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Saga Haka - Épisode XII : l’audace du public anglais

Saga Haka - Épisode XII : l’audace du public anglais
Par Rugbyrama

Le 03/05/2020 à 12:06Mis à jour Le 03/05/2020 à 15:54

La crise sanitaire actuelle a contraint les autorités à stopper toutes les compétitions de rugby. L’occasion de se remémorer les grands moments de la plus mythique des traditions rugbystiques. Chaque jour, Rugbyrama vous propose de revenir sur les hakas les plus marquants. Aujourd’hui, le célèbre "Swing Low, Sweet Chariot" des supporters anglais qui éteint le Kapa o Pango des Black, en 2013.

Jusqu’à présent et durant onze épisodes, les hakas marquants faisaient référence à une performance stratosphérique des joueurs qui le réalisaient, ou à une réaction mémorable de l’équipe adverse. Mais pour cette fois, la donne change. La lumière est mise sur un autre élément : le public. Souvent admiratif et impressionné par l’authentique rituel maori, son rôle n’est que très rarement galvanisant pour l’équipe se confrontant aux Blacks. Ce qui se précise d’autant plus lorsque la Nouvelle-Zélande vient jouer en Europe. Du fait de la rareté de la venue de la plus grande nation du rugby mondial, les places se font chères à chaque fois qu’elle vient défier les équipes du vieux continent.

Et très apprécié des amateurs de rugby, peu d’entre eux n’osent contrer ce rite, aussi déstabilisant qu’il soit pour leurs opposants. Sûrement par signe de respect. Mais en cet automne 2013, les supporters anglais ne l’ont pas entendu de cette oreille et ont commis une performance vocale encore dans toutes les mémoires.

Les Black réalisant leur Kapa o Pango dans un Twickenham chauffé à blanc (iconsport)

Les Black réalisant leur Kapa o Pango dans un Twickenham chauffé à blanc (iconsport)Icon Sport

La cacophonie anglaise éteint le haka

Cet affrontement au sommet présente un air de déjà-vu. L’an passé déjà, en 2012, les Anglais étaient venus à bout de Néo-Zélandais en quête d’une année civile parfaite, avec aucune défaite à la clé. Rebelote donc en cette année 2013 avec des Black invaincus jusqu’alors. Dans un Twickenham bondé, plus de 80 000 personnes étaient venues assister à la rencontre, les joueurs Néo-Zélandais s’apprêtent à réaliser leur si effrayant Kapa o Pango, lorsque les premières notes du "Swing Low, Sweet Chariot" commencent à descendre des tribunes… Au fil des secondes, l’intensité des chants augmente et crée un brouhaha retentissant dans l’enceinte londonienne. Au point de faire passer la danse, menée alors par Liam Messam, au second plan, malgré des micros placés tout autour de l’escouade néo-zélandaise, permettant d’être au plus près de l’événement. Mais les voix anglaises se superposant à celles des joueurs à la fougère argentée donnent lieu à un grondement tel qu’il est ardu de se focaliser sur la traditionnelle danse, habituellement si hypnotisante.

Coutumiers du fait, après 2008 ou 2012, les supporters du XV de la Rose réussissent leur coup, avec cette fois-ci une clameur encore plus saisissante faisant entrer ce haka au panthéon des plus mythiques de l'histoire. Si les Anglais s’inclineront (22-30), leurs supporters auront eu le mérite de se faire autant, si ce n’est plus, entendre que les Néo-Zélandais lors de cet avant-match.

Une interprétation binaire

Marque ou manque de respect ? C’est au libre arbitre de chacun d’en juger. Une chose est sûre, cette riposte des supporters anglais est clivante. D’un côté, il y a les détracteurs. Ceux qui estiment que c’est irrespectueux envers la civilisation maori, dont cette danse représente beaucoup puisqu’elle est entretenue depuis plus d’un siècle. Certes, les chants ou hymnes entonnés sont plus nobles que les sifllets ou huées pour couvrir les hakas, mais pour eux le principe reste le même. Et de l’autre, les partisans. Pour lesquels ces chants ne sont, ni plus ni moins, qu’une manière de réagir dans le but d’apporter un soutien de poids à l’équipe supportée (l’Angleterre ce jour-là).

Si la réponse ne fera jamais l’unanimité, le culot des fans anglais avec l’interprétation du "Swing Low, Sweet Chariot" aura fait frémir plus d’une personne ce jour-là.

Par Thibaud Gouazé

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