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Capuozzo : "Quand les poules sont sorties, ça m'a fait rêver tout de suite"

Capuozzo : "Quand les poules sont sorties, ça m'a fait rêver tout de suite"

Le 08/09/2022 à 18:15Mis à jour Le 09/09/2022 à 00:33

COUPE DU MONDE - À 365 jours de la coupe du monde 2023 en France, l'arrière ou ailier italien Ange Capuozzo a accepté d'évoquer le sujet avec nous. Celui qui a rejoint Toulouse cette saison a des ambitions élevées et reste lucide quant au chemin restant à parcourir, avant l'échéance finale. L'Italie est dans le groupe de la France et de la Nouvelle-Zélande notamment.

Ce jeudi, nous sommes à un an jour pour jour de la coupe du monde 2023. Qu’est-ce cela vous fait de voir que l’échéance approche ?

Je l'ai vu parce qu'on a reçu les mails de la billetterie ! C'est difficile d'avoir la tête totalement à ça parce qu'on a tellement d'échéances à court terme qu'on ne peut pas se mettre dans la peau d'un joueur qui va disputer la coupe du monde. Forcément qu'on y pense tous les jours, que ça reste un rêve et qu'on se bat en tant que joueur pour avoir sa place dans l'équipe. Mais on ne se projette pas encore à 100% dessus.

Avec votre parcours, il semble évident que vous ne vous attendiez pas à pouvoir la disputer il y a deux ou trois ans...

Il y a deux ou trois ans, c'est sûr que je ne m'imaginais pas la jouer ! Maintenant, j'y crois et ça reste un objectif. Tout ce qu'on fait au quotidien, c'est pour être performant le week-end d'après mais c'est aussi en vue d'être performants dans le long terme. Il y a des efforts qui nous apportent directement et d'autres dont on obtient les résultats un peu plus tard. Je pense notamment au travail qu'on peut faire techniquement ou à l'hygiène de vie. Tout cela a un impact sur le moyen et long terme. Donc à un an pile du mondial, il faut bien penser que tout ce qu'on va faire maintenant aura un impact sur les prochains mois.

L'Italie jouera ses matchs à Lyon, Saint-Étienne et Nice. Pour vous qui êtes Grenoblois, cela doit être encore plus particulier ?

Le fait que ce soit en France pour moi c'est... (il cherche). Quand les poules sont sorties, ça m'a fait rêver tout de suite. Parce qu'il y a, pour moi, énormément de signes qui font que ça serait une super belle histoire. Le fait, par exemple, qu'on ait le camp de base à Bourgoin-Jallieu, qui est l'endroit où j'ai fait mon premier tournoi de rugby, avec Grenoble en U11, est un signe assez exceptionnel. Le fait qu'on soit dans la poule de la France et de la Nouvelle-Zélande aussi, je n'aurais pas pu rêver meilleur tirage.

Même si votre groupe est relevé avec la France, la Nouvelle-Zélande dont mais aussi l’Uruguay et la Namibie...

Effectivement, ça va être dur. Mais quand on parle de beauté du sport et qu'on est passionné, pouvoir jouer la France, c'est exceptionnel. Et les Blacks, on a beau dire ce qu'on veut sur leur état de forme actuel, c'est une équipe qui fait rêver tout joueur de rugby. Je pense que dans une compétition internationale, il y a bien entendu des résultats et des objectifs à remplir. Mais ce qui est important, c'est aussi de représenter son pays de la meilleure des façons.

C'est-à-dire ?

On peut comparer ce mondial aux Jeux olympiques parce qu'il y a les médailles mais aussi l'aspect porte-drapeau. Ce sera notre objectif principal, de représenter un peuple et de porter haut les couleurs de l'Italie. Le rugby c'est un sport d'engagement et si on a le cœur et les tripes qui suivent dans une compétition pareille, on pourra espérer faire de très belles prestations et bien figurer.

Personnellement, vos premières performances ont été remarquées, vous avez hâte de retrouver le maillot italien ?

Bien sûr. On est resté sur un match très compliqué en Géorgie cet été (perdu 28-19) qui a conclu une tournée un peu difficile. On était dans la peau du favori, ce qui est assez rare puisque dans le 6 Nations, on est constamment dans la peau d'un outsider. Là, on a joué des équipes qui voulaient clairement notre scalp, comme le Portugal, la Roumanie et la Géorgie. Il a fallu se battre cet été avec trois matchs difficiles physiquement avec de longs voyages. La tournée reste tout de même positive avec deux victoires mais on a le désir de porter de nouveau le maillot et de faire progresser l'Italie. On a encore trois matchs cet automne et je n'ai qu'une envie, c'est d'y être.

Tournoi des 6 Nations 2022 - La joie des Italiens après la victoire contre le pays de Galles

Tournoi des 6 Nations 2022 - La joie des Italiens après la victoire contre le pays de GallesIcon Sport

La défaite en Géorgie a relancé le débat sur un barrage entre l'Italie et la Géorgie pour jouer le Tournoi des 6 Nations. C'est parvenu à vos oreilles ?

Bien sûr. Après, il ne faut pas se cacher sur le fait que la Géorgie est une nation émergente, qui arrive à placer énormément de joueurs dans des championnats de haut niveau. Ils récoltent aussi le fruit du travail de ces dernières années. On avait le stéréotype du joueur géorgien qui jouait devant mais on voit qu'ils arrivent à former de très bons joueurs même chez les trois-quarts. Donc le sujet se pose pour les amateurs de rugby mais on est assez lucide pour dire que c'était un test match qui s'est joué à l'extérieur.

Vous donnez donc du crédit à cette sélection Géorgienne ?

Je n'ai pas de problème à donner du mérite à la Géorgie sur ce match mais après sur le long terme, je reste assez convaincu de notre force d'équipe et de Fédération. L'Italie est une nation qui met énormément de moyens. De la même sorte qu'il ne faut pas s'enflammer après la victoire face au pays de Galles, il ne faut pas non-plus tout remettre en question après une défaite contre la Géorgie.

Est-ce qu'avec le spectre de la blessure si proche de l'échéance, un joueur a inconsciemment tendance à ne pas se donner à fond pour ne pas risquer sa santé à un an de la coupe du monde ?

Non. J'avoue que c'est une possibilité mais personnellement, je n'y pense pas du tout. Pour moi, si on veut être performant dans plusieurs mois, on ne peut pas mettre le frein à main maintenant. Je pars du principe que si on commence à réfléchir et mettre moins d'engagement, certes on prendra moins de risque et on va éviter les petits bobos, mais on ne deviendra pas un meilleur joueur et on ne sera pas prêt pour ces échéances-là. Le but n'est pas seulement de participer à la coupe du monde, mais d'être performant et de donner le meilleur de nous-même.

Pour vous, cela est d'autant plus compliqué vu que vous devez trouver une place avec Toulouse…

Également, oui. Je pense même qu'à trop réfléchir, c'est là que les blessures peuvent arriver. Il faut prendre un peu de légèreté. On est dans un sport de contact où les blessures font partie intégrante de notre vie de sportifs. Tout le monde sait que ça peut arriver et ça nous aide dans ces moments là. Tout le monde l'a accepté et si une blessure doit arriver, eh bien elle arrivera et c'est juste la vie qui est faite comme cela.

Pensez-vous avoir pris un risque en rejoignant Toulouse, où vous jouerez forcément moins qu’à Grenoble ?

Non, je pense l'inverse. Si j'ai vraiment j'ai des objectifs de participer à la coupe du monde et d'y performer, autant faire bien les choses. Je pense que j'ai pris la très bonne décision en rejoignant Toulouse parce que ça va me permettre de grandir, de progresser techniquement et physiquement et de pouvoir monter à un très gros rythme pour me préparer à des matchs de très haut niveau. Je suis persuadé que je suis à bonne école.

Top 14 - Ange Capuozzo (Toulouse)

Top 14 - Ange Capuozzo (Toulouse)Icon Sport

Vous en aviez parlé avec le staff italien ?

On en avait discuté oui. Je pense que malgré tout c'est un club qui aspire confiance. Il est dans la position du club qui produit énormément de jours de très haut niveau et fait progresser ses mecs dans un environnement stable et sain. Je suppose que pour un sélectionneur, avoir un de ses joueurs dans un environnement sain est positif. Après, il y a la loi du sport donc on ne sait pas si on va jouer ou pas mais au moins on est dans cet environnement.

Au final, comment se passe votre intégration à Toulouse ?

Très bien. Le groupe vit très bien et je n'ai aucun souci d'intégration. Je pars du principe que je dois respecter le groupe vu que je suis un joueur qui arrive. Pour l'instant, je me sens très bien et je sens que je progresse, ne serait-ce que sur les deux derniers mois où j'ai intégré l'équipe. Je suis très optimiste et je garde cette flamme qui m'encourage à aller aux entraînements tous les jours pour intégrer ma première feuille de match.

Pensez-vous jouer plutôt à l’aile qu’à l’arrière en raison de la forte concurrence ?

Je pense qu'on a un système de jeu où on peut avoir un numéro dans le dos mais pas forcément le rôle qui va avec. On le travaille à l'entraînement et, sans rentrer dans le détail, que j'ai dans le dos le 11, le 15 ou le 14, le but du jeu reste que j'apporte à l'équipe avec mes qualités. Donc c'est une possibilité que je sois décalé à l'aile mais je ne pourrais pas le dire tant que les coachs n'ont pas pris leur décision.

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