Nouvelle-Zélande : le tonnerre gronde

Par Rugbyrama
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L'encadrement des Bleus et les dirigeants français ont beau s'excuser, les relations avec la Fédération néo-zélandaise se sont tendues après les rebondissements de l'affaire Bastareaud. Au-delà, c'est tout un pays qui se dit meurtri et scandalisé par cet incident qui avait terni son image.

L'affaire Bastareaud a fait du bruit en Nouvelle-Zélande. Beaucoup de bruit. Et ce n'est pas fini. En effet, la réputation d'un pays entier, organisateur de la prochaine Coupe du monde, et d'une ville en particulier, Wellington, avait été ternie après les révélations du joueur, qui s'était dit victime d'une agression de quatre ou cinq individus en pleine rue dans la nuit de samedi à dimanche dernier. Gênées et désolées, les instances sportives et politiques néo-zélandaises s'étaient alors dites navrées de cet incident et avait présenté leurs excuses…

Du coup, depuis que Mathieu Bastareaud a avoué son mensonge dans un communiqué ce jeudi et donné une nouvelle version selon laquelle il avait trop bu et avait heurté sa table de nuit, les passions se déchaînent au pays du long nuage blanc. La Fédération néo-zélandaise de rugby (NZRU), tout d'abord, a reconnu être " scandalisée par la révélation selon laquelle le centre français Mathieu Bastareaud avait inventé de toutes pièces cette histoire d'agression." Des mots forts et durs. Elle dénonce une "tromperie" et regrette profondément la publicité négative faite à la Nouvelle-Zélande et à Wellington. La maire de la ville, d'ailleurs, Kerry Prendergast, a également réagi : "Cet épisode est susceptible de nuire à notre réputation, […] Je suis scandalisée, je suis sûre que tous les Néo-Zélandais le sont ".

Une pléiade d'excuses françaises

Dès jeudi, l'encadrement des Bleus et les dirigeants français se sont empressés de présenter leurs excuses à la NZRU et au peuple néo-zélandais. "Il faut réparer l'erreur […] Il y avait quand même eu des excuses officielles du premier ministre. Nous n'avions stigmatisé ou chargé personne. Mais on ne peut que s'excuser devant ce regrettable quiproquo", avait, en premier lieu, avancé Marc Lièvremont, le sélectionneur des Bleus. "C'est une affaire navrante qui a généré des difficultés au niveau de la fédération et du gouvernement néo-zélandais ", avait ensuite regretté Jo Maso, le manager. Avant que dans la soirée, Pierre Camou, le président de la FFR, ne fasse à son tour part de sa consternation : "La FFR est choquée qu'un joueur du XV de France ait menti. La nation néo-zélandaise et le monde du rugby ont pu légitimement se sentir blessés par les déclarations initiales du joueur qui portent également atteinte à l'image du rugby français." Pierre Camou a aussi fait savoir qu'il avait saisi la Commission de discipline de la FFR et sollicité l'ouverture d'une instruction.

Une pléiade d'excuses et de tentatives d'explications qui ne suffisent toutefois pas à atténuer les rancoeurs néo-zélandaises. "Comme tous les Néo-Zélandais, j'ai été très déçu par cet enchaînement d'événements, et je ferai savoir mes inquiétudes à la Fédération française de rugby", a déclaré Steve Tew, directeur général de la NZRU. Celle-ci a d'ailleurs tenu à chaleureusement saluer le travail de la police locale dont l'enquête a écarté une quelconque responsabilité d'individus néo-zélandais grâce à l'existence de caméras de vidéo surveillance qui montrent des images de Mathieu Bastareaud rentrant à l'hôtel non blessé. Preuve que la fédération cherchait à faire la lumière sur cette affaire et espérait d'autres conclusions, elle a précisé qu'elle avait toujours été informée du déroulement de l'enquête.

Pour la police, l'affaire est close

L'incident va-t-il en rester là du côté de la Nouvelle-Zélande ? Rien n'est moins sûr. La maire de Wellington s'est montrée virulente et a déclaré que la jeunesse du joueur n'était pas une justification suffisante. Elle a clairement émis le souhait d'en savoir davantage et de poursuivre l'enquête. Pourtant, Pete Cowan, le chef de la police de la ville, a considéré, de son côté, que l'affaire était désormais close : "Je ne vais pas gaspiller davantage de temps à m'occuper de M. Bastareaud. Il nous a fait perdre énormément d'énergie cette semaine". Avant d'ajouter : "Ce que je peux vous dire, c'est que M. Bastareaud a été vu en train de pénétrer dans l'hôtel non blessé et après nous savons qu'il est entré dans sa chambre 25 minutes plus tard."

Quelle que soit la position que va adopter la Fédération néo-zélandaise pour les suites à éventuellement donner, nuls doutes que ses relations avec son homologue française en ont en tous cas pris un sacré coup.