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Angleterre : la D2 aux abois

Angleterre : la D2 aux abois
Par Jérôme Prevot via Midi Olympique

Le 24/05/2020 à 18:18Mis à jour Le 24/05/2020 à 18:35

INTERNATIONAL - Le championnat anglais de D1 souffre forcément de l'épidémie de coronavirus. Mais celui de D2 se sent encore plus en difficulté. Explications.

Les chiffres font froid dans le dos. Le propriétaire du club de Coventry Jon Sharp a parlé de 750 000 livres de pertes si le championnat ne reprend pas avant septembre. "Nous avons reculé de deux ans. Car nous avons été obligés de faire des sacrifices et des coupes dans le budget." A Nottingham, club voisin, on évoque des pertes situées entre 300 et 400 mille livres, ce qui a carrément poussé le club de la ville de Robin des Bois a abandonné le statut professionnel à plein temps."C'était la meilleure solution pour assurer la stabilité du club. Pas d'autres solutions tant que nous n'en saurons pas plus sur la stratégie de la RFU à long terme et sur le sort qui nous sera réservé après la crise du Coronavirus." a détaillé le président Alistair Bow.

L'épidémie s'est ajoutée à un contexte déjà difficile depuis que la RFU a annoncé une baisse de ses subventions aux douze clubs de D2. Elles passeront de 534 000 pour cette saison à 288 000 en 2022. La RFU avait créé ce championnat voici dix ans pour créer un niveau préparatoire à l'Élite pour les jeunes joueurs anglais mais elle estime une décennie plus tard que l'objectif n'a pas été atteint, un argument que les clubs contestent . "C'est abominable" a dit Paul Durkin, le patron des Cornish Pirates. "Ils nous ont parlé de cinq critères indicateurs que nous n'aurions pas rempli. Mais personne ne sait de quoi il s'agit". En plus, les chiffres de l'aide à venir n'ont pas été officiellement confirmés par la RFU, les clubs se disent dans l'expectative complète.

La galère ne s'arrête pas là pour les clubs de D2 car la perspective de jouer dans des stades vides si le huis clos est imposé les rend fous d'inquiétude. "Pour nos clubs, les entrées au stade sont la source principale de revenus", ajoute Paul Durkin. "Vous vous rendez compte, on nous enlève nos revenus et on devra payer tout le monde, c'est la pire situation pour nous." Il faut comprendre qu'en Angleterre, les clubs d'Élite ne partagent pas leurs droits télévisés conséquents avec l'étage du dessous comme ça se pratique en France . Les clubs de deuxième division y sont d'autant plus fragiles. Seul le relégué bénéficie d'une prime-parachute de ses ex-compagnons .

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