Midi Olympique

Chronique de P. Villepreux

La chronique de Pierre Villepreux
Par Rugbyrama

Le 03/06/2008 à 02:00Mis à jour

Avant Usap-Toulouse, notre expert Pierre Villepreux revient sur les notions de confiance et de doute à l'approche des phases finales. Pour lui, les impasses en cette fin de championnat des qualifiés ne sont pas forcément des solutions idéales pour aborder

Comme chaque année dans la période qui précède les phases finales, les résultats des meilleures équipes, en tout cas ceux de celles qui sont qualifiées interpellent. Toulouse perd à Brive, Clermont à Montauban. Comment interpréter ce manque de performance à un moment où il s"agit bien de se rassurer sur son jeu et d"accumuler la confiance utile pour faire face aux échéances successives?

Bien sûr, on peut argumenter sur les obligations de résultats qui s'imposent à leurs adversaires. Les valeurs propres à ce jeu, celles que génère l'affrontement, se doivent d'être présentes pour performer et gagner. Elles sont sûrement plus présentes chez ceux qui ont besoin de gagner que chez leurs adversaires déjà qualifiés.

Je ne dis pas que Toulouse et Clermont, favoris du Brennus 2008, ont bradé leur dernier match. Tout le monde sait, staff technique et joueurs, que ce n'est pas le moment de créer des tensions puisque, immanquablement, toute défaite en provoque et donc qu'il est préférable de ne pas tomber dans ce cas de figure.

Pour Clermont que tout le monde voit enfin champion, il serait, sinon malvenu, du moins dommage, d'hypothéquer la sérénité développée tout au long de ce championnat. La respiration de ce club est depuis longtemps rythmée sur des échecs en finale et il ne s'agit pas maintenant d'avoir une interprétation déstabilisante d'une défaite même si celle-ci "secoue". Mais quand on fait partie des meilleurs et que l'on est reconnu comme tel, on sait aussi que c'est surtout et simplement un peu la dignité tant collective qu'individuelle qui est affectée. Le jeu de l'ASM, au départ, a surpris et déconcerté les adversaires. Il est aujourd'hui mieux décodé par les rivaux qui logiquement ont appris à connaître mieux les forces tactiques et stratégiques de cette équipe et particulièrement celles des joueurs qui influencent le système de jeu. Suite à cette défaite on peut argumenter comme c'est toujours le cas sur la composition de l'équipe, plus bis que première, mais depuis quelques temps, la manière Clermontoise a montré, non pas ses limites, mais quelques défaillances.

On peut, peu ou prou, faire le même constat pour Toulouse. La défaite en finale de la Coupe d'Europe et l'échec successif à Brive gênent d'autant plus que ce dernier match n'avait pas été dévalué par le staff toulousain. Ce dernier sait mieux que tout le monde qu'il n'est jamais bon de perdre deux fois de suite surtout en cette période. Le jeu toulousain et sa forme ne sont pas en cause mais il y manque l'efficacité, et avec elle la réussite qui, en ce moment, fuit un peu Toulouse. Moment d'autant plus crucial pour les Rouge et Noir qui doivent se déplacer à Perpignan. Contexte qui impose un questionnement. Avec quelle équipe et quels objectifs ? Faut-il dévaluer ce match ou au contraire en faire un nouveau challenge ?

Soyons clair, il ne s'agit pas pour les deux favoris de descente aux enfers. Plus simplement, en ce moment toute défaite génère un glissement négatif, une espèce de dépréciation de ce qui a fait la robustesse du jeu gagnant précédent. Peut-on penser que grâce aux succès notables obtenus, on puisse passer le temps d'une défaite, d'un état de surmotivation à un état de doute qui touche plus la "démobilisation" que la démotivation. Il serait un peu ennuyeux que les "allants de l'espoir et du vouloir" que le jeu que ces deux équipes avaient déclenché il y a peu de temps, aient tendance à se dissoudre.

Rentrer dans un processus de démobilisation est dangereux car on ne peut y remédier autrement que par la victoire et si possible par la manière. En tout cas, pas par des "effets placebos".

Dans le même temps, la remobilisation s'installe dans le camp adverse. Perpignan et le Stade français vont de mieux en mieux et sont de moins en moins affectés par leurs résultats en dents de scie qui ont jalonné leur saison. La pression s'est maintenant tendancieusement installée sur ceux qui ne la craignaient pas.

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