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Atcher : "Je le dis haut et fort : achetez dès que vous le pouvez…"

Atcher : "Je le dis haut et fort : achetez dès que vous le pouvez…"
Par Emmanuel Massicard via Midi Olympique

Le 12/03/2021 à 14:47Mis à jour Le 15/03/2021 à 14:15

COUPE DU MONDE 2023 - Vendredi dernier, à trois jours de l’ouverture de la première phase de la billetterie, le patron de l’organisation, Claude Atcher, se confiait sur les enjeux de ce mondial qui doit toucher le cœur du rugby français et élargir la "famille"...

Il y a quinze jours vous dévoiliez le calendrier de la Coupe du monde 2023. Est-elle devenue concrète ?

De manière automatique, oui. Tout le monde sait dans quelles villes vont jouer les équipes, et quand. Nous avons franchi un nouveau cap après le tirage au sort (14 décembre, N.D.R.L.) qui avait contribué à structurer le programme sportif. Désormais, chacun peut se projeter, et appréhender la manière avec laquelle il va participer à la Coupe du monde dont nous avons changé le format.

Vous parlez de son passage de 45 à 51 jours ?

Oui. C’est un changement radical : chaque joueur bénéficiera de cinq jours de repos entre les matchs. Vous l’imaginez, cela ne s’est pas fait sans discussion en raison de l’augmentation des coûts mais nous avons obtenu d’allonger la durée de la compétition afin de protéger la santé des joueurs et leur donner les moyens d’être encore plus performants. Au final, nous avons un calendrier plus souple et plus cohérent. Nous n’avons plus à subir le casse-tête d’avoir à faire rentrer 40 matchs de poules en quatre semaines, ce qui conduisait à positionner des rencontres ou des temps de repos qui n’étaient pas optimums. Ce calendrier va donner un nouveau souffle à l’événement, avec cinq jours de compétition par semaine et beaucoup de rendez-vous en prime time qui nous offriront la garantie de toucher un maximum de téléspectateurs. Enfin, la répartition par ville hôte a été travaillée dans le détail et chacune d’entre elles bénéficiera d’un calendrier attractif. Tous les retours qui me sont parvenus sont positifs à 100 %. Cela contribue au fort sentiment d’adhésion qui nous porte.

Allonger la compétition présente le risque de créer du "vide" en dehors des matchs. Comment faire vivre le Mondial hors des stades ?

N’exagérons rien, il n’y a que deux jours sans match par semaine (lundi et mardi). Ensuite, rassurez-vous : dès le lancement du comité d’organisation, nous avons créé un comité de joueurs (*) qui aura un rôle important à assumer pour faire changer les mentalités et engager les 660 joueurs autour de principes qui nous sont chers. D’abord, autour d’actions "RSE" pour qu’ils ne soient plus seulement des sportifs mais des acteurs sociétaux ; ensuite, ils devront être proches des supporters ; enfin, chacun va parrainer un club amateur français. J’avais promis que ce Mondial serait exceptionnel et qu’il dépasserait le cadre d’une compétition sportive, en voilà les premiers éléments concrets.

On parle beaucoup des succès de la Coupe du monde. Concrètement, quels sont-ils ?

Permettez-moi d’être prudent et de considérer que nous enregistrons des signes positifs importants en matière de notoriété, d’engagement et d’attractivité. Partout, à chaque fois que nous avons pris la parole, l’audience a été au rendez-vous. Pour autant, nous ne sommes qu’à mi-chemin. Nous n’avons pas livré la Coupe du monde et nous nous focalisons sur la transformation de ces signaux positifs en engagements concrets.

Lundi sera ouverte la première phase de vente de billets pour la Coupe du monde. Comment abordez-vous cette étape ?

Je vous livre quelques chiffres importants : la "famille France 2023", autrement dit les gens qui se sont inscrits sur notre site pour profiter de la période de prévente (15 mars au 6 avril), compte 400 000 personnes ! Sachant qu’une personne achète en moyenne 2,3 billets et que nous avons 1,4 million de billets pour la vente au grand public, nous avons théoriquement besoin de 500 000 clients. Potentiellement, c’est un succès hallucinant.

Sauf que personne n’a rien acheté pour le moment.

Et c’est bien pour ça que je parle de succès potentiel. N’empêche, cela dépasse toutes nos attentes puisque nous visions une communauté de 100 000 personnes en 2021 et 600 000 en 2023.

Vidéo - Revivez le tirage au sort des poules du Mondial 2023 !

01:26:47

Avez-vous peur d’être débordé ?

Cela va nous imposer une gestion extrêmement détaillée du nombre de places allouées par match, par catégorie et typologie de population. Il ne faudra pas louper de vente. Mais cela ne nous fait pas peur. Comment avoir peur, d’ailleurs ? Je serai en droit d’avoir peur si nous n’avions que 50 000 inscrits. En l’état, nous aurons à gérer un engouement qui porte notre promesse : cette Coupe du monde va être exceptionnelle. Je l’ai dit depuis un moment et il y a de plus en plus de signes qui en attestent.

Est-ce à dire que toutes les demandes de places ne pourront être servies ?

J’en prends l’engagement et c’est ma responsabilité : il y aura des billets pour tout le monde dans chaque phase de vente (lire ci-contre). Mais attention, il ne faudra pas perdre de temps. L’année 2021 sera importante en matière de volume de vente et elle va forcément conditionner les autres phases. Souvenez-vous de ce que j’ai dit il y a quelques mois : nous avons l’ambition de vendre 100 %, donc. Nous mettons donc en place une politique commerciale qui nous permettra d’y parvenir.

Cela veut dire que le public doit aller vite ?

Notre message est clair : il y a beaucoup de billets à vendre mais il y a beaucoup d’enthousiasme. Nous ne pouvons donc pas garantir que, jusqu’au bout, les gens pourront acheter des billets. La Coupe du monde n’échappe pas à la règle du "premier arrivé, premier servi". Je le dis haut et fort : achetez dès que vous le pouvez.

Combien de billets seront mis en vente lors de la première phase qui s’ouvre lundi ?

Il y aura 60 000 packs, donc de 250 à 300 000 billets. Autre preuve de l’enthousiasme, depuis le 26 février, les agences de voyages à l’étranger ont déjà vendu 300 000 billets quand nous en espérions 110 000. On ne peut pas aller plus loin. Un exemple : depuis l’annonce du calendrier, le match Angleterre - Japon à Nice est hyperdemandé ; sauf qu’il n’y a que 36 000 places ! Ce match aurait fait le plein au Stade de France, j’en suis certain. Mais nous avons clairement accepté de faire moins de recettes pour renforcer l’attractivité globale du programme des matchs dans chaque ville.

" Tout français porte l’espoir que l’on soit champion du monde ! "

Le public rugby sera servi ?

Oui. Près de 70 % des billets seront réservés au grand public. Il y aura quasiment 1,8 million de places pour le grand public, fans et supporters sur un total de 2,6 millions de tickets mis à la vente. Encore une fois, aujourd’hui tout est ouvert et la famille du rugby ne sera pas oubliée. Au contraire même, nous avons prévu un accès direct sur notre site pour les clubs amateurs. Une fois authentifiés, ils pourront faire des demandes d’achats de packs en nombre. Dans le détail, chaque commande sera traitée individuellement et suivie pour vérifier qu’il n’y aura pas d’hospitalités "sauvages" vendues par des personnes peu scrupuleuses qui voudraient se faire du fric sur le dos de la Coupe du monde. Que ces gens n’oublient pas que les billets sont dématérialisés et que nous pourrons les annuler jusqu’au dernier moment si nous avons la preuve qu’ils ne respectent pas les conditions générales de vente. On se protège, évidemment. Mais on donne la possibilité aux clubs et licenciés d’acheter des billets en nombre. Ce n’est pas neutre et c’est pour nous l’assurance d’offrir une vraie Coupe du monde du rugby. Je suis issu de la famille, hors de question de la laisser sur le bord de la route même si nous voulons évidemment toucher le grand public. On offre donc des éléments de privilèges aux gens du rugby, à eux de s’en saisir.

Comment atteindre les 100 % de vente, ce qui n’a jamais été atteint ?

Nous parlerons à toutes les populations. Nous leur dirons que cette Coupe du monde sera le premier grand événement en sortie de crise "Covid", que ce sera une formidable occasion de se retrouver et de partager la fête. Vous l’imaginez, pour atteindre les 100 % il faudra dépasser le strict cadre de la compétition sportive et du terrain.

" Nous n’avons qu’une envie : retrouver l’équipe de France sur le terrain, dans la même dynamique que nous l’avions quittée"

Avez-vous le sentiment que la politique tarifaire mise en place est aussi bien acceptée que vous le dites ?

C’est toujours une question d’équilibre entre accessibilité et prestige. On a des places chères et c’est parfaitement assumé. Les gens qui voudront voir les quatre matchs de l’équipe de France en première catégorie devront payer 1 300 euros. Oui, c’est normal. Parce que cela nous permet de financer les places à 15 euros. Je dois respecter l’équilibre global de mes recettes "billetterie". Et il n’y aura pas que des places chères puisque dans tous les packs les catégories 4 seront accessibles : pour voir les Bleus, revenons-y, les premiers prix sont à 260 euros pour l’ensemble des matchs de poule. Cette gamme de prix représente à peu près 20 % des billets. à Toulouse, par exemple, le pack "3 matchs" débutera à 58 euros. On ne peut pas faire moins. Dernier élément : la billetterie sociale. On va directement proposer aux collectivités partenaires d’acheter 100 000 billets à tarifs préférentiels. Cela permettra d’inviter des populations spécifiques, sur la base de projets.

Comment considérez-vous la concurrence des Jeux olympiques de Paris 2024 ? Cela a dicté ce calendrier de vente de la billetterie dès 2021…

Nous ne sommes pas en concurrence. France 2023 n’a rien à voir avec les JO : il émerge du territoire français, se construit tous les jours sur du concret et des principes vertueux, avec la volonté d’être inclusif, de participer à la protection de l’environnement et le souci de valoriser nos territoires. Ceci dit, son tempo protège clairement nos intérêts. Depuis le départ, je savais que nous devrions ouvrir la billetterie avant les JO. Au final, cette fenêtre de mars 2021 est particulièrement bien choisie, avec une sortie de crise qui semble poindre et un élan sportif qui s’est renforcé autour du XV de France. Tout français porte l’espoir que l’on soit champion du monde ! Cet engouement, j’y reviens, est une force extraordinaire.

Avez-vous craint que le cluster qui a récemment frappé l’équipe de France puisse avoir un impact négatif sur la Coupe du monde et le lancement de la billetterie ?

Pas du tout. Nous sommes très loin de ça et nous ne sommes pas du tout partie prenante. Cela concerne la fédération, c’est tout. Nous n’avons qu’une envie : retrouver l’équipe de France sur le terrain, dans la même dynamique que nous l’avions quittée.

Pour terminer, vous avez choisi de lancer la Coupe du monde avec l’affiche France - Nouvelle-Zélande. Avez-vous senti un engouement supplémentaire ?

Tout le monde ne nous parle que de ce match mythique qui va lancer la Coupe du monde de manière exceptionnelle ; nous ne pouvons pas passer à côté même si nous perdons de l’argent puisque nous avons un match prestigieux en moins à vendre… La demande va être très très forte, nous le savons parfaitement, notamment sur les packs Nouvelle-Zélande et France. En achetant les quatre matchs de ces pays, on a automatiquement le match d’ouverture. Quitte à revendre, plus tard, certains billets sur la plateforme officielle que nous mettrons en place en 2022. Ce match est une énorme locomotive.

Billetterie mode d’emploi

Ce lundi débute la prévente (15 mars à midi au 5 avril) réservée aux membres de "Famille 2023" (programme gratuit ouvert à toutes et à tous ; inscriptions s’achèvent le samedi 13 mars à minuit). Ces personnes pourront acheter des packs "villes" et les packs "équipes". Il n’y aura pas de vente de billets à l’unité avant 2022. Du 15 au 17 mars, la prévente est ouverte aux détenteurs de carte Mastercard inscrits à "Famille 2023". À compter du 18 mars, l’ensemble des membres de "Famille 2023" pourra acheter des packs.

À compter du 6 avril 2021, les packs "villes" et packs "équipes" seront accessibles pour le grand public. La vente de billetterie à l’unité débutera en septembre 2022. Il y aura de la disponibilité sur l’ensemble des produits (catégories et prix) à chaque étape de commercialisation.

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