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Gueule de bois

Gueule de bois

Le 05/12/2017 à 11:19Mis à jour Le 05/12/2017 à 11:58

La décision du Ministère des sports de saisir le procureur dans l'affaire Laporte/Altrad est une énième publicité dont le rugby français aurait pu franchement se passer... Un nouveau coup de canif' dans le contrat, une salissure supplémentaire sur l'image de notre discipline et plus encore de ses principaux acteurs.

Il y a des jours comme ça où l’on se passerait bien d’être Français… Le problème ? C’est qu’ils se multiplient depuis trop longtemps.

Le dernier en date, c’était lors du piteux match nul de nos Bleus face à Japon si enthousiasmant, tellement plus séduisant que la bande à Novès. Ou c’était plutôt quand, pour répondre à de peu glorieuses provocations de Fabien Galthié, Christophe Urios lui a balancé une gifle digne d’une cour de récréation. Et on passe là sur les innombrables saillies et autres injures qui inondent désormais un monde qui s’est tant réclamé vertueux et pétri de ces sacro-saintes valeurs par le passé. Un monde mort et enterré.

C’est la faute de la Ligue, de la Fédé, du président adverse, de l’arbitre, de l’entraîneur, des joueurs… Ceci entre deux "bastons" improvisées en pleine rue, un deal de coke qui déraille ou une suspicion de viol en réunion. Quand dissidences, faits divers et polémiques font bon ménage. "Pourquoi est-on devenu con ?" Tel était le titre du dossier de Midi Olympique ce lundi. Malheureusement prémonitoire.

Bernard Laporte et la Ministre des sports Laura Flessel

Bernard Laporte et la Ministre des sports Laura FlesselIcon Sport

Il y a des jours comme ça, quand on pousse la perversion et le masochisme à continuer à aimer ce sport, où l’on préférerait avoir tort. Voilà que, ce mardi matin, le rugby s'est réveillé avec une nouvelle et sévère gueule de bois. Son président et personnage le plus gradé Bernard Laporte est donc renvoyé devant un procureur, dans l’affaire qui le lie à Mohed Altrad. C’est lui qui fera maintenant son boulot. Et, bien au-delà de juger les responsabilités dans ce dossier, de débattre sur un appel déplacé à la commission du même nom ou de regretter le dernier coup d’épée de Flessel, il convient d’abord de se désoler. Encore. Toujours.

Parce que l’actualité vient, à une autre reprise, de glisser sur un terrain où l’herbe n’est pas vraiment verte. Un terrain que l’on aimerait enfin oublier. Laporte a fait savoir récemment qu’il ne démissionnerait pas. Ça tombe bien, personne ne lui a demandé. Mais l’adage défend que les lendemains de fiesta sont souvent douloureux. Il se vérifie trois semaines après l’obtention du Mondial 2023, seule victoire du rugby français depuis des lustres. Imaginez un peu : Hier, "Bernie" en était à se focaliser sur la tête de Guy Novès pour décider s’il fallait la sauver ou la couper. Nous aussi. Aujourd’hui, il se retrouve à attendre la décision d’un procureur. Et nous aussi. Ubuesque. Mais il y a des jours comme ça…

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