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Draft, abandon des Coupes d'Europe, 6 Nations en aller-retour... les six mesures de Salviac candidat

Draft, abandon des Coupes d'Europe, 6 Nations en aller-retour... les six mesures de Salviac candidat

Le 28/10/2015 à 12:25Mis à jour Le 31/10/2015 à 08:34

Le journaliste et commentateur sportif, Pierre Salviac, se lance dans la candidature à la présidence de la Fédération française de rugby. Il a expliqué son programme et n'a épargné personne. A commencer par l'un de ses principaux concurrents, Bernard Laporte.

Une véritable révolution. C'est ce que souhaite Pierre Salviac (69 ans), qui a officialisé sa candidature à la présidence de la Fédération sur Yahoo Sport. Alors que le rugby français traverse une crise profonde après un Mondial raté et une décennie plutôt morose pour le XV de France, le journaliste expose son programme. Un programme qui part avant tout d'un constat, l'echec de la France, ainsi que celui de l'Angleterre, soit les deux fédérations possédant des clubs puissants: "Je note que les deux seules formations qui ont raté leur Coupe du Monde sont celles qui avaient privilégié leurs clubs : la France et l’Angleterre". Décryptage.

1. Le modèle argentin en exemple

Pour Salviac, comme pour nombre d'observateurs, il faut remettre l'équipe de France au centre du rugby tricolore. Philippe Saint-André l'a rabâché durant les quatre années de son mandat, en vain. Pour cela, quoi de mieux que de s'inspirer de l'une des plus belles réussites de ces dernières années, les Argentins ? "Cette révolution consiste à copier un modèle qui marche, je n’invente rien. Je me base sur le modèle argentin. Ma révolution à moi, c’est de dire qu’il faut mettre l’équipe de France au centre de tout".

Pierre Salviac, lorsqu'il commentait le rugby pour France Télévision - le 23 mars 2003

Pierre Salviac, lorsqu'il commentait le rugby pour France Télévision - le 23 mars 2003Icon Sport

La Champions Cup et la Challenge Cup fêtent à peine leur première bougie (elles ont changé de nom et de formule l'an passé, ndlr), que le nouveau candidat à la FFR souhaite déjà les enterrer."Il faut abandonner cette Coupe d’Europe qui fout le bordel partout, et redonner l’occasion à l’équipe de France de jouer un véritable Tournoi des 6 Nations".

3. Réorganiser le Tournoi des Six Nations

Le succès du Rugby Championship, qui a placé ses quatre représentants en demi-finale de la Coupe du monde, donne visiblement des idées à Pierre Salviac. Des matches allers et retours, avec toujours cette idée de privilégier le XV de France, en lui permettant de disputer plus de rencontres. "Il faut faire un Tournoi des 6 Nations en matchs allers retours, comme ça se passe dans l’hémisphère Sud. Ce qui permettrait au XV de France de rencontrer en six matches les trois grandes nations du Nord".

Gaël Fickou (XV de France) a su tirer son épingle du jeu en Angleterre - 21 mars 2015

Gaël Fickou (XV de France) a su tirer son épingle du jeu en Angleterre - 21 mars 2015Icon Sport

4. Instaurer des contrats fédéraux pour les Bleus

Pour que l'équipe de France soit le centre névralgique du rugby français, il faut selon Salviac, que les joueurs qui en défendent les couleurs soient rémunérés par la Fédération. Avec un équilibre budgétaire à trouver: "C’est la fédération (qui paie les joueurs, ndlr), dans la mesure où son Tournoi (matches allers-retours) et les trois matches de tournée d’été et d’automne lui donnent des recettes. Ces recettes peuvent générer des salaires pour les internationaux qu’elle aura choisis. Quand les internationaux choisis en équipe de France ne jouent pas, la Fédération les sous-loue aux clubs qui sont qualifiés pour la phase finale du championnat de France".

Pierre Salviac et Bernard Lapasset au siège de la FFR - le 21 novembre 1999

Pierre Salviac et Bernard Lapasset au siège de la FFR - le 21 novembre 1999AFP

Pour la redistribution des internationaux, Salviac s'inspire une nouvelle fois sur ce qui se fait ailleurs, aux Etats-Unis en l'occurrence. Mais dans une autre discipline cette fois, avec pour modèle la draft NBA. Les joueurs n'auraient donc plus leur mot à dire quant au choix de leur club."Elle (la Fédération, ndlr) les sous-loue sous forme de "draft" comme en NBA ou en NFL. C’est à dire que les clubs les plus mal classés, de l’exercice précédent, pourront choisir en premiers les joueurs disponibles, et donc les meilleurs, afin d’équilibrer les chances. Priorité à l’équipe de France et la Fédération paye les joueurs".

6. Remettre les Présidents des clubs en bas de l'échelle

Toutes ces mesures ne sont clairement pas en faveur des clubs, et Salviac en est conscient. Il n'a d'ailleurs pas peur d'aller au "combat". "Si on le veut, il faudra qu’on aille au "fight" avec l’ego des présidents de clubs et leur dire 'Contentez-vous de disputer le Top 14, nous on s’occupe de l’international en tant que fédération'".

La déception de Guirado, Slimani et Picamoles (XV de France) face aux All Blacks - 17 octobre 2015

La déception de Guirado, Slimani et Picamoles (XV de France) face aux All Blacks - 17 octobre 2015Icon Sport

" Aujourd’hui le rugby français est arrivé au point zéro de la technique individuelle"

En plus d'exposer ses idées de candidat, Pierre Salviac ne se montre également pas tendre avec son principal concurrent, Bernard Laporte. "Il a eu deux mandatures à la tête du rugby français, ce qui est exceptionnel et prouve qu’il est bien un produit du système. Mais qu’a t-il fait lors de ces deux mandats ? Il ne nous a pas conduits en finale de Coupe de monde, il ne nous a pas fait gagner la Coupe du monde, non plus. Pas si exceptionnel que ça". Avant de l'attaquer également sur son mandat politique: "Quand il était Ministre, il avait le pouvoir de réformer le mode de sélection de la Fédération française, il ne l’a pas fait. Pourquoi le ferait-il aujourd’hui ?"

Enfin, son dernier coup de gueule concerne les joueurs, soit les principaux acteurs. Et là encore, Salviac ne fait pas dans la dentelle : "Aujourd’hui, le rugby français est arrivé au point zéro de la technique individuelle. Il faut tout reprendre". Avant d'ajouter :"Saint-André était à la Coupe du monde avec des joueurs qui n’ont plus de technique individuelle, qui sont devenus des robots. On a fabriqué de mauvais joueurs, en tout cas des joueurs qui ne sont pas dignes d’être dans les cinq meilleures nations du monde".

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