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Four Nations - Mario Ledesma (Australie) : "En face, il y avait mon frère !"

Ledesma : "En face, il y avait mon frère !"
Par Rugbyrama

Le 16/09/2018 à 17:20Mis à jour Le 16/09/2018 à 17:21

FOUR NATIONS - L'Argentine a fait sensation en s'imposant en Australie (19-23) . Mario Ledesma explique ce qu'il a ressenti. Son "frère" Michael Cheika aussi.

Et l’élève a donné la leçon à son maitre. En triomphant face aux Wallabies sur la Gold Coast, la station balnéraire du Queensland, Mario Ledesma a joué un sale tour à son ami Michael Cheika, avec qui il a partagé joies et peines lors de son séjour australien. Et, même pas un an après avoir quitté les Wallabies pour prendre en charge les Jaguares puis, depuis Juillet, les Pumas, l’effet Ledesma commence à se faire sentir avec 2 victoires dans le Rugby Championship au compteur. "C’est une grande victoire mais une victoire au goût un peu amer car, en face, il y avait mon ”frère”, Michael Cheika. Mais les Pumas sont aussi mon équipe alors la situation est un peu difficile pour moi. Mais je suis content pour ce groupe, de voir comment il a progressé."

Effectivement, l’après Hourcade est radieux pour les Argentins qui ont battus les Sud-Africains et maintenant les Wallabies, après avoir donné du fil à retordre aux All Blacks il y a une semaine. "Je crois qu’on manquait de confiance en nous. Bien souvent on se mettait en position de marquer ou nous faisions une grosse percée et puis, dans le moment suivant, on lâchait prise, comme si on ne voulait pas gagner. Alors on s’est mis au travail et les joueurs ont produit un gros effort et cette victoire, elle leur est dédiée, pour tous les sacrifices qu’ils font." Il faut dire que ce groupe n’est pas le plus facile à entraîner : les Argentins sont la sélection nationale qui voyage le plus avec les matches du Super Rugby et les déplacements du Rugby Championship.

" Sanchez est devenu un leader indispensable pour cette équipe"

"Oui , ce n’est pas la chose la plus facile de gérer ce groupe avec tous les déplacements. C’est leur truc à eux. Il est difficile de leur faire garder la motivation mais ils y arrivent entre eux. C’est un plaisir de travailler avec un tel groupe." Un groupe qui a révélé un trio d’attaque phénoménal avec Moyano, Delguy et Boffelli. "Si ils sont si bons, c’est qu’ils ne savent pas ce qu’ils font sur le terrain. Ils jouent sans pression et n’ont pas peur de commettre des bourdes. J’espère qu’ils vont garder cette fraîcheur d’esprit et continuer à jouer libérés. Il faut aussi souligner le rôle prépondérant de Sanchez qui progresse à chaque sortie. Sa défense a été superbe et il a su mettre les points quand ils se sont présentés. Il est devenu un leader indispensable pour cette équipe, tout comme Pablo Matera, encore énorme ce soir. Il ne nous reste plus qu’à continuer notre progression."

Coté Australien, c’était la soupe à la grimace, une terrible gifle après la victoire aux forceps de la semaine précédente contre les Springboks. Le capitaine intérimaire, David Pocock, ne cachait pas sa déception: "C’est une défaite qui fait mal. Les Argentins ont joué intelligemment et nous ont fait très mal. Ils ont su absorber la pression avec une défense agressive mais, de notre coté, on a manqué trop d’opportunités de marquer."

" Ce qui est plus difficile à résoudre, c’est la volonté des joueurs"

Un point que Michael Cheika continua de marteler : "On a une beaucoup d’opportunités de conclure et nous n’avons pas réussi à en conclure suffisamment. C’est aussi simple que ça. La dernière action du match résume parfaitement ce match: on a les moyens de gagner mais on est incapable de convertir nos occasions. C’est frustrant. On a l’impression d’avancer d’un pas et de reculer de deux pas. Les joueurs n’avaient la même motivation que la semaine passé. Nous n’avions pas la même passion et n’avons pas réussi à élever le tempo du match. Alors oui, on a peut être eu des problèmes en touche mais ça se résout facilement. Ce qui est plus difficile à résoudre, c’est la volonté des joueurs, leur enthousiasme en attaque comme en défense. On n’a pas senti cet instinct de tueur de la part des joueurs On a besoin de plus de constance si on veut progresser."

Gregan craint des Australiens "sur coachés"

On laissera le mot de la fin à l’international George Gregan: "On a l’impression que les joueurs tentent de sur-jouer. Ils jouent avec la pression sur leurs épaules et sont incapables de se libérer. Il leur faut plus de spontanéité. La question est de savoir si ils ne sont pas surcoachés et essayent de trop planifier leurs actions. Ils devraient prendre exemple sur les Argentins qui ont su montrer de la spontanéité, surtout derrière."

Par Jacques Broquet

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