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Réapprendre le rugby

Réapprendre le rugby
Par Rugbyrama

Le 15/08/2018 à 17:08

Enfin mon heure de gloire, la chance de ma vie. J’écris. Fini de servir les cafés, terminé les heures à chercher sur la toile le résultat de la 4e division du championnat bulgare… Oui, j’écris sur Rugbyrama et j’ai une rubrique à moi pour vous faire vivre mon actu : c’est la semaine du stagiaire du Midol !

"On n'a jamais fini d'apprendre parce qu'on n'a jamais fini d'ignorer." Simone de Beauvoir n'était pas une férue de ballon ovale. Du moins pas que je sache. Pourtant sa célèbre citation n'a jamais autant été d'actualité dans le monde du rugby.

Ces jours-ci, les équipes peaufinent leur préparation physique avant la reprise du championnat tant attendu par les passionnés que nous sommes. C'est une période où les joueurs réapprennent à utiliser leur corps pour se protéger et pour s'en servir afin de prendre le dessus sur l'adversaire. Le sport incite naturellement à repousser les limites de son corps pour réaliser des exploits. Le rugby tout particulièrement amène ses adeptes à s'affronter, dans les règles de l'art bien entendu. Quand un jeu est basé sur le face-à-face de deux alignements de quinze joueurs, inévitablement les chocs se répètent. Souvent décrit comme "un sport de combat en équipe", le ballon ovale est forcément très lié aux soucis de santé dont on parle de plus en plus ces derniers mois. Cette année, le K.O. de Samuel Ezeala, la mort du jeune Adrien Descrulhes ou plus récemment la retraite de Sam Warburton ont successivement ramené sur la table le sujet de la dangerosité du rugby actuel, avec la nécessité d'agir pour réduire les risques.

"C'est plus facile sans Vakatawa en face"

"C'est plus facile sans Vakatawa en face"Rugbyrama

Ce week-end la tragique nouvelle du décès de Louis Fajfrowski a ému la France entière, au-delà du monde de l'ovalie. Cela ramène le rugby à ses vieilles craintes, disant "qu'un jour il y aura un mort". Certes l'autopsie n'a pas établi un lien direct de causalité avec le plaquage subi au cours de la rencontre. Mais difficile d'ignorer le choc du match qui a précédé le décès.

"Je vous l'avais dit"

"Je vous l'avais dit"Midi Olympique

Alors l'heure doit être à la remise en question et à l'apprentissage. Le stagiaire inexpérimenté que je suis le sait, il y a toujours beaucoup à apprendre. Il faut savoir ravaler sa fierté et balbutier un anglais médiocre pour interviewer les Irlandais du Leinster après leur premier amical à Montauban. Il faut prendre sur soi quand, à la rédaction, on insinue que son club de cœur, le grand RC Châteaurenard, a une réputation belliqueuse. Et il faut apprendre à s'adapter et écrire un "stagiaire midol" un peu moins léger que d'habitude quand l'actualité rugbystique nous y contraint.

"J'ai rien compris à ses questions, son anglais était trop nul"

"J'ai rien compris à ses questions, son anglais était trop nul"Icon Sport

Tout comme les joueurs qui participent à leurs derniers amicaux, il est nécessaire d'apprendre de ses forces et de ses faiblesses. Un manque d'organisation en conquête ou des combinaisons mal maîtrisées appellent à un redoublement d'efforts à l'entraînement. On ne naît pas rugbyman, on le devient, au bénéfice de longues heures de travail. C'est ce qui est attendu des différentes instances qui dirigent le rugby actuel. Une concertation et des dispositions à prendre. Pour que ce sport reste uniquement associé à la notion de plaisir.

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