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Faits divers - "J’ai perdu un ami…" les Catalans pleurent la tragique disparition de Barend Britz

"J’ai perdu un ami…" les Catalans pleurent la tragique disparition de Barend Britz

Le 07/12/2018 à 12:03Mis à jour Le 07/12/2018 à 12:07

FAITS DIVERS - Violemment agressé dans son établissement jeudi soir, l’ancien deuxième ligne de l’Usap Barend Britz est décédé des suites de ses blessures, la nuit dernière. Paul Goze, Jean-François Imbernon et tous les Catalans pleurent aujourd’hui l'emblématique Sud-africain de Perpignan.

"C’était un mec bien, un vrai gentil". Voilà le refrain repris unanimement par ceux qui ont connu, directement ou non, cette figure emblématique de l’Usap. Barend Britz, 63 ans, est décédé des suites d’une terrible agression, ce jeudi soir dans son bar de Perpignan. Le colosse sud-africain a laissé son emprunte sur plusieurs générations. Ce matin, c’est tout un club qui pleure sa légende. "C’est une triste nouvelle", s’est ému Paul Goze. L’actuel président de la Ligue Nationale de Rugby a côtoyé Barend Britz durant de longues années, d’abord en tant que joueur puis dirigeant. "Je l’ai fait venir pour la deuxième fois à Perpignan, en 1990, et puis je l’ai aussi aidé à obtenir son bar et à avoir une licence, comme il n’était pas encore Français. C’était un très grand joueur de rugby. Un joueur marquant de l’Usap, de l’histoire du club. Un type extraordinaire surtout, il avait une très très bonne mentalité, extrêmement serviable, toujours prêt à défendre les amis" raconte l’ancien deuxième ligne. Leur compère Jean-François Imbernon était lui aussi très touché par cette disparition : "Sur Perpignan, il avait un tel aura… Et la bêtise humaine a fait que voilà. C’est inacceptable ce qui s’est passé, ce n’est pas possible. C’est compliqué, c’est dur ce matin, car c’était une belle personne. Barend savait tendre la main aux autres. Aujourd’hui, j’ai perdu un ami", confie le géant catalan.

" Paul Goze : Pas un supporter de l’Usap ne sait pas qui est Barend Britz "

Paul Goze y va lui de son anecdote. En 1990, Barend Britz s’apprête à revenir à Perpignan, quatre ans après son premier passage. Initialement prévue en octobre, son arrivée est anticipée car le club catalan est dans une mauvaise passe. "Il était inconcevable qu’on n’accède pas au championnat de France à 32 équipes, ça aurait été un affront. Le dernier déplacement à Saint-Gaudens était d’une importance capitale. Barend avait signé mais ne devait arriver que deux mois plus tard, je l’ai appelé pour qu’il nous aide. Et il a été l’un des grands artisans de la victoire, avant de repartir dans la foulée", raconte Paul Goze. "Il a beaucoup marqué les gens de chez nous, pas un supporteur de l’Usap ne sait pas qui est Barend Britz. Le premier match qu’il dispute avec Perpignan, en 1986, c’était face à Toulon. Et à l’époque, on ne faisait pas dans la dentelle dans ce genre de matches… Sur un renvoi, Barend traverse tout le pack toulonnais et remet l’Usap dans l’avancée. Il était très présent physiquement, et ça collait beaucoup avec le tempérament catalan. Il a de suite été adoubé", ajoute le président de la LNR.

Journaliste à Perpignan à cette époque, Jean-Louis Dolsa souligne à juste titre que "Barend Britz est le premier étranger à être resté à Perpignan après sa carrière. Il s’est très très bien intégré ici". Grâce à son bar, le "Bar And Britz", qu’il n’aura finalement jamais quitté, le Sud-Africain avait créé un lieu mythique du centre-ville perpignanais. À son image.

Actuellement aux Fidji, et joint par téléphone ce matin, le technicien Franck Boivert est de la même génération que Barend Britz. Il s’est occupé de lui à son arrivée en terres catalanes. : "On s’est occupé de lui car nous étions les deux seuls, avec Christian Roque, à savoir parler anglais. Nous l’invitions à la maison pour manger. Je me rappelle que Barend était passionnant. Il apportait de nouvelles techniques en mêlée, en touche", se remémore l’actuel directeur de l’école de formation de Nadroga.

Un hommage rendu à Aimé-Giral

"Il était d’une gentillesse extraordinaire", confirme à son tour ce proche de Barend Britz. "Je me souviens qu’il était très déçu de ne pas avoir pu jouer pour les Springboks à cause de l'Apartheid, l’Afrique du Sud était boudé par le rugby international à l’époque", raconte Franck Boivert.

Les supporteurs catalans, aussi, pleurent la disparition de l’une de leurs légendes. "Tous les fans inconditionnels de l'USAP connaissent ou ont déjà entendu parler de Barend. C’étais un deuxième ligne très combattant et très aimé de tous à Perpignan ", souligne David, 24 ans. "Je suis choqué d'apprendre sa disparition, dans des circonstances vraiment brutales. Barend restera à jamais dans les mémoires du club. J’espère que l’Usap va lui rendre un bel hommage", poursuit ce dernier. Un souhait déjà entendu par le Président de l’Usap François Rivière : "C’est évident qu’un hommage lui sera rendu. Sans doute pas lors du prochain match face au Connacht, car nous commémorerons l’année de la tragédie de Millas. Mais un hommage lui sera évidemment rendu lors de la rencontre de Top 14 contre Clermont à la fin du mois", précise d’ores et déjà le patron du club catalan. Pour l’heure, place au recueillement à Perpignan, où plusieurs personnes ont déjà apporté des bougies et des fleurs sur la devanture du bar de l’ancien deuxième ligne.

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