• Coupe du Monde Féminine - Gaëlle Hermet (France)
    Coupe du Monde Féminine - Gaëlle Hermet (France)

Hermet : "Il nous manque ce déclic offensif"

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COUPE DU MONDE FEMININE – A la veille du dernier match de poule contre les Fidji, la capitaine du XV de France Féminin Gaëlle Hermet évoque le match à venir, exhorte ses coéquipières à reproduire la même performance défensive que contre l’Angleterre, mais reconnaît qu’elles doivent franchir un cap offensif.

Comment abordez-vous ce match contre les Fidji qui a tout du match piège ?

C’est exactement ça. On les a analysées d’abord. Elles ont un jeu épatant, elles jouent à l’instinct, dans toutes les zones du terrain, dans le désordre. On ne voit pas un système de jeu, et on a pas l’habitude d’affronter ce genre d’équipe, d’autant que ce sera la première fois que l’on s’affronte. L’enjeu pour elles est énorme : il s’agit d’une qualification. On doit reproduire la même défense que la semaine dernière, tout en étant encore plus connectées parce qu’elles jouent beaucoup debout avec des offloads.

Elles n’ont pas grand-chose à perdre, et elles jouent un peu à domicile…

Tout à fait. Elles ont tout pour elles. Cette équipe transpire le plaisir, le fait de jouer avec passion, d’oser des choses sans être enfermée dans un schéma de jeu.

On vous sent inhibées sur le terrain. Ne devriez-vous pas vous en inspirer, aussi ?

Oui, un peu. Nous on a besoin de structure de jeu, mais j’ai envie de dire qu’elles sont hyper inspirantes parce qu’elles respirent la liberté de jouer. À l’instinct, comme elles le veulent. Offensivement, on peut s’inspirer d’elles.

Vous récupérez votre brassard de capitaine. Quel bilan tirez-vous du passage de Céline Ferer à ce poste ?

"Grande", elle incarne toutes les valeurs que l’on peut chercher chez une capitaine. Même si elle ne le porte pas, elle l’a naturellement car elle fédère énormément au sein du groupe. On a envie de la suivre, comme d’autres. Elle l’a très bien incarné et elle a apporté de la sérénité et du leadership au groupe.

Votre genou a bien tenu contre l’Angleterre, au vu de votre performance ?

Je suis entrée dans un contexte particulier, sur la blessure de Romane. Je suis très heureuse de pouvoir réintégrer le groupe et de jouer contre cette nation parce que j’adore la regarder à VII. J’espère qu’on va y mettre le même engagement que la semaine prochaine tout en produisant plus de jeu. Pour nous faire plaisir, mais aussi au public. Il nous manque ce déclic offensif, pour retrouver ce jeu à la française.

D’où vient ce blocage offensif ?

C’est une accumulation de choses qui font qu’on n'arrive pas à mettre notre jeu en place. Pourtant, on sait jouer, on sait produire de belles choses. Il suffit de regarder quelques matchs en arrière. On a besoin de retrouver de la confiance individuelle pour que cela impacte collectivement le groupe, et que chacune se lâche, tout en restant dans notre plan de jeu.

Y a t-il un avant et un après le match de l’Angleterre ? Pas forcément sur le terrain mais dans le groupe ?

Oui, clairement. Défensivement, on a retrouvé ce que l’on était, les "Humbles et Affamées". On l’avait perdu. Maintenant il faut le garder et le valider sur la suite de la compétition. Ce match nous a fait du bien, même si le résultat n’y est pas. Et ce qui a permis cela, ce sont les liens forts qui nous unissent et sur lesquels on s’est appuyés toute la semaine. On s’est mobilisées entre nous parce qu’on a un potentiel énorme. Enfin, les blessures de Laure et Romane nous ont impactées. Quand je suis entrée en jeu, j’avais peur de cet impact sur le groupe. Mais on a toutes basculé : cela montre que l’on veut aller chercher quelque chose, entre nous. Leurs blessures nous ont donné encore plus envie de se battre pour elles.

Comment évaluez-vous la force de caractère de ce groupe, et jusqu’où peut il vous amener ?

C’est quand on vit des moments comme ça que l’on s’en rend compte. Perdre deux joueuses comme ça, et surtout Laure qui a terminé sa compétition, c’est dur. Mais dans ces situations, c’est le groupe qui prend le relais sur des moments comme ça. Quand on forge un groupe, on peut aller très, très loin.