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Duel de légendes : Rokocoko - Mitchell, le félin et la bombe

Duel de légendes : Rokocoko - Mitchell, le félin et la bombe
Par Rugbyrama

Le 01/04/2021 à 18:02Mis à jour Le 01/04/2021 à 18:27

INTERNATIONAL - Ce nouveau duel de légendes nous emmène dans l’hémisphère sud. Un Kiwi face à un Wallaby, un félin face à une bombe, Joe Rokocoko face à Drew Mitchell. Passés par le Top 14, les deux ailiers de classe mondiale ont illuminé les plus grands théâtres de rugby. Retour sur deux chasseurs d’essais symboles de leur époque.

Le CV :

Joe Rokocoko : Il fait partie de l’une des rares étoiles néo-zélandaises à ne pas compter de Coupe du monde à son actif. Pourtant, lorsque l’on se prend à mentionner pêle-mêle les meilleurs ailiers de leur génération, Joe Rokocoko apparaît immédiatement dans les hautes sphères du classement. Roks est né aux Fidji et fait ses premières armes en pro en 2003, aux Blues d’Auckland. Un profil "lomuesque" débarque au pays du long nuage blanc. 1 mètre 89 pour 98 kilos, telles sont les mensurations du nouveau roc, pour le plus grand bonheur des Blues et des All Blacks. 55 essais plantés en huit années à Auckland, et un bilan en Noir fracassant : Rokocoko se rend 46 fois en terre promise en 68 rencontres, avec des records à la pelle.

Joe Rokocoko

Joe RokocokoAFP

Pour sa première saison chez les Blacks, l’héritier de Jonah Lomu signe 17 essais en 12 tests-matchs. Si sa parenthèse néo-zélandaise est enchantée, Joe Rokocoko prend en 2011 le large du Top 14. Bayonne (2011-15) puis le Racing 92 (2015-19) accueillent Roks et ses 5 Tri-nations en poche (2003, 2005, 2006, 2007, 2010). Finaliste malheureux de deux Coupes d’Europe avec les Franciliens (2016, 2018), le Kiwi glane un bouclier de Brennus en 2016 dans un choc frontal face à Toulon.

Drew Mitchell : Toulon justement, autre terre d’accueil d’un ailier étincelant, Drew Mitchell. L’enfant de Brisbane commence à faire tourner les têtes en 2004, aux Queensland Reds. L’Australien monte à peine plus haut que la barre du mètre 80, mais sa puissance (92 kilos) font du Wallaby une véritable bombe. À tout juste 21 ans, Mitchell découvre la sélection en 2005 après avoir été élu meilleur jeune australien de l’année. La raison, 11 essais avec les Reds et déjà, des premières alertes pour les défenses adverses. Queensland, Western Force, Warathas, le nouveau prodige traverse le pays du kangourou jusqu’en 2013, année durant laquelle lui aussi, cède aux sirènes du Vieux Continent.

L'ailier de Toulon, Drew Mitchell

L'ailier de Toulon, Drew MitchellIcon Sport

Le Rugby club toulonnais signe l’ailier, avec la promesse d’entrer dans l’apogée du club et du joueur. En 84 matches disputés en rouge et noir, Drew Mitchell plante 34 essais en quatre saisons, raflant deux Champions Cup (2014, 2015) et un bouclier en 2014. Une aubaine pour l’ailier orphelin de titres avec les Wallabies jusque ici. En 71 sélections, Drew Mitchell s’envole aussi 34 fois en terre promise, ramenant un Rugby championship et les larmes d’une finale de Coupe du monde perdue en 2015.

Des hommes nés pour les grands moments

Des essais à la pelle, des profils différents mais deux tueurs de sang-froid. Si Joe Rokocoko a manqué ses rendez-vous ultimes avec les Blacks en Coupe du monde, l’ailier a fait basculé la finale de Top 14 2016 dans une autre dimension. Dans l’antre du Camp Nou de Barcelone, le Racing 92 et Toulon s’affrontent pour le Graal. D’abord mis sous pression après le carton rouge de Maxime Machenaud, les Racingmen réagissent et mettent les Varois à sept points (14-21) à l’heure de jeu. Un moment crucial choisi par Joe Rokocoko pour illuminer la soirée catalane de sa palette technique. Prise de balle aux cinquante mètres sur le bord de la touche, pas de l’oie, coup de pied par-dessus avec le rebond et un dernier évitement laissant Leigh Halfpenny sur le carreau envoient Roks derrière la ligne, scellant le Brennus pour les siens. En une action, le All Black cloue les espoirs toulonnais d’un second titre après le sacre de 2014.

Alors que les Ciel et Blanc fulminent, Drew Mitchell perd sa première finale avec le RCT ce soir-là. Depuis son arrivée sur la Rade en 2013, l’Australien réalise le doublé Coupe d’Europe – Top 14 en 2014 avant de monter une nouvelle fois sur le toit européen un an plus tard. En 2015, Toulon dispute sa troisième finale d’affilée face à Clermont, défait par ces mêmes toulonnais en 2013. Les hommes de Bernard Laporte semblent avoir la main sur le match jusqu’à la 61e minute en menant de huit points contre les Auvergnats.

Mais après un essai de Nick Abendanon, Clermont revient à un point de Toulon, lorsque la bombe australienne se déclenche et explose aux yeux des jaune et bleu. À dix minutes du terme, Sébastien Tillous-Borde évacue une touche sur Drew Mitchell lancé aux cinquante mètres. Crochets, raffuts, feintes, le Wallaby traverse Twickenham emportant la défense clermontoise dans l’en-but. 18-24, l’ASM ne reviendra jamais et les images de l’essai tourneront en boucle pendant plusieurs semaines. Mitchell offre ainsi un triplé européen historique au RCT.

La frustration partagée en sélection

Les exploits individuels n’ont aucun secret pour l’un comme pour l’autre. En tests-matches, Tri-nations ou en Coupe du monde, les essais fusent à la vitesse de l’éclair. L’Australien peut se targuer d’avoir inscrit 14 essais en trois éditions, contre 11 réalisations pour le Néo-Zélandais en 2003 et 2007. Malgré l’imposant bilan, Joe Rokocoko part de ces deux Coupes du monde avec les regrets de n’avoir jamais disputé une finale. Pire, Roks sort avec ses coéquipiers dès les quarts de finale face à la France, en 2007.

Drew Mitchell, aussi, rentre en Australie après un quart perdu face à l’Angleterre en 2007. Quatre ans plus tard, il assiste depuis les tribunes à la défaite des siens face à la Nouvelle-Zélande. En 2015, l’ailier est au sommet de son art et réalise une édition de haut vol avec les Wallabies. L’Australien marque un doublé en quarts, laisse son compère Adam Ashley-Cooper planter un triplé face à l’Argentine, puis refait le coup de la finale de Coupe d’Europe en traversant Twickenham, amenant ensuite l’essai de Tevita Kuridrani face à la Nouvelle-Zélande. Un vol toutefois insuffisant pour battre des Blacks bien au-dessus du lot cette année-là.

L'avis de Rugbyrama

Du félin néo-zélandais à la bombe australienne, il n’y a donc qu’un pas. Déceptions en équipe nationale, exil en France, chasseurs de grands moments, les deux ailiers océaniens auront ébloui la planète rugby sur deux décennies. Mais sur la ligne d’arrivée, Drew Mitchell semble devancer d’une courte tête Joe Rokocoko, avec plus de titres, et une année 2015 étincelante.

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Clément LABONNE

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