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Parisse : "Est-ce que j'ai envie que ça s'arrête ? Non, j'aimerais jouer jusqu'à 75 ans"

Parisse : "Est-ce que j'ai envie que ça s'arrête ? Non, j'aimerais jouer jusqu'à 75 ans"
Par Pierrick Ilic-Ruffinatti via Midi Olympique

Le 12/03/2020 à 10:53Mis à jour Le 12/03/2020 à 11:31

INTERNATIONAL - À quelques jours de ce qui aurait dû être sa 143e et dernière sélection contre l’Angleterre à Rome, le légendaire troisième ligne italien a accepté de revenir sur ses 18 années passées avec la Squadra Azzura, sur son changement de club mais également sur la réflexion qu’il mène actuellement concernant sa fin de carrière. Entretien.

Sergio, vous souvenez-vous du 8 juin 2002 ?

Comment pourrais-je oublier ? C’est le souvenir le plus intense de ma carrière ! J’étais à Hamilton, avec la Squadra pour ma première sélection. J’avais 18 ans, je rencontrais les Blacks, il y avait Jonah Lomu sur le banc… Deux mois plus tôt je le regardais à la télé et là on me demandait de le plaquer. C’était un rêve, même s’il était plus simple à arrêter devant son écran que sur le terrain (rires). Je m’en souviens comme si c’était hier.

Et finalement, 18 ans plus tard, vous vous apprêtez à disputer votre 143e et dernier match avec le maillot de la Squadra Azzura… Si vous ne deviez garder qu’une chose, quelle serait-elle ?

La fierté d’avoir réussi à faire exister le rugby aux yeux du peuple italien. Chez nous il y a le foot, le foot, le foot et très loin il y a les autres sports. Alors voir comment les gens ont appris à se passionner pour le rugby, c’est incroyable. Ils ont été si loyaux et nous ont donné tant d’amour. On a parfois joué devant 50-60 000 personnes alors que la défaite semblait inévitable… Puis en tant que capitaine voir ses coéquipiers se vider sur la pelouse, ça m’a toujours touché. Nous étions souvent déçus, avec ce sentiment de ne pas être si loin et en même temps d’enchaîner les claques… Et parfois on gagnait. Là, c’était l’apothéose ! En dix-huit ans j’ai joué avec des dizaines de mecs, mais jamais aucun n’a triché. C’est pour ça que le public s’est attaché à notre sport. C’est ma plus grande réussite.

Quel est votre meilleur souvenir en sélection ?

La victoire contre les Bleus en 2011 dans Stadio Flaminio bouillant ! Tu avais l’impression que les 27 000 supporters étaient sur la pelouse. La France arrivait forte d’un Grand Chelem, avec une génération folle mais elle est tombée sur un os (victoire 22-21). Au coup de sifflet final c’était le délire complet dans le stade. Les mecs pleuraient, c’était immense. C’était notre première victoire face à cette nation majeure, et moi qui connaissais des retours compliqués en club depuis 2005… J’en ai bien profité (rires).

Qu’est-ce qui risque de vous manquer le plus ?

De nombreux anciens coéquipiers te disent qu’une fois les shorts rangés, c’est le vide. Tout ce qui t’a fait vibrer depuis ton premier entraînement 30 ans plus tôt disparaît. T’es content de ne plus faire de préparation physique, mais il te manque l’adrénaline, la pression… Alors est-ce que j’ai envie que ça s’arrête ? Non, j’aimerais jouer jusqu’à 75 ans ! Mais ce n’est pas possible, et je me retrouve à un moment clé de ma vie.

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