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Que vaut cette Australie ?

Que vaut cette Australie ?
Par Rugbyrama

Le 06/07/2021 à 14:00Mis à jour Le 06/07/2021 à 14:03

INTERNATIONAL - Plus de quatre ans après leur dernière confrontation, les Bleus et les Wallabies se retrouvent ce mercredi à Brisbane, pour le premier match d’une série de trois tests. L’occasion pour nous de prendre la température de la sélection australienne. Alors, à quoi le XV de France doit-il s’attendre ?

Les joueurs : au-delà des manques, la fougue et l’expérience

Mercredi, face à une équipe de France relativement inexpérimentée (avec une moyenne de 8 sélections par joueur), le sélectionneur australien Dave Rennie a convoqué des soldats plutôt familiers avec les joutes internationales. Ainsi, quelques novices (Lachlan Lonergan, Darcy Swain, Len Ikitau, Andrew Kellaway) ont été intégrés à un groupe encadré par plusieurs joueurs très expérimentés, tels que Matt To'omua (54 sélections), James Slipper (100 sélections), Allan Alaalatoa (43 sélections), ou encore Michael Hooper, véritable combattant et capitaine aux 105 capes.

Forte d’une moyenne d’environ 20 sélections par joueur, l’Australie s’avance donc avec davantage de certitudes collectives que le XV de France. Une nouvelle génération de Wallabies emmenée, entre autres, par le perce-muraille Rob Valentini et par le jeune chef d’orchestre Noah Lolesio, doit perpétuer le prestigieux héritage laissé il y a quelques années par leurs glorieux aînés : Matt Giteau, David Pocock et consorts.

Néanmoins, on notera dans ce groupe de 23 joueurs l’absence de certains éléments pas loin d’être incontournables. Forfaits en raison de pépins physiques, les titulaires à la charnière Nic White et James O’Connor (même si ce dernier a aussi été aligné au centre en sélection) sont des absents de taille. La poutre Scott Sio, blessée, ne peut pas non plus tenir son rang à gauche de la mêlée. Enfin, on peut aussi noter l’absence de Jordan Petaia, véritable pépite du rugby aussie, qui aurait pu occasionner pas mal de dégâts dans la défense tricolore. Comprenez donc que ce n’est pas la plus grande équipe d’Australie possible que les Bleus vont affronter, même si le XV a fière allure.

Le staff : le sélectionneur a la victoire difficile

Installé à la tête de la sélection depuis l’été 2020, Dave Rennie peine pour l’instant à faire gagner son équipe. Prendre la relève d’un technicien auréolé d’une finale de Coupe du monde, en la personne Michel Cheika, ce n’est pas chose aisée… Mais, s’il est encore trop tôt pour juger définitivement le bilan de l’ancien entraîneur des Chiefs (2012-2017) et des Glasgow Warriors (2017-2020), on se doit de dire que, pour l’instant, l’expérience Rennie n’est pas vraiment fructueuse.

Depuis sa prise de fonction, le coach néo-zélandais a eu l’opportunité de diriger six matchs. Résultats ? Une seule victoire, deux défaites, et trois matchs nuls. Pas très brillant, d’autant que certains échecs sont survenus face à une équipe normalement abordable, à savoir l’Argentine (deux matchs nuls en novembre et décembre derniers). En revanche, il faut rendre à César ce qui appartient à César, l’unique succès glané par l’Australie l’a été face aux All Blacks (24-22). C’était d’ailleurs à Brisbane. Les Bleus savent à quoi s’en tenir…

Depuis qu'il a pris la tête de la sélection australienne, Dave Rennie n'a remporté qu'une seule rencontre.

Depuis qu'il a pris la tête de la sélection australienne, Dave Rennie n'a remporté qu'une seule rencontre.Icon Sport

Le contexte : les franchises australiennes inquiètent, la sélection aussi ?

À l’heure où les clubs de Top 14 survolent les compétitions européennes et où le succès de ces derniers resplendit sur la sélection nationale, les franchises australiennes sont à la peine au niveau continental. Lors de la première édition du Super Rugby Trans-Tasman, conclue il y a quelques semaines par une finale 100% néo-zélandaise, Reds, Brumbies, Rebels, Waratahs et Force ont en effet subi la loi néo-zélandaise, en ne récoltant que onze petits points à eux cinq.

Un bilan proche de la catastrophe pour des équipes qui n’ont quasiment pas su résister aux formations kiwis, encaissant en moyenne près de 40 points par match dans la compétition. Face aux Bleus, les Australiens se présenteront avec une majorité de joueurs ayant joué pour les franchises aussies lors du Super Rugby. À l’exception du deuxième ligne Matt Philippe, aperçu du côté de Pau, tous évoluaient soit chez les Brumbies (9), les Reds (6), les Rebels (4) ou chez les Waratahs (3). Ils ne se présenteront donc pas vraiment dans un grand état de confiance.

À raison ou pas, on peut également tenter d’établir un lien entre la défaillance des équipes du pays, et la chute progressive de la sélection nationale au classement mondial, puisque les Wallabies figurent actuellement au septième rang mondial, juste devant l’Écosse, soit le plus bas rang de leur histoire.

Les Wallabies s'étaient imposés face aux All Blacks, en fin d'année dernière.

Les Wallabies s'étaient imposés face aux All Blacks, en fin d'année dernière.Icon Sport

Le jeu : les Wallabies veulent jouer dur

Parfois loués pour leurs lancements chatoyants et leurs trois-quarts bondissants ces dernières années, les Wallabies souhaitent aujourd’hui jouer les durs, pour mettre à mal le plan de jeu tricolore. En souvenir du bon vieux temps, et notamment des années 1970, où ils étaient réputés pour leur agressivité et leur omniprésence dans le combat ? Il y a quelques jours, Dave Rennie a émis le souhait que son équipe retrouve le "côté obscur", entendez ici une combativité à toute épreuve.

On notera d’ailleurs que le staff wallaby s’est renforcé en vue de préparer les échéances à venir, en insistant ainsi sur le jeu d’avants, puisque l’entraîneur des Brumbies Dan McKellar a récemment pris en charge ce secteur de jeu.

La dynamique : enfin enclencher la marche avant

Malgré la victoire contre les Blacks en 2020, les Wallabies ne sont pas parvenus à installer de véritable dynamique depuis belle lurette. Pire, ils n’ont plus disputé de match depuis le 5 décembre dernier (16-16 contre les Pumas). Cette équipe s’avance donc avec de l’expérience, mais sans bien plus de repères que leurs homologues français.

En revanche, l’ambition est plus que présente au moment de démarrer la série de tests : "D'ici la fin de l'année, nous pourrions être l’équipe numéro 1 mondial. C'est quelque chose que je vois et j'espère que les autres garçons le voient aussi. Tout commence ici", lançait dernièrement le troisième ligne Rob Valetini. Il faut donc s’attendre à une sélection morte de faim face à ce qui s’apparente selon eux à "la meilleure équipe de l'hémisphère nord du moment", dixit Valetini.

Par Dorian VIDAL

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