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Finale - Boudjellal: "Si un pays méritait de recevoir cette première Coupe d'Europe, c'était nous"

Boudjellal: "Si un pays méritait de recevoir cette première Coupe d'Europe, c'était nous"

Le 28/04/2015 à 18:35Mis à jour Le 28/04/2015 à 18:40

Il est arrivé les traits tirés. Anxieux. Mourad Boudjellal s'est présenté en conférence de presse ce mardi, après ses joueurs. Le président du RCT confesse avoir peur de connaître "le sentiment de ne plus être champion d'Europe". Il retrouve cependant toute sa verve au moment de tirer à boulets rouges sur l'EPCR et ses représentants français.

Quel est votre état d'esprit à quelques jours de cette finale face à Clermont ?

Mourad BOUDJELLAL: On arrive à un moment stressant et angoissant, car c'est une étape très difficile qui se présente. On a également une pointe d'excitation avec cette possibilité de faire quelque chose qui semblait impensable il y a neuf ans et demi. A l'époque, j'avais ma maison d'édition et on m'a proposé de reprendre un club de rugby en Pro D2. Un club avec une histoire mais plus d'avenir. J'avais dit, pour faire une belle formule, que j'allais tout faire pour en changer le destin. Si on arrive à gagner samedi, on pourra dire qu'on a réussi. Car même si l'on a gagné des titres, faire le triplé ce serait à tout jamais.

Comment jugez-vous le rapport de force entre les deux équipes ?

M.B: Si l'on analyse les deux équipes, nous, nous n'avons pas vraiment de match référence. On perd beaucoup de ballons en touche, on n'est pas dominateurs en mêlée. Clermont est une espèce d'armée bien ordonnée. Il n'y a pas photo. La seule chose qui peut nous permettre de gagner, c'est un exploit individuel. Clermont est en avance sur la force collective. Si l'ASM gagne, ce ne sera pas volé. Ils dominent le rugby européen depuis quelques temps et doivent en avoir marre de perdre. De notre côté, ce sera notre première finale sans Sonny Bill Williams ou Jonny Wilkinson, les deux plus grands joueurs que le RCT a connu. On a de grands noms, mais certains sont un peu vieillissants. Botha, Williams, Hayman ne sont plus les joueurs de la grande époque, c'est leur dernier tour de piste et il y a des kilomètres au compteur. Il faudra qu'ils mettent un peu d'huile dans leurs rouages. Ils n'ont pas le même rendement que l'an passé, ils sont en-dessous.

La joie de Mourad Boudjellal (Toulon) après la victoire face au Leinster - 19 avril 2015

La joie de Mourad Boudjellal (Toulon) après la victoire face au Leinster - 19 avril 2015Icon Sport

" 2013, c'est un hold-up "

Rétrospectivement, quel regard portez-vous sur la finale de 2013 ?

M.B: Pour moi ça représente un hold-up, cette victoire n'est pas forcément méritée. Dans les quinze dernières minutes, il y a au moins une pénalité que l'arbitre doit siffler contre nous. Je l'ai toujours reconnu. Mais j'aurais aimé que Clermont, qui appartient à un groupe pour qui la morale est très importante, reconnaisse que la demi-finale de Saint-Etienne est un autre hold-up ! Pas un seul dirigeant n'a reconnu qu'il y avait un en-avant sur l'essai de Zirakashvili...

On sent dans votre discours, depuis le début de saison cette volonté d'aller chercher cette troisième coupe d'Europe...

M.B: Si les choses ont un sens... J'ai pris beaucoup de risques, j'ai mis ma boite en jeu, tout ce que j'avais jusqu'à mon bifteck pour ce club. Pour l'instant, j'ai gagné. Mais j'aurais pu perdre. Par rapport à ça, je me dis que s'il y a un scénariste, au mérite ça ne serait pas volé. Mais il y a une équipe de Clermont impressionnante. En début de saison, je me suis dit que ce serait une année difficile car on allait perdre quelque chose qu'on avait gagné. C'est un sentiment qu'on ne connait pas. On connait la victoire, la défaite mais pas celui-ci. On s'y prépare en se disant que ça va être dur de perdre cette joie. Je me prépare à cela pour samedi, à ne plus être champion d'Europe, à ne plus être qualifié, quand on parle de nous, de champion d'Europe. Là on a l'envie de dire: "encore un an".

Mourad Boudjellal et Bernard Laporte lors du titre européen en 2013

Mourad Boudjellal et Bernard Laporte lors du titre européen en 2013Icon Sport

Est-ce que perdre face à Clermont serait encore plus douloureux ?

M.B: Non, la Coupe d'Europe restera en France quoi qu'il arrive et ce n'est pas une mauvaise chose. Puis, on n'est pas ennemis avec Clermont. Si demain ils sont envahis par je ne sais quel pays, on ira les défendre. Jusqu'à preuve du contraire on fait partie de la République. On aime bien se chambrer, mais on n'est pas ennemis.

" Comment les représentants de la France ont-ils pu laisser faire les Britanniques ?"

En revanche, ce qui est dommage, c'est de jouer cette finale franco-française à Londres...

M.B: C'est décevant. Je râle souvent face à la médiocrité de nos dirigeants, mais on a là un exemple vivant. Comment les représentants de la France à l'EPCR ont-ils pu laisser faire les Britanniques pour organiser cette finale à Londres ? Il y a un énorme sentiment de gâchis par rapport aux supporters des deux clubs et du rugby tout court. Car cette finale reste la fête du Top 14 et de tout le rugby français. Quand deux clubs français se lèvent le "maffre", pour arriver en finale, on représente notre rugby mais on constate que les dirigeants anglo-saxons sont meilleurs que les nôtres.

Mais en début de saison, on ne pouvait pas prévoir que deux clubs français seraient en finale...

M.B: Comment peut-on concevoir que la France, qui est partie prenante dans l'organisation de cette nouvelle Coupe d'Europe, ne puisse pas organiser cet événement ? Déjà, l'an passé la finale était promise à Paris, puis le champion d'Europe est depuis deux ans français, le Top 14 est un championnat majeur.... Comment avec tout cela, on peut prévoir d'organiser la finale à Londres ? Nos représentants sont responsables de l'argent qui sera sorti par tous les supporters. Plus généralement, regardez combien il y a eu de finales en France et combien de fois nos clubs ont remporté ce trophée ? S'il y a un pays qui est leader et qui méritait de recevoir cette première coupe d'Europe, c'était nous. Mais on s'est couché.

Le président du RCT, Mourad Boudjellal

Le président du RCT, Mourad BoudjellalIcon Sport

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