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Les femmes au pouvoir

Les femmes au pouvoir
Par Rugbyrama

Le 15/05/2018 à 18:24

Enfin mon heure de gloire, la chance de ma vie. J’écris. Fini de servir les cafés, terminé les heures à chercher sur la toile le résultat de la 4e division du championnat bulgare… Oui j’écris sur Rugbyrama et j’ai une rubrique à moi pour vous faire vivre mon actu : c’est la semaine du stagiaire Midol !

Le bouclier est là, magnifique sous les perles de pluie qui épousent ses formes. Sa présence signifie que nous sommes un jour de finale. Les deux équipes sortent du tunnel et jettent un coup d’œil furtif au trophée tant convoité sous les hourras de leurs supporters respectifs. La pression est palpable. L’aboutissement d’une saison longue, éprouvante, rythmée par les rencontres internationales.

Le temps est capricieux comme bien souvent dans la région. La Marseillaise retentit, chantée à pleins poumons aussi bien dans les travées que sur la pelouse. Comme à son habitude, la finale sera fermée, disputée et les chocs violents. Deux clubs luttant pour une suprématie nationale tant convoitée. Vous vous voyez au Stade de France en finale de Top 14 ? Sauf que nous sommes au stade Albert-Domec de Carcassonne, pour la finale du Top 8 féminin entre Montpellier et le Stade Toulousain.

Normalement, votre intérêt décroît presque machinalement pour cette discipline encore si peu considérée dans l’Hexagone. Pas de culpabilité à avoir, même les instances de la FFR se désintéressent du sort du championnat tant la "corbeille présidentielle" est vide. Un malheureux vice-président de la FFR ayant visiblement perdu à la courte paille avec ses collègues, la sélectionneuse de l’Équipe de France Annick Hayraud bien esseulée et puis c’est tout…

Annick Hayraud et Gaelle Hermet (XV de France Féminine)

Annick Hayraud et Gaelle Hermet (XV de France Féminine)Icon Sport

À l’heure où le président de la FFR, fait du rugby féminin "une priorité", le spectacle donné à Carcassonne a de quoi laisser pantois.

Aucune animation d’avant-match, un stade honnête, mais bien loin du standing du Parc OL, une cérémonie de remise du bouclier bâclé et surtout le désintérêt flagrant d’une fédération. Une preuve ? Si Blagnac avait remporté le match face à Montpellier, la finale contre le Stade Toulousain aurait eu lieu à…Vichy ! Bien loin de la Haute-Garonne pour des supporters valeureux, mais ne roulant pas forcément sur l’or.

Si Carcassonne est presque à équidistance des deux métropoles occitanes, à peine un millier de spectateurs ont fait le déplacement dans la capitale audoise. Pourquoi si peu de monde ? Peut-être en raison de la communication inexistante pour une finale de championnat de France. En ville, aucune affiche, et plus largement une promotion de l’événement sur les réseaux sociaux proche du néant. Bien souvent, la réponse la plus commune à toutes ces affirmations est que le rugby féminin n’intéresse pas les gens.

Alors, comment expliquer les 18 000 spectateurs présents pour l’affiche France-Angleterre du tournoi des 6 Nations, en mars dernier. Une enceinte quasiment à guichets fermés et l’ambiance bouillante prouvent que le rugby féminin peut passionner les foules. En outre, le Top 8 détient l’avantage comparé à son pendant masculin d’accueillir des équipes venant des 4 coins de France, de Montpellier à Lille en passant par Rennes ou encore Bobigny. Autre élément digne d’intérêt, le championnat ne cesse de progresser tant sur le plan technique que physique et s’approche peu à peu du niveau d’exigence du très haut-niveau.

Marjorie Mayans - France vs Irlande

Marjorie Mayans - France vs IrlandeIcon Sport

À l’heure où le XV de France masculin patauge et que le Top 14 s’aseptise, n’est-il pas l’heure de donner leur chance aux dames ? D’autant que les performances des équipes féminines sont sans commune mesure avec celle des hommes : vainqueur du tournoi des 6 Nations avec un grand chelem en prime, performante en rugby à 7 (3e nation mondiale) et en espoirs... Il est peut-être temps de leur faire confiance. Le jeu en vaut la chandelle, mais l’effort doit être collectif. Et c’est peut-être à nous, médias, de lancer le mouvement. Hier, Eurosport et France 4 diffusaient l’événement, mais seuls 4 journalistes (dont ceux du Midi Olympique) étaient présents à Albert-Domec. Alors, osons. Osons les mettre en une, osons diffuser des rencontres de championnat, osons leur donner le pouvoir.

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