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Lièvremont : "Je considère que j’appartiens à une génération ayant vécu le meilleur du rugby"

Lièvremont : "Je considère que j’appartiens à une génération ayant vécu le meilleur du rugby"
Par Marc Duzan via Midi Olympique

Le 17/09/2020 à 18:56Mis à jour Le 17/09/2020 à 19:02

Pourquoi le début de saison est-il à ce point ennuyeux ? Morgan Parra et Clermont sont-ils en fin de cycle ? Finn Russell sait-il gagner les grands matchs ? Et finalement, le XV de France a-t-il terminé le Mondial 2011 en autogestion ? Aujourd’hui consultant pour Canal +, l’ancien sélectionneur des Bleus revient avec la franchise qui le caractérise sur les grands sujets d’actualité…

Comment avez-vous vécu cette période de six mois sans rugby ?

Au-delà de l’empathie que je peux avoir pour mon sport, ses joueurs et ses dirigeants, je ne peux pas dire que ça m’a manqué : d’abord, parce que j’ai d’autres activités ; ensuite, parce qu’on a tous été écrasé par un truc inédit, un truc gigantesque et qui a fondamentalement changé notre façon de vivre.

Quel œil portez-vous sur la reprise du Top 14 ?

On ne peut pas dire que l’on est ébloui par le spectacle. Il y a beaucoup de pénalités, un nombre incalculable de cartons jaunes… Tout ça est un peu haché, quoi… Il va nous falloir être patient.

On est tous un peu abasourdi par ces nouvelles consignes entourant la zone du ruck et favorisant largement les gratteurs et la défense…

La volonté première de World Rugby est de protéger des joueurs (les nouvelles consignes sont censées éviter les déblayages trop violents, N.D.L.R.). […] On s’est aperçu, en Nouvelle-Zélande, que les premières rencontres avaient donné lieu à un nombre ahurissant de pénalités et que, petit à petit, les joueurs s’étaient adaptés, le tout débouchant sur ce match Nord/Sud (l’île du sud de la Nouvelle-Zélande face à l’île du Nord, en août dernier, N.DL.R.) en tout point somptueux.

Il suffit donc d’être patient, alors ?

Le problème, c’est que les enjeux ne sont pas les mêmes entre le Top 14 et le Super Rugby. Eux sont obnubilés par le spectacle et la production de joueurs, lesquels servent leur équipe nationale ; chez nous, l’adaptation risque d’être plus longue.

À qui la faute ?

La faute à un calendrier surchargé, totalement dingue ; la faute à la fatigue accumulée, au manque de préparation en aval de la compétition… J’ai aussi l’impression que les entraîneurs vont davantage se tourner vers l’utilisation du jeu au pied.

Pourquoi ?

Il y a moins de monde dans les rucks et par conséquent moins d’espaces, sur le terrain. Les joueurs n’ont pas vraiment d’autre choix que d’occuper au pied…

Vous avez quitté l’équipe de France en 2011 et n’avez plus jamais entraîné, depuis. Cela ne vous manque-t-il pas ?

J’ai pourtant eu beaucoup de touches, depuis. Très peu ont néanmoins débouché sur des discussions directes.

Pour quelle raison ?

La plupart du temps, ce fut un "non" catégorique de ma part, que ce soit pour des rôles d’entraîneur ou de président. Au moment de ces échanges, j’étais un peu bousculé dans ma vie personnelle et familiale. Je n’avais pas la tête à ça. Mais au bout du bout, j’ai l’impression d’avoir fait les bons choix.

Comment ça ?

Je n’ai aucun regret. Ma vie est équilibrée, dense, riche.

On vous suit…

Je considère que j’appartiens à une génération ayant vécu le meilleur du rugby. J’ai eu la chance de connaître la fin du rugby amateur, puis le passage en douceur vers le professionnalisme. Les belles années, quoi…

Vous aviez à peine 40 ans lorsque vous avez été nommé à la tête du XV de France, en 2008.

(Il coupe) Les choses sont allées extrêmement vite. Trop vite, diront certains… J’ai passé deux ans avec les Espoirs de Biarritz, puis il y eut l’équipe de France des moins de 20 ans, l’équipe "Une" de Dax et le XV de France, dans la foulée. J’ai entraîné huit ans, quoi. Ce n’est rien du tout.

Retrouvez dès maintenant l'intégralité du grand entretien avec Marc Lièvremont sur Midi Olympique

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