dans l’histoire du rugby.

Ce 22 mai, on devait se retrouver au Stade Vélodrome à Marseille pour assister à la finale de la Coupe d’Europe. Évidemment, la crise du coronavirus en a décidé autrement. Depuis 1996, cette finale continentale est devenue un grand rendez-vous de la saison même si depuis une petite dizaine d’années, des voix discordantes se font entendre. La Coupe d’Europe ne serait pas assez attractive, pas assez lucrative. Certains parlent même de la supprimer. Pourtant, nous gardons quelques souvenirs assez forts de plusieurs finales. En 2020, ce "non-rendez-vous européen" était l’occasion de nous remémorer certaines d’entre elles. Un choix arbitraire, bien sûr. Certains bons moments ont été oubliés (le drop de Michalak en 2005). Certaines purges aussi, comme les finales sans essai de 2016 et 2018 par exemple. Bon retour sur le passé !

1996 : Castaignède intouchable

Ce fut la première, disputée (en janvier) entre Toulouse et Cardiff dans un Arms Park loin d’être rempli. Elle fut dévaluée car les Anglais avaient refusé de prendre part à la compétition. Le professionnalisme balbutiait et le rugby gallois n’avait pas encore entamé sa rénovation. Tout ça pour dire qu’on essuyait les plâtres et que le Stade toulousain était largement au-dessus de son adversaire. Les deux essais en témoignent, de belles constructions avec un Thomas Castaignède irrésistible au centre. Il était à son sommet, on ne le savait pas. Cardiff, résiste mieux que prévu et pousse Toulouse jusqu’à la prolongation, à coups de pénalités. Mais en termes de rugby pur, il n’y avait pas photo.

2002 : la tricherie de Neil Back

En 2002, Leicester affronte le Munster. À 15-9, les Irlandais ont une mêlée cruciale dans les 22 adverses pour revenir. Peter Stringer s’apprête à introduire mais le flanker international de Leicester Neil Back lui fait sauter le ballon des mains et le rabat du côté anglais. Geste totalement illégal. M. Jutge n’y voit que du feu et Leicester peut se dégager. Vu des tribunes, on applaudit car on croit que les Anglais ont "piqué" le ballon à l’introduction.

2004 : le coup de théâtre

Toulouse et les Wasps se retrouvent à Twickenham, en finale, pour un match magnifique. Les deux équipes sont à 20 à 20 avant une conclusion assez extravagante. Rob Howley, demi de mêlée gallois des Wasps, tape à suivre pour lui-même. Clément Poitrenaud contrôle, veut laisser le ballon rebondir jusqu’à l’en-but mais il ne voit pas que Howley a suivi son coup de pied. Et celui-ci aplatit au pied de l’arrière toulousain, médusé. Le coup de théâtre le plus incroyable de la compétition.

2007 : les coups de filou d’Ibanez

À Twickenham, la finale oppose deux poids lourds du rugby anglais : les Wasps et Leicester. Les Londoniens s’imposent 25 à 9 dans ce qui fut le sommet de leur histoire. Raphaël Ibanez est au départ des deux essais sur deux combinaisons de filou en touche. La première fois, au lieu de faire un lancer classique, il lance d’une passe son demi de mêlée Eoin Reddan, lancé dans le couloir des cinq mètres. Sur le second, il fait un lancer rapide à Simon Shaw en premier sauteur qui n’a même pas besoin de décoller du sol. Shaw fait quelques pas et remet à son talonneur qui marque sans opposition en s’échappant le long de la touche.

2008 : mortel ennui

La finale 2008 entre le Munster et Toulouse ne nous a pas laissé un très bon souvenir. Match fermé, sans beaucoup d’envolées. L’ouvreur Jean-Baptiste Elissalde pris dans la tenaille, Fabien Pelous frappé d’un carton jaune pour un coup de pied aux fesses de Quinlan, beaucoup de jeu au pied. Même les deux essais sont sans éclat : Dennis Leamy marque au ras sur une séance d’avants. Donguy aplatit après des coups de pied à suivre (mais c’est vrai, une jolie relance de Heymans au départ). Puis, surtout, ce final incroyable des Irlandais. Cinq minutes de pick and go fastidieux pour conserver le résultat. Une impression de cynisme qui forge la victoire 16-13 du Munster au prix d’une explication très fade.

2011 : la plus belle de toutes

La finale 2011 nous a laissé un souvenir magnifique. Elle est à notre sens la plus belle de l’histoire. Trois essais de chaque côté et un renversement terrible. Elle opposait le Leinster de Christian Cullen et de Brian O’Driscoll au Northampton de Dylan Hartley et Courtney Lawes. Les Irlandais finissent par s’imposer 33- 22 après avoir été menés de 16 points à la pause (22-6). La deuxième période est un festival du Leinster qui signe un 27-0 en 26 minutes. On considère ce match comme celui de la révélation de Jonny Sexton, absolument décisif dans la démonstration de son équipe. Mais les "Saints" avaient pourtant signé une superbe première mi-temps, il ne faut pas l’oublier.

2015 : l’exploit de Drew Mitchell

2015, Toulon domine et bat Clermont en finale à Twickenham (24-18), dernier trophée de Bernard Laporte. Le match bascule à la 69e sur un exploit personnel de Drew Mitchell. Lancé par Sébastien Tillous-Bordes en position de premier receveur, face à une défense a priori bien en place, le Wallaby accélère et échappe à cinq défenseurs avec une insolente facilité. À une époque où les défenses sont si souvent louées et dominatrices, cet exploit eut quelque chose de rafraîchissant. Une façon de rappeler que le rugby reste quand même parfois, encore, une question de talent.

2019 : Vunipola sans se prendre la tête

La dernière finale, fut un sommet d’engagement entre les Saracens et le Leinster. Une vraie bataille de tranchées avec quelques moments de classe pour la pimenter (l’essai de Maitland par exemple). Mais une image nous est restée : l’essai décisif des Saracens inscrit par Billy Vunipola. Un départ tout bête derrière une mêlée, tout en force et sans feinte, ni leurre. La démonstration implacable que, malgré tout ce qu’on peut échafauder, à la vidéo ou à l’entraînement, un joueur naturellement supérieur et, dans ce cas, surpuissant, trouvera toujours le moyen de faire la différence. Les puristes le regretteront, mais c’est le verdict du rugby moderne. Et les Saracens s’imposent logiquement (20-10).

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