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Sébastien Piqueronies : "La réalité aujourd’hui, c’est que nous ne sommes pas invités sur le podium"

Piqueronies : "La réalité aujourd’hui, c’est que nous ne sommes pas invités sur le podium"

Le 29/05/2018 à 08:21Mis à jour Le 05/06/2018 à 15:28

Vainqueurs du dernier Tournoi des 6 Nations, les Bleuets seront attendus lors de ces championnats du monde à domicile. À la veille de leur entrée en lice, ce mercredi (21h) contre l’Irlande à Perpignan, Sébastien Piqueronies fait, lui, preuve de lucidité. Le manager de l’équipe de France U20 entend surtout passer un cap et passer les demi-finales.

Rugbyrama : Quelles sont vos ambitions lors de ces mondiaux organisés en France, et quelques mois après votre succès lors du tournoi ?

Sébastien Piqueronies : L’objectif titre, ce ne sont pas des mots qui sont sortis de ma bouche. J’ai un staff et des joueurs très déterminés et ambitieux. C’est une qualité et je suis très fier de ces comportements orgueilleux et extrêmement travailleurs, mais la réalité aujourd’hui, c’est que nous ne sommes pas invités sur le podium. On a juste la détermination de s’y inviter, avec l’humilité qui doit être la nôtre. J’espère que la France bouleversera la hiérarchie une fois, et qu’elle le fera plusieurs fois ensuite dans l’avenir. Ce serait une réussite de la formation française, mais nous n’en sommes pas là.

Les U20 célébrant leur victoire contre l'Irlande

Les U20 célébrant leur victoire contre l'IrlandeIcon Sport

La France est donc un simple outsider, pas plus ?

S.P. : Par l’historique des championnats du monde U20, nous ne pouvons pas dire autre chose. Le groupe sort d’une belle production lors du tournoi des VI Nations, mais reste aussi sur un gros trou d’air contre l’Angleterre. Il y a eu des choses très positives et forcément des défaillances. À nous de produire un jeu à la hauteur de ce mondial désormais.

L’équipe affiche un jeu plaisant et offensif. Est-ce une volonté assumée ?

S.P. : C’est un projet qui date de plusieurs années, depuis que ces jeunes évoluent dans les collectifs France. Depuis les moins de 16 ans notamment, il y a toujours eu des projets très offensifs, basés sur la prise de décision, sur les vitesses au pluriel et à toutes les sauces. On veut des joueurs et un ballon qui se déplacent vite, et on espère être en totale harmonie avec cet environnement qui sera plutôt séduisant et euphorique.

Jules Gimbert (France U20) contre l'Irlande

Jules Gimbert (France U20) contre l'IrlandeIcon Sport

Est-ce un plus d’évoluer en France, qui plus est dans une région historique du rugby ?

S.P. : On a tous été supporteurs de rugby et admirateurs des clubs du sud-ouest. Évidemment que ce sont des clubs qui résonnent dans l’inconscient de chacun. Et ce sont surtout des stades dans lesquels il y aura une grande ferveur et des grands connaisseurs de rugby. Nous sommes impatients d’évoluer sur ces pelouses-là et d’y faire de bonnes performances.

" Les Irlandais ? À chaque fois qu’on les joue, c’est un peu plus difficile"

Votre premier adversaire sera l’Irlande, demain à Aimé-Giral. Une formation que vous connaissez plutôt bien…

S.P. : Oui. Nous les avons affrontés trois fois lors des douze derniers mois. À chaque fois qu’on les joue, c’est un peu plus difficile. La quatrième rencontre sera d’un autre niveau encore. C’est une équipe très compétitive que nous allons jouer, une équipe qui travaille beaucoup et bien, qui a un noyau structurel de joueurs, un peu plus âgés que ceux qui nous ont affrontés lors du tournoi. On s’attend à de vrais leaders.

Et une formation qui est déjà imprégnée de la philosophie de jeu irlandaise, semblable à celle des séniors…

S.P. : Incontestablement oui. C’est un jeu rythmé, très bien huilé, organisé et avec des lancements très précis, à pleine vitesse. Leur jeu sans ballon est très efficace aussi, leurs blocs sont à la limite de ce que peut tolérer l’arbitrage. Il faudra être éveillé et concentré pour contrer cette équipe irlandaise.

Michael Silvester (Irlande U20) contre la France

Michael Silvester (Irlande U20) contre la FranceIcon Sport

Plus globalement, comment jugez-vous votre poule (Irlande, Géorgie, Afrique du Sud) ?

S.P. : C’est une poule très relevée. Mais c’est une évidence avec la formule de cette compétition. Cette dernière laisse très peu le droit à l’erreur. Tous les matchs et toute la logistique du mondial font que ce sera difficile, avec des rencontres chaque trois jours et demi. C’est la particularité mais aussi le côté excitant des championnats du monde.

D’où la nécessité d’opérer du turnover sur les feuilles de match au cours de la compétition ?

S.P. : C’est une évidence pour nous. Le staff a choisi volontairement un groupe de 28 joueurs qui paraissent tous compétitifs pour relever ces défis-là. C’est un groupe très homogène et qui nous permettra d’économiser un maximum de garçons en vue d’un objectif de fraîcheur. Et j’ajouterai même que nous travaillons actuellement avec un groupe d’une quarantaine d’éléments, avec dix joueurs hors-groupe que l’on maintient en éveil pour pallier quelconque blessure ou suspension.

World Rugby va tester la règle des plaquages sous la poitrine sur ces mondiaux. Avez-vous anticipé ?

S.P. : C’est quelque chose sur lequel nous avons déjà travaillé en amont. Nous sensibilisons les joueurs depuis quelques mois avec notre projet de jeu défensif, volontairement axé sur le plaquage aux jambes. Cette règle vient conforter notre modèle technique et stratégique. Mais on a quand même fait un gros focus dessus car nous savons que lors des premiers matchs, ces phases-là seront arbitrées très durement. Le championnat du monde U20 permet de tester des règles et de faire évoluer le rugby. Il faut jouer le jeu.

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