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Le rugby français va-t-il droit dans le mur ?

Le rugby français va-t-il droit dans le mur ?
Par Rugbyrama

Le 15/12/2017 à 10:27

Une fusion mort-née, des affaires extra-sportives en pagaille, la guerre Ligue/Fédération, le XV de France au plus bas et une enquête contre Bernard Laporte... Le rugby français a vécu en 2017 une Annus horribilis qui l'a plongé dans une crise à l'issue incertaine.

Hormis l'obtention par la France de l'organisation de la Coupe du monde 2023, l'année qui s'écoule a été exclusivement teintée de gris et a vu le rugby noircir les pages faits divers.

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Par des affaires de moeurs, avec le viol présumé d'une jeune femme par trois joueurs de Grenoble, l'arrestation pour détention ou possession de cocaïne des Néo-Zélandais Ali Williams (ex-Racing 92) et James O'Connor (ex-Toulon), et pour ivresse au volant de la vedette du Racing Dan Carter. Le Fidjien Josaia Raisuqe (ex-Stade Français) attend lui le verdict après son procès pour agression sexuelle et violences, aux côtés de son compatriote Waisea (Stade Français) poursuivi pour violences.

Elu le 3 décembre 2016 à la tête de la Fédération après avoir renversé l'équipe sortante, Bernard Laporte se retrouve de son côté sous la menace d'une éventuelle enquête pénale pour des pressions supposées afin de réduire des sanctions prises envers le club de Montpellier, détenu par l'homme d'affaires Mohed Altrad.

Mohed Altrad, le président de Montpellier

Mohed Altrad, le président de MontpellierIcon Sport

Dont le groupe éponyme est devenu en mars le premier partenaire maillot du XV de France et avec qui Laporte avait signé un contrat d'image pour un montant de 150.000 euros, auquel il a depuis renoncé face à la polémique.

L'enquête judiciaire prendra plusieurs mois. Mais en attendant, l'ancien sélectionneur des Bleus (2000-2007) et secrétaire d'Etat aux Sports (2007-2009) devra trouver comment remédier au marasme du XV de France.

Dans un contexte général de baisse des licenciés sur fond d'inquiétudes croissantes quant à la violence du rugby.

Les Bleus en plein désamour

2017 avait pourtant plutôt bien débuté pour les Bleus avec un premier podium dans le Tournoi des six nations depuis 2011.

Mais la suite n'a été qu'une longue dégringolade : six défaites de suite - dont cinq en test-matches - et un nul, entre la catastrophique tournée de juin en Afrique du Sud (trois lourds revers), qu'ils abordaient pourtant confiants, et les tests de novembre.

Lesquels se sont achevés sur un nul historique à domicile contre le Japon (23-23), venu leur donner une leçon de rugby.

"On s'fait chier, on s'fait chier, on s'fait chier", "remboursez, remboursez", puis des sifflets nourris au coup de sifflet final : le public de la toute nouvelle U Arena de Nanterre a fait part de sa colère et de son désamour d'un XV de France tombé à la neuvième place mondiale.

Loin, très loin des meilleures nations, avant un Tournoi-2018 périlleux (réceptions de l'Irlande et de l'Angleterre, en plus de l'Italie, déplacements au pays de Galles et en Ecosse) et une tournée de juin à haut risque en Nouvelle-Zélande, double championne du monde en titre.

Novès, un avenir en questions

A moins de deux ans de la Coupe du monde 2019 au Japon, il est encore temps d'agir.

Laporte, qui avait rué dans les brancards après la tournée de juin en Afrique du Sud, fixant au sélectionneur Guy Novès l'objectif de remporter trois des quatre rencontres automnales, injectera-t-il, comme évoqué, du sang frais dans un staff qu'il n'a pas choisi ? Ecartera-t-il Novès, ce qui constituerait une première dans l'histoire du XV de France ?

Guy Novès (XV de France)

Guy Novès (XV de France)Icon Sport

Il a pour l'instant demandé à son bras droit, Serge Simon, de mener un audit, afin de posséder tous les éléments pour pouvoir trancher.

Autre issue incertaine en 2018, celle du bras de fer que se livrent, depuis le début de l'année, la Ligue et la Fédération, son organisation de tutelle, principalement sur la question de la mise à disposition des internationaux.

Cette bataille protéiforme a trouvé en mars dernier un terrain d'expression inattendu : le rocambolesque projet de mariage entre le Racing 92 le Stade Français, les deux rivaux franciliens, proclamé à la surprise générale un lundi avant d'être retiré manu militari six jours plus tard après une levée de boucliers des joueurs.

Entré en fusion en 2017, le rugby français a une année pour éviter de se rapprocher de l'implosion.

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