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Leguizamon : "J’ai passé 15 années à vivre un rêve de gosse"

Leguizamon : "J’ai passé 15 années à vivre un rêve de gosse"

Le 14/10/2019 à 20:00Mis à jour Le 15/10/2019 à 07:13

COUPE DU MONDE 2019 - Porté en triomphe par ses coéquipiers sur la pelouse du Kumagaya Rugby Stadium, Juan Manuel Leguizamon s’est offert une dernière sortie avec les Pumas, à 36 ans, lors du succès face aux États-Unis (47-17) ; sa 87e sélection faisant du troisième ligne le deuxième joueur le plus capé de l’histoire de l’équipe argentine.

Rugbyrama : Quel est votre premier sentiment après ce match ?

Juan Manuel Leguizamon : Je suis très content d’avoir pu jouer un dernier match durant cette Coupe du Monde. Je me sens fier. J’ai ressenti beaucoup de choses, comme lorsque j’ai vu ma famille et mes amis dans les tribunes. Chaque occasion de revêtir le maillot de la sélection argentine est toujours un moment très fort. Et le fait d’avoir pu faire un très bon match renforce ce sentiment de joie.

C’était un moment spécial pour vous, la dernière en sélection !

JM.L : Ce fut un grand jour pour moi, même si les jours qui ont précédé aussi. C’était un peu dur. Beaucoup de souvenirs ont ressurgi. J’étais très ému car c’était l’adieu au maillot argentin qui est pour moi le plus important de tous. Je l’ai défendu pendant quinze ans mais j’aimerais pouvoir continuer encore un petit peu dans le rugby professionnel, bien qu’il est temps de laisser la place.

Les sensations doivent être particulières car il y a la dernière avec beaucoup d’émotion, et il s’agit en même temps d’une élimination pour l’Argentine…

JM.L : Malgré cette émotion et toutes ces sensations, il y a la frustration de voir l’équipe être éliminée dès la phase de groupes. C’est difficile pour nous car nous nous étions beaucoup préparés pour ce Mondial, donc c’est encore plus frustrant alors que notre envie était de faire une grande phase de groupes. Il va falloir que tout le monde apprenne de cela et progresse. Et la meilleure forme de progression est de faire son autocritique, et voir ce qui a été fait de bien ou de mal. Je ne me fais aucun souci quant au fait que cette équipe va continuer à progresser. Nous sommes dans un apprentissage permanent. Je n’ai pas de doutes quant au fait que les quatre années qui vont arriver seront bonnes pour faire un grand Mondial en France.

Au regard de votre expérience, qu’est-ce qui justement a été bon ou mauvais ?

JM.L : Nous avons fait beaucoup de bonnes choses mais les matchs durent 80 minutes et nous avons eu beaucoup de trous, nous avons traversé des moments difficiles comme contre la France en première période ou contre les Tonga en seconde période. Et il s’est passé ce qu’il s’est passé contre l’Angleterre… L’autocritique doit être faite dès à présent pour que les quatre années qui arrivent soient exceptionnelles. Il faut prendre du plaisir, profiter et mesurer sa chance quand on porte ce maillot qui est le plus grand de tous. Mais je n’ai aucun doute sur le futur.

" Je souhaite que l’on se souvienne de moi comme un joueur d’équipe"

Quelle était l’ambiance dans le vestiaire avant et après ce match ?

JM.L : Nous étions quand même très contents. Nous avons réussi à mettre de côté la frustration, à vider les têtes et cela s’est vu dans les attitudes. Il fallait tourner la page pour continuer à avancer, jouer ce match et en profiter. Nous avons vécu de manière très intense ce moment. Après le match contre l’Angleterre, nous avons quand même réussi à vivre des moments incroyables. J’ai pu vivre des moments incroyables et particuliers. Il y a eu beaucoup d’accolades plus que sincères.

Quels ont été les mots de Mario Ledesma et de Juan Martin Fernández Lobbe ?

JM.L : Ces choses doivent rester en interne. Nous nous sommes salués de manière sincère. Nous avons vécu beaucoup de choses ensemble. Ce que je pense, je le garde pour moi. Ce sont deux personnes restées proches de moi pendant quinze ans. Juan Martin m’a laissé une lettre dans le vestiaire, très émouvante.

Alors quels sont les souvenirs qui ressortent désormais ?

JM.L : Après quinze ans, ce qui me vient à l’esprit, ce sont ces quatre Coupes du Monde (2007, 2011, 2015 et 2019, ndlr). On a beau regarder la chose dans tous les sens, j’ai passé quinze années à vivre un rêve de gosse. C’est fort (il souffle) ! Il est difficile de mettre des mots. Il faut savoir passer la main. Je souhaite que l’on se souvienne de moi comme un joueur d’équipe.

De quoi sera maintenant fait votre futur ?

JM.L : Je ne le sais toujours pas. Ce qui est sûr, c’est que je ne rejouerai pas avec les Pumas. Et je ne sais pas non plus si je continuerais avec les Jaguares. Mais j’aimerais jouer encore un peu au niveau professionnel. J’ai encore beaucoup d’envie. Je me sens bien. Ne vous inquiétez pas. J’ai profité de la dernière saison avec les Jaguares mais je ne l’ai pas vécue comme si c’était la dernière. Les quatre dernières années avec les Jaguares ont été exceptionnelles, j’ai vécu au jour le jour avec de vrais amis. Mais je n’ai rien défini. Je ne ferme aucune porte. Je veux jouer.

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