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Champions Cup - L’antisèche: James a permis aux Clermontois d'échapper au piège des Saracens (13-9)

L’antisèche: James a permis aux Clermontois d'échapper au piège des Saracens

Le 18/04/2015 à 19:57Mis à jour Le 18/04/2015 à 20:18

CHAMPIONS CUP – Sans un James efficace au pied et inspiré sur l'essai de Fofana, les Saracens avaient réussi leur coup comme contre le Racing (13-9). Notre antisèche.

Le jeu : Le piège des Saracens a failli fonctionner

Aucun franchissement durant la première période (contre 3 aux Saracens), une occupation territoriale défavorable, des duels souvent à l’avantage des Anglais et un rythme imposé par les hommes de McCall. Ajoutez à cela une tactique simpliste mais terriblement efficace consistant à user très souvent du jeu au pied pour occuper le camp adverse. Le premier acte ne poussait pas au plus grand optimisme.

A s’y méprendre, on croyait même revivre le quart de finale qui a été si cruel pour les Racingmen. C’était avant que les Clermontois ne décident de se montrer beaucoup plus agressifs dans les rucks, annihilant presque le travail de sape des Saracens pour ralentir les sorties de balle. Et sans un éclair de génie de Brock James sur l’essai de Wesley Fofana, difficile de dire ce qu’il serait advenu du destin des Auvergnats. La défense clermontoise a également été excellente. "Nous avons fait en sorte que Clermont joue de la manière dont il n'avait pas envie de jouer", a confié Mark McCall au sortir du match. Il a bien failli réussir son coup et gâcher la fête à Saint-Etienne…

Julien Bardy (Clermont) est pris par Chris Wyles et Billy Vunipola - 18 avril 2015

Julien Bardy (Clermont) est pris par Chris Wyles et Billy Vunipola - 18 avril 2015Icon Sport

Les joueurs : James a enfilé son costume de super-héros, Vunipola a fait mal

S’il a été devancé souvent par Camille Lopez dans la hiérarchie des ouvreurs clermontois cette saison, Brock James n’a en tout cas rien perdu de son talent. Toujours aussi performant face aux poteaux (on oublie ce drop manqué en début de match) avec un 100% de réussite en trois tentatives. Et que dire de son jeu au pied où il a souvent dégoûté les Anglais. Redoutable guerrier, véritable poison dans les rucks et également hyper présent en défense (12 plaquages), Julien Bardy est à créditer d’une bonne prestation. Des en-avant, dont un qui a failli coûter un essai à Clermont, un plaquage manqué sur trois tentatives, et trois ballons perdus : l’ailier Napolioni Nalaga n’a pas pesé autant qu’il aurait dû sur cette rencontre.

Pour les Saracens, celui qui s’en est sorti le mieux, c’est le puissant numéro huit Billy Vunipola. On connait les qualités de l’international anglais. Joueur le plus sollicité (14 ballons portés), il a effectué deux passes après contact et a surtout fait mal dans les impacts. A son débit, trois pénalités sifflées contre lui. L’arrière Alex Goode, le jeune troisième ligne Maro Itoje et le deuxième ligne George Kruis ont également été plutôt à leur avantage. Ce ne fut pas le cas de Jacques Burger dont l’influence a énormément baissé lors du second acte et que dire du centre Brad Barritt – certes de retour à la compétition récemment – ou de l’ailier fantasque Chris Ashton. Ces trois-là n’ont pas été au niveau.

Ce qui aurait pu tout changer : Burger fait tomber le ballon

A l’heure de jeu, la rencontre aurait pu totalement basculer sur une erreur grossière de Napolioni Nalaga. A l’origine, un long coup de pied des Saracens et Nick Abendanon qui est le premier à se saisir du ballon dans ses ving-deux mètres. Face au pressing rapide d’un Anglais, il décide de jouer la sécurité en servant à son intérieur l’ailier fidjien. Mais celui-ci ne voit pas la montée rapide de Wigglesworth et laisse échapper le ballon au plaquage. Heureusement pour lui et les Auvergnats, en voulant ramasser la balle et filer à l’en-but, Jacques Burger commet un en-avant.

La stat : 41 500

Comme en 2010 lors de la victoire en demi-finale de Top 14 contre Toulon, le stade Geoffroy-Guichard de Saint-Etienne, habituel chaudron des Verts du foot, a porté chance aux Auvergnats. Et avec 41 500 supporters dans les tribunes, cette demie européenne a réalisé le nouveau record d'affluence de l'enceinte depuis sa nouvelle configuration.

La décla : Mark McCall (Saracens)

" Notre performance a été tout à fait remarquable, nous avons fait en sorte que Clermont joue de la manière dont il n'avait pas envie de jouer. On aurait pu gagner, cela s'est joué à des petits détails qui n'ont pas tourné en notre faveur. On a fait trop d'erreurs mais on a appliqué le plan de jeu qu'on souhaitait mettre en place."

Le tweet 

En début de match, Napolioni Nalaga aurait pu se muer en sauveur. Mais il a aplati en dehors des limites du terrain...

La question : Clermont peut-il enfin inscrire son nom au palmarès ?

Battu trois fois en quart de finale, deux fois en demie et une fois lors du match ultime, le club auvergnat court après ce trophée (même s'il a changé cette année) depuis longtemps. Trop longtemps diront certains. D'une part car l'ASMCA est souvent dans le dernier carré mais d'autre part aussi car ses prestations sur le sol européen mériteraient un meilleur sort au final. Peu importe les adversaires, les Clermontois possèdent un bilan positif face aux autres nations (61% face aux équipes anglaises, 53% pour les Irlandaises, 75% pour les Galloises... ). Mais ce n'est pas le même taux de réussite dans les chocs franco-français (42% soit 5 victoires pour 7 revers).

De là à dire que Franck Azéma et les siens ne souhaitent pas retrouver les Toulonnais contre qui ils avaient chuté en finale il y a deux ans, il n'y a qu'un pas. Cette saison en tout cas, l'ASMCA a fait plier Sale (2 fois), le Munster (2 fois, excusez du peu), les Saracens (2 fois désormais) et a étrillé Northampton en quart (37-5). Bref, de quoi se sentir à la hauteur avant de défier le vainqueur de Toulon-Leinster le 2 mai à Twickenham. Et sur son parcours, Clermont a les moyens d'enfin accrocher une étoile européenne à son maillot.

Le président de Clermont, Eric De Cromières, félicite Jamie Cudmore

Le président de Clermont, Eric De Cromières, félicite Jamie CudmoreIcon Sport

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