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Caleb Clarke, le retour à point nommé

Caleb Clarke, le retour à point nommé
Par Rugbyrama

Le 06/08/2022 à 15:27Mis à jour Le 07/08/2022 à 15:49

RUGBY CHAMPIONSHIP - Titulaire à l'aile avec la Nouvelle-Zélande face à l'Afrique du Sud ce samedi (17h05) en ouverture du Rugby Championship, Caleb Clarke va effectuer son grand retour sous la tunique noire qu'il n'a plus portée depuis 2020. Le trois-quarts aile revient à un moment déterminant où les All Blacks sont sous pression.

C'était un 18 octobre 2020 lors du deuxième match de la Bledisloe Cup entre la Nouvelle-Zélande et l'Australie. Titularisé à l'aile pour pallier la blessure de George Bridge, Caleb Clarke, âgé de 21 ans, honorait sa deuxième sélection. A l'Eden Park d'Auckland, il crevait l'écran par sa puissance sur le terrain et sa facilité à briser la défense des Wallabies. Les All Blacks s'imposaient 27 à 7, une semaine après un match nul (16-16). Par-delà la victoire, les yeux étaient rivés sur ce trois-quarts au talent indéniable, successeur espéré du légendaire Jonah Lomu dans un pur style de bulldozer (1,89m ; 107kg). Fils d'Eroni Clarke, lui-même ailier des All Blacks et des Auckland Blues dans les années 90, le jeune Caleb marchait sur les traces de son père. Surclassé avec l'équipe U20 de Nouvelle-Zélande à l'occasion du championnat du monde junior en 2017 puis présent sur le circuit des World Sevens Series dès 2018, le natif d'Auckland se présentait comme un talent précoce. Un diamant brut que le rugby néo-zélandais n'avait plus qu'à polir.

Seulement cinq sélections depuis ses débuts

L'attraction Clarke fut pourtant aussi brève qu'intense. Après un démarrage en trombe, le joueur des Blues a rapidement connu l'anonymat sur la scène internationale. Sa dernière sélection remonte au mois de novembre 2020 et une victoire contre l'Argentine à l'occasion d'un Rugby Championship redevenu provisoirement Tri Nations cette année-là, faute au Covid-19. Avec un essai inscrit en cinq sélections, l'ailier ne s'est pas encore offert une carrière à la hauteur de son potentiel. Certains chemins ne lui ont pas toujours réussi. En 2021, le joueur décide notamment de faire une croix sur le Super Rugby Trans-Tasman et les tests des All Blacks en juillet pour espérer jouer les Jeux olympiques de Tokyo avec l'équipe néo-zélandaise de rugby à 7. L'aventure ne donne finalement rien. Outre ce virage manqué, il a récemment été diminué par une blessure aux ischio-jambiers au mois de mai, ce qui n'a toutefois pas empêché l'entraîneur Ian Foster de le rappeler sous ses ordres pour le Rugby Championship.

Un retour sous haute pression

A en croire les récentes contre-performances des Néo-Zélandais contre l'Irlande, la crise sportive est en ébullition au pays insulaire. Jamais les hommes en noir n'avaient perdu à domicile contre le XV du Trèfle, comme ils n'avaient plus perdu une série de tests à domicile depuis 1994. Dans ce contexte tendu, le maintien de Ian Foster à la tête des All Blacks est presque miraculeux. Il tient plutôt d'un sursis qui pourrait être révoqué en cas de nouvelle déconvenue.

Concernant Caleb Clarke, cette situation est à double tranchant. Les dernières prestations de son équipe le placent dans une position délicate où il lui faudra frapper fort dès l'ouverture du Rugby Championship ce samedi au Mbombela Stadium en Afrique du Sud. Tenté par le Rugby à XIII et la NRL à l'avenir, il reste un joueur explosif. Son impact sur les prises de balle sera attendu pour épuiser les Springboks, favoris de la compétition. Par ailleurs, bien qu'il soit titulaire, Clarke aura fort à faire pour s'installer durablement dans une ligne de trois-quarts qui compte de beaux clients à l'aile nommés Will Jordan (titulaire également, N.D.L.R), Leicester Fainga'anuku ou Sevu Reece.

Il avait quitté une équipe des All Blacks tombée au troisième rang mondial à l'automne 2020, à l'issue d'une défaite historique face aux Argentins. Clarke la retrouve aujourd'hui au quatrième rang du classement World Rugby. A 23 ans, le voici revenu au moment opportun, un an avant la Coupe du monde. A quitte ou double.

par Rayane BEYLY

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