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Les séries noires des All Blacks

Les séries noires des All Blacks

Le 07/08/2022 à 18:27Mis à jour

INTERNATIONAL - Les Néo-Zélandais ont souvent dominé le rugby mondial, mais, au moins par deux fois, ils ont traversé des tunnels. En 1949 et en 1998, ils ont subi des séries de quatre, puis de cinq défaites de rang en tests matchs.

1949 : tournée en Afrique du Sud

La très longue tournée des All Blacks de 1949 en Afrique du Sud est restée comme une catastrophe avec quatre défaites en quatre tests. Les hommes en noir avaient aussi perdu quatre rencontres de province et concédé quatre matchs nuls. Ils avaient perdu par exemple contre la Rhodésie, l’actuel Zimbabwe. Les All Blacks avaient été contraints de laisser à la maison quatre joueurs de premier plan considérés comme maoris en vertu des règles du régime d’apartheid. Ils étaient commandés par le demi d’ouverture Fred Allen, 29 ans dont la carrière s’arrêta là.

Mais il prendra sa revanche quinze ans plus tard comme sélectionneur entraîneur de la tournée européenne magnifique des All Blacks de 1967. On critiqua aussi beaucoup Alex McDonald, entraîneur du groupe, un homme âgé, il avait 66 ans et pensait le rugby comme dans les années 1900 quand il était joueur. Il n’avait pas le charisme pour motiver les joueurs à se dépasser. Bob Scott, brillant arrière, fut aussi montré du doigt pour son manque de réussite au pied. Les Sud-Africains n’avaient plus joué face à des étrangers depuis 1937 à cause de la guerre.

Chaque match drainé des foules énormes et chaque opposition même des provinces les moins cotées furent proches du niveau international de l’époque. Les arbitrages furent patriotiques, c’est vrai, les entrées en mêlées belliqueuses. Sans doute que les Springboks avaient aussi des joueurs de premier plan, le numéro 8 Hennie Muller et le buteur Okey Giffin capable de réussir cinq pénalités lors du premier test du Cap, rencontre que les All Blacks auraient pu (auraient dû ?) gagner. Les Boks étaient entraînés par le légendaire Dannie Craven, futur président de la SARFU.

Les All Blacks furent aussi contraints d’effectuer des voyages épuisants en train et en bus qui les privèrent de précieuses séances d’entraînement. A l’époque, les équipes en tournée étaient censées vivre une vie de quasi-professionnels, ce qui leur offrait a priori un avantage. On rappelle que cette "excursion" proposait 25 matchs entre le 31 mais et le 21 septembre. Les All Blacks en gagnèrent quand même treize.

1998 : cinq défaites de rang malgré Lomu

Le rugby était passé professionnel, Jonah Lomu jouait et pourtant, le cru 1998 reste l’un des plus affreux de l’histoire des All Blacks. Ils perdirent cinq matchs de suite, mais il est vrai contre des grandes équipes, trois fois contre l’Australie de Rod McQueen (future championne du monde) et deux fois contre l’Afrique du Sud championne du monde en titre. Il faut bien reconnaître que ces cinq défaites ne furent pas des piquettes, elles ne se jouèrent à pas grand-chose, trois d’entre elles le furent de cinq points ou moins. Les All Blacks étaient entraînés par John Hart qui conserverait sa place malgré cette série noire, en 1997, il avait connu une année particulièrement brillante.

John Hart ne s’est jamais privé de rappeler qu’avec l’arbitrage vidéo, son équipe se serait imposée à Durban chez les Boks (essai accordé au talonneur adverse malgré un en-avant). Mais les All Blacks étaient en pleine reconstruction après la retraite du talonneur et capitaine Sean Fitzpatrick. Le numéro 8 Zinzan Brooke aussi avait dit adieu au maillot noir pour aller en Europe. Idem pour Franck Bunce, trois-quart centre de très haut niveau. Hart avait choisi le jeune numéro 8 Taine Randell comme capitaine et ce choix n’avait pas fait l’unanimité chez les joueurs d’expérience, dont Josh Kronfeld coéquipier de Randell chez les Highlanders (il l’a dit).

Randell lui-même avoua qu’il était encore trop tendre pour ce rôle. Hart fut aussi blâmé pour certaines décisions, pour avoir remis en cause Andrew Mehrtens ou Michael Jones. Étrangement, les trois quarts riches des Jonah Lomu, Christian Cullen, Jeff Wilson ne marquèrent que sept essais en cinq matchs. Les remplacements n’étaient pas encore généralisés et on estime que John Hart fit l'erreur de ne pas utiliser suffisamment ses bancs pour régénérer son groupe. L’année suivante, les Néo-Zélandais furent éliminés par les Bleus en demi-finale de la Coupe du Monde au terme d’un match légendaire.

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