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Décès Camou - Thierry Dusautoir : "J’ai perdu un ami, pas un président de Fédération"

Dusautoir : "J’ai perdu un ami, pas un président de Fédération"

Le 16/08/2018 à 19:38

DECES CAMOU - En vacances en famille au Canada, Thierry Dusautoir a appris la disparition de Pierre Camou à son réveil. En larmes au téléphone, l’ancien capitaine emblématique du XV de France a peiné pour trouver la force de s’exprimer. Avec Pierre Camou, Dusautoir avait noué des liens d’amitié très forts. Bien au-delà de la relation traditionnelle entre un président et un capitaine.

Midi Olympique : Comment avez-vous réagi à l’annonce du décès de Pierre Camou ?

Thierry Dusautoir : Qu’est ce que vous voulez que je dise ? (Il souffle longuement) C’est le départ d’un être exceptionnel. C’est quelqu’un qui va beaucoup me manquer.

Pouvez-vous évoquer la relation très forte que vous aviez nouée ensemble ?

T.D. : J’ai connu Pierre lorsque je jouais à Biarritz. Il n’était pas encore président de la Fédération Française de Rugby. Je l’appréciais déjà beaucoup. Et notre relation s’est développée lorsqu’il a pris la tête de la FFR (2008). De mon côté, j’étais devenu la capitaine de l’équipe de France. Ensemble, nous avons vécu des moments très difficiles, d’autres plus heureux. Il a toujours été un soutien précieux. Pour lui, la place de l’humain était au centre de tout. J’ai souvenir de discussions très riches, très intéressantes. Les gens ne le savent peut-être pas, mais je n’ai jamais rencontré quelqu’un d’aussi cultivé. Pierre avait une intelligence rare, une intégrité que peu de gens ont. Aujourd’hui, j’ai perdu un ami, pas un président de fédération.

Pierre Camou et Thierry Dusautoir lors du Test Match contre l'Australie en 2014

Pierre Camou et Thierry Dusautoir lors du Test Match contre l'Australie en 2014Icon Sport

Quelle image conserverez-vous de lui ?

T.D. : (Long silence) Celle d’un homme qui a servi le rugby français, qui a fait tout ce qui était en son pouvoir pour l’aider à grandir. Avec une préoccupation majeure : la place des hommes et des femmes qui font ce sport. Il ne faut pas oublier que, si le rugby féminin a cette place aujourd’hui en France, c’est grâce à lui. Quand j’entends certains, aujourd’hui, se gargariser des résultats des différentes équipes de France féminines, ça me fait halluciner.

Souffrait-il d’un déficit d’image ?

T.D. : Son déficit d’image était lié aux commentaires et jugements de ceux qui s’arrêtaient aux apparences ou ceux qui n’avaient pas son niveau intellectuel pour le comprendre. Mais je vous jure qu’après une discussion avec lui, on était forcément un peu moins con (il fond en larmes, N.D.L.R.).

On vous sent très affecté…

T.D. : Oui, c’est un moment très difficile. Vraiment. En plus, malheureusement, je viens d’arriver au Canada avec ma famille pour les vacances et ça me fait « chier » de savoir que je ne pourrai pas assister à ses obsèques.

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