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Blessure, directeur de centres commerciaux, Fédérale 2 : Que deviens-tu Rémy Martin ?

Blessure, directeur de centres commerciaux, Fédérale 2 : Que deviens-tu Rémy Martin ?

Le 28/02/2018 à 09:25

Il y a seize ans, Rémy Martin fêtait sa première sélection par une victoire contre l'Angleterre. Si une blessure a stoppé sa carrière professionnelle en janvier 2015, le flanker aux trois Brennus joue toujours en Fédérale 2. Retrouvailles.

Seize années sont passées mais tous les héros de l'époque n'ont pas quitté le jeu. De la bande à Laporte qui avait pris part au Grand Chelem dans le Tournoi 2002, il en est encore qui écrivent les lignes de leur carrière au plus haut niveau : Jean-Baptiste Poux, Frédéric Michalak ou encore Aurélien Rougerie, le seul du trio aligné le 2 mars 2002 au Stade de France pour une victoire de prestige contre l'Angleterre (20-15). Mais en réalité, parmi les braves de ce Crunch, il en est un autre qui continue de se donner pour le jeu : Rémy Martin, qui avait honoré ce 2 mars, la première de ses 23 sélections.

Frédéric Michalak

Frédéric MichalakIcon Sport

On l'avait crû retiré définitivement en janvier 2015, victime de deux hernies aux cervicales alors qu'il portait le maillot de Béziers en Pro D2. En réalité, Martin est revenu en scène à l'été 2017. Une forme de retour aux sources : le rugby amateur, un monde où il s'est révélé, affirmé, décrochant un titre de champion de Fédérale 1 avec Aubenas 1999. Surtout pas une histoire de revanche sur le destin. Sur ses adieux au monde pro, il n'a pas de regret. "Je pense que la limite au niveau professionnel, c'est 35 ans. Après c'est bien souvent tricher parce que physiquement ça devient dur", dit-il.

Seulement, une histoire d'estime à l'égard du président de club de Bédarrides (Fédérale 2). Sollicité depuis des mois par Philippe Damiani, Remy Martin qui s'était fait opérer des cervicales, a fini par donner son accord. "Au début, je n'avais pas envie de rejouer. Et puis j'étais concentré sur ma formation pour ma reconversion. Quand je me suis posé professionnellement, j'ai réfléchi : j'avais davantage de temps pour les aider, m'entraîner, aller jouer. Je me suis dit que si je ne le faisais pas cette année, je ne le ferais jamais. Et finalement, je suis content de vivre cette dernière saison."

Rémy Martin lors de l'annonce de sa retraite - janvier 2015

Rémy Martin lors de l'annonce de sa retraite - janvier 2015Rugbyrama

Il s'est fondu dans le décor. "Ce retour dans un vestiaire, je l'ai vécu normalement, balise t-il. Il n'y a rien eu de difficile. Au début mes coéquipiers ont peut être pu s'interroger : je crois qu'ils ont vite compris que je ne serais pas un rival ou une menace pour eux. Je suis à l'écoute, s'il faut donner des conseils, parler à l'équipe, je le fais. On échange, je me régale. Rien ne me fait bizarre : je viens d'Aubenas, du milieu amateur, je suis resté simple."

Il est troisième ligne mais pas capitaine. "Je ne peux pas être là systématiquement, je n'aurais pas envie de prendre la place de quiconque, éclaire t-il. Avec le boulot, je ne suis pas disponible comme tous les joueurs : mon dernier match c'était fin janvier… Mais j'essaie au mieux d'allier les deux", raconte le flanker. C'est la grande différence avec sa vie d'avant. "A l'époque, le rugby c'était ma passion et j'en vivais. Maintenant c'est toujours ma passion mais avant tout, je pense au boulot." Avec des contraintes forcément.

Remy MARTIN - 02.03.2012 - Toulon  Montpellier - 19e journee Top 14

Remy MARTIN - 02.03.2012 - Toulon Montpellier - 19e journee Top 14Icon Sport

Professionnellement, l'homme a des responsabilités dans sa nouvelle vie : il dirige deux centres commerciaux à Orange et Nîmes pour le compte la société Carmila. Une trajectoire inattendue pour celui qui avait validé un BTS en génie electrotechnique et qui se préparait à embrasser des études kiné. "C'est un concours de circonstances. Après un séminaire en coaching d'entreprise que j'animais en 2015 pour le compte de ma société, j'ai été démarché par un chasseur de tête. J'ai passé des entretiens et puis suivi une formation de six mois. J'ai appris", rembobine Martin.

Il continue en parallèle d'animer des séminaire le week-end. Son expérience de quinze années au plus haut niveau entre Mont de Marsan, Stade français, Bayonne, Montpellier pour trois Brennus mérite l'écoute… Elle mériterait aussi de continuer à servir le rugby encore longtemps. Remy Martin n'a rien planifié si ce n'est de raccrocher définitivement en juin, mais il a encore beaucoup à partager et n'exclut pas une autre reconversion. "Entraîner ? Ce n'est pas fini. Là je joue en Fédérale 2, pourquoi pas un jour proposer mes services au club de Bédarrides...". Le plan de carrière n'est pas figé. Qu'importe. Après tout, en arrivant d'Aubenas, il n'était pas programmé pour faire plier l'Angleterre au Stade de France. La suite est connue...

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