Midi Olympique

International - L’Algérie s’en prend à Castres et Nevers

L’Algérie s’en prend à Castres et Nevers
Par Marc Duzan via Midi Olympique

Le 03/08/2018 à 13:53Mis à jour Le 03/08/2018 à 15:04

INTERNATIONAL - Boumedienne Allam, le sélectionneur algérien, estime que les clubs français retiennent en otage les internationaux africains. Les managers qu’il attaque lui répondent.

Jeune Fédération du rugby mondial, l’Algérie vient de battre le Sénégal et la Côte d’Ivoire, deux succès qui lui donnent désormais le droit de rêver à une accession directe en Gold Cup, la reine des compétitions africaines. L’ancien rugbyman professionnel Boumedienne Allam (Toulon, Narbonne, Tarbes et Auch), aujourd’hui sélectionneur de l’Algérie, explique : "Nous allons disputer prochainement une finale (contre la Zambie, N.D.L.R.) qui nous permettra peut-être d’accéder à l’élite du rugby africain. En filigrane, notre rêve reste de taper à la porte du Mondial 2023, en France."

Les internationaux algériens sont licenciés à 99 % de la FFR et, selon Allam, les clubs de Top 14, Pro D2 et Fédérale 1 refuseraient trop souvent de libérer les joueurs, pourtant protégés par l’article 9 de World Rugby. "J’en ai ras le bol. Quand j’étais joueur, avoir un international dans son effectif faisait la fierté d’un club. Aujourd’hui, les pays africains - comme la Côte d’Ivoire, le Maroc, la Tunisie et le Sénégal - se heurtent aux mêmes problèmes que nous et sont victimes des agissements des clubs pros ou semi-pros. Ceux-ci n’hésitent pas à faire pression sur les joueurs en fin de contrat, leur disant qu’un départ en sélection aurait des conséquences néfastes. Moi, j’en ai marre. On m’a pourtant toujours appris qu’une nation était au-dessus d’un club, même un club de champion de France."

Boumedienne Allam fait ici référence au Castres olympique. Il poursuit : "J’ai appelé Christophe Urios pour lui demander de libérer Julien Caminati. Il m’a répondu : "Caminati n’a rien à faire avec l’équipe d’Algérie." J’ai piqué une grosse colère quand j’ai entendu ça. Je ne suis pas Galthié, moi (Urios et Galthié avaient eu des mots, la saison dernière en Top 14) Je fais 2 mètres et 140 kilos, je n’ai pas l’habitude de me laisser faire et demande donc un peu plus de respect !"

Julien Caminati (Castres)

Julien Caminati (Castres)Icon Sport

Interrogé par nos soins, Christophe Urios répond : "Je n’ai jamais dit ça et je n’ai rien contre le rugby algérien. J’ai dit que la convocation était hors délais et en dehors de la fenêtre World Rugby. à une semaine de la reprise, nous avions besoin de tout le monde. Nous avons donc choisi de ne pas libérer Julien Caminati (pour la Silver Cup disputée à Toulouse mi-juillet) même si celui-ci avait participé quelques semaines plus tôt à un tournoi à VII avec l’Algérie, sans l’accord du club. Le joueur est au courant de la situation."

Amendes ? Joueurs suspendus ?

Le sélectionneur algérien, désireux de faire entendre la voix du rugby africain, a également sous-entendu que Nevers et Brive avaient manqué de clarté sur les dossiers de plusieurs internationaux : "Xavier Péméja (manager de Nevers) a refusé de libérer Mehdi Mérabet et François Herry. Il n’a jamais répondu à mes messages et quand je le croise, il ne me serre pas la main. Quant au club de Brive, il n’a pas toujours joué le jeu avec Saïd Hirèche et Nadir Megdoud."

Xavier Péméja (entraîneur de Nevers) - Pro D2 2017/2018

Xavier Péméja (entraîneur de Nevers) - Pro D2 2017/2018Icon Sport

Joint par nos soins, Péméja rectifiait : "C’est n’importe quoi. Nous n’avons jamais empêché personne de rejoindre l’équipe d’Algérie. Vous voulez savoir la vérité ? Un jour, François Herry est venu me voir, m’annonçant qu’il ne pouvait pas répondre favorablement à sa sélection. Il m’a dit : "Peux-tu appeler Boumedienne Allam pour le prévenir ?" Je lui ai répondu que c’était à lui de le faire et j’en suis resté là."

Qui a raison ? Qui a tort ? Difficile à dire. Toujours est-il que Boumedienne Allam n’a visiblement pas l’intention d’en rester là : "Jusqu’à présent, nous avons toujours refusé de solliciter World Rugby pour dénoncer le non-respect de l’article 9. Désormais, nous le ferons. Les joueurs risqueront une suspension et les clubs des amendes. Je le répète : dans le droit du rugby, la nation est au-dessus de tout. Les clubs pros ne sont pas supérieurs aux lois."

Contenus sponsorisés
0
0