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Décès Camou - Bernard Lapasset : "Pierre était un homme loyal"

Lapasset : "Pierre était un homme loyal"

Le 16/08/2018 à 08:54

DECES CAMOU - Ancien président de la FFR, Bernard Lapasset a, depuis les banc de la faculté de Bordeaux, été un compagnon de route de Pierre Camou. Il se souviendra "d'un homme loyal, droit et honnête."

Rugbryama : Comment avez-vous réagi au décès de Pierre Camou ?

Bernard Lapasset : C'est un moment difficile. Très difficile. Aujourd'hui, ce n'est pas seulement le rugby qui fait le lien entre nous. Nous nous sommes rencontrés sur les bancs de la faculté à Bordeaux, au cœur d'une période mouvementée puisque c'était en 1968. L'un et l'autre, nous avions chacun nos visions, chacun nos versions, mais nous avions tous les deux ce souci de l'amitié et de la fraternité parce que l'enjeu, c'était la liberté. Nous étions fiers de partager ensemble des moments extrêmement chaleureux. Depuis ce jour-là, nous étions devenus des amis, des alliés. Nous avons partagé tellement de moments ensemble. Ce sont tous ces moments qui me reviennent à l'esprit aujourd'hui et ceux que je vais le plus regretter.

Bernard Lapasset et Pierre Camou lors du match France - Ecosse pour le Tournoi des 6 Nations 2015

Bernard Lapasset et Pierre Camou lors du match France - Ecosse pour le Tournoi des 6 Nations 2015Icon Sport

Pourquoi l'aviez-vous choisi pour vous succéder à la présidence de la FFR ?

B.L. : Quand je suis arrivé à la présidence de la FFR, il était déjà à mes côtés. Il était président du comité Côte Basque-Landes. Et nous avions déjà travaillé ensemble sur de nombreux projets, des modèles de gouvernance. Il a donc été un des mes proches, mon premier vice-président. Et quand, après la Coupe du monde 2007, j'ai été appelé à prendre la présidence de l'IRB, j'ai laissé à Pierre le soin de présidées aux destinées du rugby français. Je lui ai dit : "C'est le moment pour toi. Tu as toute l'expérience nécessaire pour relever ce défi." C'était un moment difficile car le monde professionnel prenait beaucoup d'importance. Mais il a fait son job avec beaucoup d'honnêteté, de droiture. Certains diront qu'il n'en a pas fait assez, peu importe. Dans l'ensemble, il a porté des dossiers très difficiles. Quand il s'est attaqué au développement du rugby féminin, peu de club étaient d'accord avec lui. Il s'est beaucoup battu. Encore une fois, c'était son souci d'une plus grande égalité entre les uns et les autres. Ça, c'était vraiment un de ses combats.

Fabien Pelous, Bernard Lapasset et Pierre Camou soulevant la Coupe du Monde U20 en 2012

Fabien Pelous, Bernard Lapasset et Pierre Camou soulevant la Coupe du Monde U20 en 2012Icon Sport

N'a-t-il pas, parfois, souffert de son image alors que tout le monde s'accorde à dire qu'il était un homme très cultivé ?

B.L. : C'était un homme qui n'avait pas le souci de son image. Avoir une image publique, ce n'était vraiment pas le plus important pour lui. Il l'a d'ailleurs payé très cher, malheureusement. Les commentaires lors de la dernière année de son mandat à la tête de la FFR n'ont pas toujours été juste. Ce n'est franchement pas bien parce que c'était un homme loyal, droit. Un homme qui avait le souci de sa responsabilité et qui allait au bout de ses idées. L'important aujourd'hui c'est ce que pensent ses proches, ses amis. Ceux-là savent qui était vraiment Pierrot.

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