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Duel de legendes : Wilkinson - Carter, la classe malgré la poisse

Duel de legendes : Wilkinson - Carter, la classe malgré la poisse
Par Rugbyrama

Le 15/10/2020 à 18:59Mis à jour Le 15/10/2020 à 19:00

Pour ce premier duel de légendes, voici deux joueurs qui ont laissé une trace indélébile dans le monde du rugby. D'un côté, la classe de l'Anglais Jonny Wilkinson, champion du monde en 2003. De l'autre, le talent de Daniel Carter, néo-zélandais double champion du monde en 2011 et 2015. Deux demis d'ouverture qui, malgré leurs blessures, ont brillé au plus haut niveau pour devenir des légendes.

Les joueurs :

Jonny Wilkinson : Par où peut-on commencer avec Sir Jonny Wilkinson ? 367 matchs joués en carrière dont 91 séléctions avec l'Angleterre, 39 essais en carrière mais surtout 4332 points au total. On compte bien sûr les 90 drops de "Monsieur drop" justement. Wilkinson a aussi gagné partout où il est passé, que ce soit à Newcastle avec deux coupes d'Angleterre et un championnat, avec Toulon avec un Bouclier de Brennus et deux coupes d'Europe ou encore avec l'Angleterre avec quatre Tournois mais surtout cette Coupe du Monde en 2003. Des accomplissements hors normes pour un joueur hors pair.

Daniel Carter : S'il y en a bien un qui peut matcher avec "Wilko", c'est bien Dan Carter. 303 matchs en carrière, dont 112 sélections avec les All Blacks, 69 essais en carrière pour 3659 points inscrits. Mais le Néo-Zélandais n'a peut-être pas totalement arrêté sa carrière, lui qui avait signé en juin dernier chez les Auckland Blues. Là aussi, la moisson de titre est importante : trois titres de Super Rugby avec les Crusaders, quatres titres dans le championnat néo-zélandais avec Canterbury, neuf fois vainqueur du Tri Nations/Four Nations, deux coupes du Monde et deux Bouclier de Brennus, un avec Perpignan en 2009 et l'autre avec le Racing 92 en 2016. Rajoutons même le dernier en date : champion du Japon avec les Kobelco Steelers.

Maîtres à jouer à l'international

D'un côté comme de l'autre, ces deux joueurs étaient des pièces maîtresses pour leur équipe nationale. En plus de leur poste de demis d'ouverture, ces deux joueurs ont une vision du jeu implacable, un capacité d'analyser la situation au dessus de la moyenne et une précision diabolique. Les finales de Coupe du monde disputées par les deux joueurs en sont un parfait exemple. En 2003 face à l'Australie, Wilkinson est on ne peut plus précieux avec quatre pénalités et ce drop dont on parle toujours 17 ans après. Mais surtout dans le jeu, "Wilko" ne s'est pas échappé face aux coup du butoir des Australiens avec une énorme défense, à l'image de son équipe. Car oui, malgré sa précision face aux perches et son sens du jeu, Jonny Wilkinson n'en reste pas moins un farouche défenseur.

Pour Dan Carter, la finale de la Coupe du Monde 2015, face à... l'Australie, sert de référence. Impérial dans le jeu au pied, Dan Carter a marqué ce jour-là 19 points pour les All Blacks avec seulement un échec. Mais dans les situations tendues que le maestro néo-zélandais assure. Lors de ce match, alors que l'Australie était revenue au score, Carter enquille d'abord un drop monstrueux de plus de 40 mètres. Car oui, à l'instar de Jonny Wilkinson, Daniel Carter est très habile dans l'art du drop-goal. C'est ensuite un pénalité de 50 mètres qui va mettre les Blacks sur orbite. Une aisance et une classe même lors d'une finale de Coupe du Monde, voilà ce qui a fait la force de ces deux joueurs.

Dan Carter lors de la finale de la coupe du monde 2015

Dan Carter lors de la finale de la coupe du monde 2015Icon Sport

Des stars pas épargnées par les blessures

Les deux joueurs, aussi excellents soit-ils, n'ont pas du tout épargnés par les blessures qui, parfois, les ont laissés de long mois sur le carreau. Les blessures ont aussi fait des ces deux grandes stars ce qu'il sont aujourd'hui, avec une tenacité et une persévérance pour revenir constamment au plus haut niveau. Pour Jonny Wilkinson, difficile de pas trouver un point où le joueur n'a pas été blessé. Des blessures à l'épaule, au bras, une opération du coup, les ligaments croisés, une dislocation du genou. De multiples blessures qui vont même inspirer l'équipementier Adidas qui sur un dessin va lister les blessures marquantes mais qui dit "n'a jamais perdu son coeur". Un preuve de l'abnégation et du courage de l'anglais, "Mémoires d'un perfectionniste" titrait son autobiographie.

La période 2004 - 2006 aura été très difficile pour l'Anglais. En 2004, Wilkinson se blesse à l'épaule et reste indisponible de long mois. Le 13 mars 2005, dès son match de reprise, il se reblesse à nouveau. En début de saison suivante, une hernie le tient de nouveau éloigné des terrains. Critiqué outre-manche pour sa succession de blessure, "Wilko" ne vit pas ses meilleurs moments. Mais la saison 2006 - 2007 va être tout aussi difficile avec une déchirure au ligament du genou et une douleur au rein. Il reviendra finalement lors de la coupe du monde 2007, où il fera très mal au XV de France en demi finale. Le 30 septembre 2008 marquera la dernière grosse blessure de Sir Jonny avec une dislocation du genou.

Jonny Wilkinson lors de sa blessure en 2008 face à Gloucester

Jonny Wilkinson lors de sa blessure en 2008 face à GloucesterIcon Sport

De son côté, Dan Carter aura connu des sorts similaires mais plutôt lors de la fin de sa carrière. Dan Carter traversera sa longue période avec les Crusaders sans trop de blessures mais avec beaucoup de trophées. Le premier coup dur interviendra à Perpignan. Après seulement cinq matchs disputés avec les Catalans (quatre en Top 14 et un en Coupe d'Europe), le joueur est victime d'une rupture partielle du tendon d'Achille. Dès le 31 janvier, la saison du All Black se termine et ce dernier assistera depuis les tribunes au sacre de l'Usap mais soulèvera tout de même le Bouclier de Brennus.

Deux ans plus tard en pleine coupe du monde sur le sol néo-zélandais, Dan Carter va se déchirer complètement un tendon d'Achille alors que l'équipe prépare son dernier match de poule contre le Canada. Il est obligé de déclarer forfait pour le reste de la compétition mais les Blacks seront quand même sacrés face aux Bleus. C'est ensuite des problèmes récurrents au genou qui vont toucher Dan Carter alors de retour en France avec le Racing 92. Après un passage au Japon, Carter était tout prêt de revenir au Racing 92 mais doit se faire opérer des cervicales. Enfin, dernière tuile en date cette saison. Alors qu'il avait signé avec les Auckland Blues, Dan Carter ne portera même pas une fois le maillot des Blues après des problèmes récurrents notamment au niveau du mollet. De multiples coups durs qui vont peut-être forcer Carter à prendre sa retraite sportive.

L'avis de Rugbyrama

Ces deux joueurs ont donc connu les même galères dans leur carrière mais ont toujours su se sublimer. Deux joueurs qui ont faim de ballon et qui n'hésitaient pas à attaquer la ligne. Le vécu entre ces deux joueurs semble égal, que ce soit en club ou en sélection nationale avec ces finales de coupes du Monde disputées.

Mais l'avantage, très léger, pourrait aller à Jonny Wilkinson. Encore moins épargné par les blessures que Dan Carter, Wilko a su rester au plus haut niveau jusqu'à la fin de sa carrière, avec un dernier match disputé qui s'est soldé par un Bouclier de Brennus. Les deux hommes n'ont pas eu le même rendement dans leur fin de carrière avec un Wilkinson comme un poisson dans l'eau à Toulon et un Dan Carter parfois brouillon avec le Racing.

Et vous, quel joueur vous a le plus impressionné dans sa carrière ?

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Jonny Wilkinson
Dan Carter

Par Kenny Ramoussin

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