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Bourg et Narbonne se disputent le titre en Nationale

Bourg et Narbonne se disputent le titre en Nationale

Le 05/06/2021 à 10:18Mis à jour Le 05/06/2021 à 10:26

NATIONALE - Le stade Rajon de Bourgoin accueille ce samedi (15h10) la première finale de Nationale. Après les célébrations de montées en Pro D2, Bressans et Narbonnais ont l'envie d'être champions.

Synonymes d’accession en Pro D2, les victoires en demi-finale face à Albi pour Bourg (36-16) et contre Nice côté Narbonne (9-12) ont été largement fêté en début de semaine. Lundi, Bressans et Audois s’appelaient en visio depuis les terrasses des cafés et s’assuraient ainsi que personne n’avait encore repris l’entraînement dans le camp d’en face. En milieu de semaine en revanche, les deux effectifs ont basculé. "Maintenant que nous sommes en finale, il y a un truc à aller chercher, assène l’ouvreur bressan Mathis Viard. On joue pour gagner des titres et ce serait une consécration. Et cela ne s’oublie pas dans une carrière".

Sur la saison régulière, Bourg est l’équipe qui a le plus gagné (16 succès pour 4 défaites) mais en face Narbonne (13 victoires, 7 revers) avait déjà connu 3 défaites début octobre et a ensuite su redresser la barre pour finir fort. Très fort.

Construction burgienne, réaction narbonnaise

Cette saison a permis aux Burgiens de monter en puissance au fil des rencontres, petit à petit. D’abord en s’appuyant sur leur base défensive, puis en lâchant les chevaux sur le plan offensif. "On s’est construit petit à petit, estime le 2e ligne Cyril Veyret. C’est même le résultat d’un travail sur les deux, trois voire quatre dernières saisons". La force de l’évolution d’un groupe, avec un fort noyau de joueurs qui ont engrangé de l’expérience en Pro D2 – et depuis à l’échelon en-dessous dans un autre contexte – il y a trois ans. Renforcé par des arrivants prêts à tout de suite se mettre dans ce moule collectif, à l’image du talonneur Sione Anga Aelangi.

Depuis quelques semaines, les Bressans sont appliqués, concentrés, très soudés et enchaînent les succès. A voir si l’objectif de la montée atteint vient dégonfler la dynamique sur laquelle les joueurs surfaient face à Albi. "Cette finale arrive très très vite, souffle le capitaine Hugo Dupont. Nous avons la chance de passer une semaine de plus ensemble. Nous allons essayer de mettre les ingrédients qui nous correspondent, comme d’habitude. Physiquement, nous ne serons peut-être pas au niveau de la demi-finale car il y a beaucoup de casse, de fatigue et d’adrénaline qui est retombée aussi. Mais nous allons tout de même essayer d’être à la hauteur d’un tel événement". Surtout que c’est la première fois qu’un titre de Nationale sera décerné.

En face, les Narbonnais ont surtout su réagir. Après un début de saison contrariée, ils ont eu la réaction nécessaire pour rectifier le tir en cours de route. "Le contrat est rempli même si cela a été dur à réaliser, lâche le capitaine du RCN Flavien Nouhaillaguet. Cela fera peut-être un peu taire ceux qui ont parlé... On a pris des coups sur la tête quand on était 9e, même si on a toujours eu un groupe d’irréductibles supporters derrière nous. Pendant la trêve hivernale, on a su remettre les choses à plat". "En janvier, nous avons vu que nous avions une tout autre équipe, poursuit son compère de la 3e ligne Mickaël Recordier. Avec beaucoup plus de confiance, on a enchaîné des victoires. Ce groupe s’est construit de décembre à aujourd’hui".

Avec 5 succès sur les 6 derniers matchs, les Audois ont le vent en poupe. Les seuls à les avoir battus sur cette période sont… les Bressans lors du dernier affrontement de la saison régulière (14-38). Mais le staff technique du RCN avait décidé de mettre ses cadres au repos avant la demi-finale et de lancer une douzaine de néophytes. Certains Audois comme Pascal Cotet évoquent tout de même « une petite revanche à prendre ». Mickaël Recordier insiste : "Les Bressans ont fini devant nous sur la saison régulière, ils jouent quasiment à domicile. On a peut-être le costume d’outsider mais… cela nous va bien !"

Ne pas galvauder cette finale

Les deux effectifs ont pris conscience de l’importance de cette finale, de finir sur un titre. L’entraîneur bressan Yoann Boulanger vit sa quatrième montée au sein du club, il était joueur en 2008 puis entraîneur en 2013 et 2018 (accession sans jouer le titre car le champion était Provence rugby, premier de la saison régulière). Le technicien a donc déjà connu deux finales. La première où la préparation était au second plan derrière de grosses festivités de montée. Elle avait été largement perdu face à Colomiers (3-36).

Pour la deuxième en revanche, l’objectif était le titre. Obtenu devant Bourgoin (15-13). "Ayant connu celle de 2008, il y a beaucoup de regrets de ne pas l’avoir bien préparé, témoigne le coach. A l’inverse en 2013, il y avait beaucoup de maîtrise, d’émotions fortes. Cela s’était joué dans la préparation, dans la cohésion que l’on avait réussi à mettre et dans le moment que l’on voulait vivre tous ensemble. Et forcément, on se souvient plus des bons moments".

Sous le maillot orange, on s’applique aussi à tenter de finir sur une bonne note. "Ce serait la cerise sur le gâteau, estime le 3e ligne Flavien Nouhaillaguet. Ajouter une ligne sur le joli palmarès du club. En tant que joueurs, nous n’avons pas souvent l’occasion de remporter des titres. Bon, on a David Smith dans le groupe qui a joué 6 finales de Brennus et 4 de coupe d’Europe. Mais il reste un cas à part".

Séquences émotions

Cette finale, c’est aussi un peu une réunion entre amis. De nombreux joueurs se connaissent et s’apprécient dans chaque camp. D’ailleurs, certains avaient espéré cette affiche en début de saison. Les capitaines des équipes respectives déjà. Hugo Dupont et Flavien Nouhaillaguet sont potes de longue date, depuis leur passage au centre de formation de Grenoble. Un duo auquel il faut adjoindre le 2e ligne bressan Cyril Veyret. "Avant les demi-finales, on s’était dit qu’on allait faire l’effort et se retrouver à Rajon, sourit Flavien Nouhaillaguet. Nos familles respectives et nos amis en commun sont de Grenoble, on imaginait que cela pouvait faire une belle fête et une juste récompense pour nous". Même topo entre les amis du centre de formation de Brive Guillaume Namy et Emile Cailleaud qui devraient se croiser à un moment donné sur le terrain.

Cette rencontre, c’est aussi la sortie rêvée pour des joueurs qui prennent leurs retraites. Mickaël Recordier et Téva Maké côté narbonnais, Simon Bornuat, Arnaud Perret et Quentin Traversier côté bressan. Ou quittent un club au sein duquel ils ont effectué un long bail, à l’image de Greg Maiquez (10 saisons) ou d’Emile Cailleaud (9 ans). Et pour Mickaël Recordier qui a débuté sa carrière pro au CSBJ et joué 6 saisons sous le maillot ciel-et-grenat, "finir dans ce stade mythique, c’est une émotion en plus. Pour moi, c’est le petit truc en plus de cette finale. C’est même magique". Le vainqueur pourra donc reprendre ses festivités le cœur léger, le vaincu pourra se consoler en se disant qu’il a tout de même déjà composté son billet pour la Pro D2.

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