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Hirose : "Les Japonais sont maintenant fiers de porter le maillot de l’équipe nationale"

Hirose : "Les Japonais sont maintenant fiers de porter le maillot de l’équipe nationale"

Le 12/10/2019 à 11:12

COUPE DU MONDE 2019 - L’ancien capitaine des Brave Blossoms, Toshiaki Hirose, s’est confié pour Rugbyrama sur ce Mondial japonais, la ferveur autour de l’équipe nationale et les enjeux pour le rugby japonais.

Rendez-vous est pris avec l’ancien ouvreur ou ailier du côté de la gare de Tokyo, et très vite l’on se rend compte de l’importance de ce personnage, au sourire contagieux, aux yeux des Japonais. Toshiaki Hirose compte 28 sélections avec les Brave Blossoms entre 2007 et 2015, dont 18 en tant que capitaine. Retraité depuis 2016, l’ancien joueur des Toshiba Brave Lupus conserve une énorme cote de popularité auprès des supporters, comme en témoigne les nombreux passants qui l’interpellent pour une photo ou tout simplement un simple salut amical. Entretien.

Rugbyrama : Quel est votre sentiment sur l’atmosphère au Japon depuis le début de cette Coupe du Monde ?

Toshiaki Hirose : Je dirais que c’est très impressionnant. De nombreux étrangers venus au Japon et je pense qu’ils profitent de cette Coupe du Monde mais pas seulement, à la fois des différentes villes, de la nourriture, des boissons, etc. Et du point de vue des Japonais, beaucoup d’entre eux regardent le rugby. Le dernier match face aux Samoa a attiré 32% des téléspectateurs ! Je suis donc très content de cela, que les gens s’intéressent au rugby.

Vous vous attendiez à un tel engouement ?

T.H. : Sincèrement, non… C’est bien au-dessus de mes attentes. Honnêtement, je pense que la victoire du Japon face à l’Irlande, mais aussi celle face aux Samoa, ont contribué. De plus, de juillet à septembre, nous avons eu la diffusion d’une série japonaise à la télévision intitulée « No Side Game » qui a montré aux Japonais les coulisses du rugby. Les personnes qui ne comprenaient pas ce qu’était le rugby ont pu le découvrir, et de suite après la diffusion, la Coupe du Monde a débuté et ils se sont mis à regarder les matchs.

Du coup, on constate que les matchs du Japon provoquent à chaque fois un incroyable engouement de la population. Est-ce toujours comme cela ?

T.H. : Ça n’a pas toujours été comme ça… La Coupe du Monde est un moment spécial. Il y a dix ans, de nombreux Japonais qui regardaient le rugby ne portaient pourtant pas le maillot et ne chantaient pas l’hymne national. Mais maintenant c’est le contraire. Ils en sont fiers et c’est la plus grosse différence. Je pense également que la façon de jouer de l’équipe est très bonne. Il y a une belle technique, de la vitesse et cela a toujours été la même philosophie.

Coupe du monde 2019 - Kotaro Matsushima (Japon) marquant un essai contre la Russie en ouverture du Mondial

Coupe du monde 2019 - Kotaro Matsushima (Japon) marquant un essai contre la Russie en ouverture du MondialIcon Sport

Le niveau de l’équipe est bon. Sincèrement, avant le match contre l’Irlande, je pensais que nous allions perdre mais l’équipe a fait le match parfait. Ce fut dur mais l’Irlande n’a pas non plus livré la meilleure des performances. Et tout le monde était au soutien de l’équipe.

Vous êtes du coup confiant pour la suite de la compétition ?

T.H. : Oui bien sûr ! Nous pouvons atteindre les quarts de finale. Je l’espère. J’espère même mieux aussi… Mais si nous allons en quarts, nous allons peut-être devoir affronter l’Afrique du Sud et ce sera un match très difficile.

Quelle est la principale qualité de cette équipe japonaise ?

T.H. : Je pense que c’est sa technique et son endurance. La défense est également bonne. Je pense que les joueurs ont confiance en eux et en leur capacité à être une bonne équipe. Il y a un bon état d’esprit dans le groupe. Cette équipe cherche toujours à déplacer le ballon, et a beaucoup de courage. Si nous avons une chance, il faut tenter le coup. Il y a plusieurs niveaux d’expérience mais je pense que ce groupe est justement devenu une véritable équipe. Les joueurs évoluent ici au Japon et les clubs ne sont pas composés uniquement de joueurs locaux. Ils ont pu profiter de l’apport de joueurs venus de Nouvelle-Zélande, d’Australie, des Tonga ou des Samoa pour progresser. Et des joueurs devenus Japonais ont également apporté quelque chose et cela a permis à l’équipe de s’améliorer.

Toshiaki Hirose face à Yannick Jauzion - Barbarians-Japon le 25 novembre 2012

Toshiaki Hirose face à Yannick Jauzion - Barbarians-Japon le 25 novembre 2012AFP

Qu’avez-vous ressenti quand vous étiez le capitaine de cette équipe ?
T.H. : Ce fut un grand d’honneur. Quand l’équipe du Japon gagne, tout le monde est content alors j’étais fier de cela. Avant la Coupe du Monde 2015, nous n’avions pas gagné le moindre match de Coupe du Monde depuis 24 ans (contre le Zimbabwe en 1991, ndlr) ! Donc nous n’avions pas véritablement cette confiance nécessaire. Mais en 2015, nous avons remporté trois matchs ce qui a donné de la confiance. Je suis donc très heureux d’avoir contribué à cela. J’ai porté à 28 reprises ce maillot, et chaque fois cela fut très spécial, différent. Puis Michael Leitch est devenu le capitaine, on s’apprécie. Être capitaine, c’est une grosse responsabilité. Si le capitaine est bon, l’équipe sera bonne. Voilà pourquoi il ne faut pas non plus faire reposer la responsabilité que sur un seul joueur.

" Nous ne pouvons pas contrôler la météo"

Le contexte actuel est spécial au Japon avec le passage du typhon Hagibis. Des matchs ont été annulés, et il y a un doute sur la tenue d’autres rencontres. Que pensez-vous de cela ?

T.H. : Je pense que c’est normal. C’est la faute à pas de chance. J’ai entendu parler de la question des plans B. Mais cela est difficile du point de vue des installations mais aussi pour maintenir la sécurité de tous, et assurer la présence de volontaires. Mais ce Japon-Ecosse est en effet le plus important des matchs. Et nous savons que si nous ne gagnons pas ce match, il est possible que nous n’allions pas en quart de finale. Il faudra gagner ! Ce ne serait pas une bonne chose si ce match venait être à annulé ou reporté.

De notre point de vue, ce typhon est quand même vu avec œil particulier alors que l’on ne sent pas de stress particulier ici au Japon.

T.H. : Nous sommes préparés à cela. Il n’y a pas de stress particulier, pas de panique. Et nous ne pouvons pas contrôler la météo…

" Nous devons mettre en place une Ligue professionnelle"

Pour en revenir à cette Coupe du Monde au Japon, c’est une incroyable opportunité de promouvoir le rugby dans le pays.

T.H. : Je le pense. Mais devons aussi faire quelque chose à l’échelle de l’Asie en aidant des pays comme Hong Kong, Singapour ou la Thaïlande. Par la suite, nous devrons mettre en place une Ligue professionnelle au Japon et avoir davantage d’académies. Beaucoup de joueurs japonais ne sont actuellement pas professionnels et appartiennent à une entreprise. Et ces mêmes entreprises ne gagnent pas d’argent avec le rugby, ou très peu. Avec une Ligue professionnelle, elles pourront gagner de l’argent et dégager plus de recettes de billetterie. Aujourd’hui, beaucoup de joueurs partagent leur journée entre le rugby et le travail. Dans certaines entreprises, des joueurs ne travaillent pas pendant la saison. Cela dépend. Ce sera aussi la dernière saison des Sunwolves en Super Rugby alors que nous avons besoin de grosses confrontations. Voilà pourquoi il faut ce type de championnat.

Et pendant ce Mondial, quel est votre rôle ?

T.H. : Mon rôle est de promouvoir le rugby, l’intégrité, la passion et le respect. Et je mène aussi un projet baptisé « scrum unison » qui consiste à faire chanter les hymnes des différents pays par les locaux dans les stades, les fan zones, les pubs. Nous avons également une chaine YouTube et nous pensons que c’est une super manière d’accueillir les supporters.

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