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Garbisi : "On est assez forts pour aller en finale de Rainbow Cup"

Garbisi : "On est assez forts pour aller en finale de Rainbow Cup"
Par Rugbyrama

Le 28/05/2021 à 16:35Mis à jour Le 28/05/2021 à 16:45

RAINBOW CUP - Surprenant leader de la compétition, le Benetton Trévise se dirige pour l'instant vers une potentielle finale. Après une dernière campagne de Pro 14 conclue sans la moindre victoire, le club italien s'offre enfin le droit de rêver, Paolo Garbisi le premier. Le grand espoir du rugby italien à l'ouverture (21 ans, 10 sélections) est revenu sur sa saison en montagnes russes.

Paolo, le Benetton est actuellement premier de la Rainbow Cup : on imagine que, même pour vous, c’est une réelle surprise…

Pour être honnête, dès le moment où le calendrier des matchs nous est parvenu, nous avons perçu une opportunité, parce que nous avions vu que nous allions affronter les Zebre deux fois, Glasgow, le Connacht… Par chance, ça nous permettait d’éviter le Leinster, qui est une très grosse équipe. Après, je ne pensais vraiment pas que l’on réussirait à exploiter cet avantage aussi bien. Ça nous permet de nous rattraper par rapport à ce que l’on avait produit précédemment, en Pro 14.

Justement, qu’est-ce qui fait que votre équipe montre aujourd’hui un meilleur visage que celui affiché en Pro 14 ?

Je pense que nous sommes bien plus disciplinés, nous parvenons mieux à gérer les rencontres dans l’ensemble et nous sommes aussi plus appliqués en attaque. D’ailleurs, notre potentiel offensif a beaucoup joué sur nos trois matchs.

Il y a d’autres raisons à votre échec en championnat ?

Durant le dernier Pro 14, nous avons beaucoup été handicapés par les blessures, avec plus d’une dizaine de blessés en moyenne sur l’ensemble de la saison. D’une certaine manière, l’équipe a également fait les frais du Six Nations, puisque pas mal de joueurs étaient sélectionnés avec l’Italie. Heureusement, après le Pro 14, on a pu bénéficier du retour de plusieurs joueurs internationaux et d’une infirmerie qui s’est vidée. Ces deux choses combinées nous ont bien aidés pour la Rainbow Cup.

Vous semblez avoir bien endossé votre rôle de meneur à Trévise, comment vous sentez-vous au sein de cette équipe ?

Je m’y sens vraiment bien. Depuis le début de la Rainbow Cup, j’ai eu beaucoup d’opportunités de jouer. Mes partenaires m’ont aussi bien aidé, car c’est ma première année complète à ce niveau-là (Garbisi est arrivé au Benetton à l’été 2020 N.D.L.R.). Ça a été un peu difficile au début, mais ensuite, j’ai pu enchaîner quelques bons matchs. Sinon, je ne pense pas encore être un meneur dans la vie du groupe. Sur le terrain en revanche, ma position de demi d’ouverture me le demande…

" Quand tu ne gagnes rien, tu n’as pas de pression à avoir"

Comment abordez-vous le match contre le Connacht samedi ?

Ça va être extrêmement difficile, ils sont allés gagner sur la pelouse de l’Ulster, sur celle du Munster… C’est un sacré défi qui nous attend. Les conditions climatiques devraient être bonnes, donc ça laisse aussi présager un match avec beaucoup d’espaces à attaquer. Vous savez, ça ressemble à une finale pour nous. Car si on gagne samedi, on touchera presque au but !

Il ne reste déjà plus que deux matchs, vous pensez pouvoir aller au bout ?

Oui, on est assez forts pour aller en finale. Bien sûr, avant le début de la compétition, on ne s’était pas vraiment fixé de gros objectifs, on s’était juste dit qu’on allait prendre les matchs les uns après les autres. Ça veut dire qu’à l’heure d’aujourd’hui, on est seulement concentrés sur le match contre le Connacht. Et je pense que l’on est prêts pour le gagner.

Ce serait potentiellement un parcours historique pour un club italien… Ça pourrait aussi vous permettre de basculer du bon côté pour les prochaines saisons de Pro 14 ?

Ce que l’on doit tirer de cette compétition pour l’après, c’est une habitude : l’habitude de gagner. Plus on gagne aujourd’hui, et plus ce sera facile de le faire lors des prochaines échéances. Dans le cas où l’on se qualifierait en finale, et encore plus, dans le cas où l’on gagnerait cette finale, ça nous donnerait un coup de boost incroyable pour les prochaines saisons. Car dans notre esprit, on se sera enfin persuadé que l’on est suffisamment bon pour performer.

Il y a de la pression ?

C’est un sentiment assez étrange. Nous n’avons pas gagné le moindre match sur l’ensemble du dernier Pro 14, mais on ressentait quand même la pression sur nos épaules. Alors que normalement, quand tu ne gagnes rien, tu n’as pas de pression à avoir (Trévise joue dans une ligue fermée et ne risque donc pas une relégation N.D.L.R.). Là, en revanche, on est encore en vie dans cette compétition, ce qui fait qu’il y a un peu de tension. Mais selon moi, c’est une bonne pression, parce qu’on attend désormais de nous une victoire. J’aime cette pression.

" Au Tournoi des Six Nations, l'Italie avait trop de nouveaux joueurs"

De la même manière qu'en Super Rugby, de nouvelles règles ont été introduites en Rainbow Cup, comme le fameux « Captain challenge ». Vous les avez utilisé ?

Effectivement, on a eu recours au Captain challenge par deux fois. Contre Glasgow, ça a bien fonctionné pour nous, car la décision est allée dans notre sens. Mais face aux Zebre, en revanche, ça n’a pas fonctionné… Personnellement, je dois avouer que j’aime bien cette règle. Mais la plus grande différence amenée par ces nouvelles règles, c’est pour moi le "goal-line drop out*", car on perd cette notion de renvoi aux 22 mètres, qui est assez fondamentale dans le rugby.

*Si un joueur aplatit le ballon dans son en-but après un dégagement adverse, ou si l’équipe adverse ne parvient pas à aplatir après avoir franchi la ligne d'en-but, un renvoi sera effectué par l'équipe qui défend depuis sa ligne d'en-but.

Le Pro 14, la Coupe d’Europe avec un nouveau format, le Tournoi des Six Nations, l’Autumn Nations Cup, la Rainbow Cup… Vous évoluez à ce niveau depuis quelques mois seulement, n’êtes-vous pas un peu perdu avec tous ces différents formats ?

C’est vrai que c’est assez spécial, ça fait tout un tas de compétitions différentes à jouer… Mais ça représente aussi un défi : savoir s’adapter à ce que le format de la compétition demande aux joueurs.

Rainbow Cup - Paolo Garbisi (Trévise)

Rainbow Cup - Paolo Garbisi (Trévise)Icon Sport

C’est quelque chose de difficile que d’être l’ouvreur d’une sélection qui a beaucoup de mal dans le Tournoi des Six Nations ?

Évidemment, quand l’équipe galère comme ça, ce n’est pas simple d’être au top individuellement, même si je voudrais faire mieux. Mais quand vous êtes si jeune… Après, dans le Tournoi, j’ai en général beaucoup appris des grands ouvreurs que j’ai affronté. Surtout dans l’anticipation. Eux arrivent souvent à voir le jeu en avance, ce qui leur donne cette capacité à faire les bons choix au bon moment. C’est la chose la plus difficile à améliorer, mais je dois m’y coller, car ça fait partie d’une qualité importante pour un demi d’ouverture.

Vous avez un exemple, parmi ces grands ouvreurs ?

Mon idole, c’est Owen Farrell. J’aime d’autres joueurs, bien sûr, mais lui particulièrement. C’est un vrai leader, un joueur magnifique. J’ai joué deux fois contre lui, c’était comme un rêve qui devenait réalité. J’espère qu’on me donnera cette chance à nouveau.

Qu’est-ce que vous pensez de cette nouvelle génération (Monty Ioane, Niccolò Cannone…) qui commence à se tailler une place en sélection avec vous ?

Selon moi, il faut que l’on essaie de trouver la bonne balance entre les jeunes joueurs et ceux plus expérimentés. Durant le Tournoi des 6 Nations, on a perdu cette balance. On avait trop de nouveaux joueurs qui avaient débarqué. Quand tu joues des matchs de niveau international, comme c’est le cas durant le Tournoi, tu as besoin d’expérience. Il va falloir retrouver ce juste milieu.

Propos recueillis par Dorian VIDAL

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