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Webb : "Dimanche, je serai un supporter comme un autre"

Webb : "Dimanche, je serai un supporter comme un autre"

Le 16/10/2019 à 17:22

COUPE DU MONDE 2019 - Devenu Toulonnais à l'été 2018, le demi de mêlée gallois aux 33 sélections a mis sa carrière internationale entre parenthèses. C'est donc en qualité de supporter, et avec beaucoup de recul, que Rhys Webb suivra le quart de finale, dimanche.

Rugbyrama : Rhys, où serez-vous dimanche à 9h15 ?

Rhys Webb : Hum, je ne sais pas encore. J'espère qu'on va s'imposer contre Bayonne, samedi. Ainsi on ira boire quelques bières avec les mecs après le match. Du coup dimanche je pense que je serais au lit avec une gueule de bois (rires). Non, plus sérieusement, je pense être avec l'équipe. Ou au moins avec les Français. On va regarder le quart de finale ensemble. Ça va être intense !

Vous serez seul contre tous...

R.W. : Dans mon dressing j'ai un maillot moitié France-moitié Pays de Galles, alors je vais le mettre !

Sérieusement ?

R.W. : Non ! Je ne mettrai pas de maillot dimanche. Je serai en mode détente. Par contre mes trois enfants, qui sont rentrés au Pays de Galles, je suis certain qu'ils seront à fond... Deux sont nés quand j'étais à Swansea, et un est né à Toulon. C'est un p'tit Français. Alors peut-être qu'on va s'amuser à lui mettre un maillot bleu. Il doit assumer son sang français, face à ses deux frères (il éclate de rire) !

Que représente ce match ?

R.W. : Un quart de finale de Coupe du monde, par définition, c'est un match "rare". Pour les deux équipes, ce sera certainement le match le plus important des quatre dernières années, et des quatre prochaines... enfin sauf pour l'équipe qui passera (sourire).

Tournoi des 6 Nations - Rhys Webb, le demi de mêlée du pays de Galles - 6 février 2015

Tournoi des 6 Nations - Rhys Webb, le demi de mêlée du pays de Galles - 6 février 2015Icon Sport

Comment analysez-vous le début de Coupe du monde de la France ?

R.W. : C'est l'une des équipes dont on parle le plus, avec le match annulé contre l'Angleterre, notamment. Aussi par le fait qu'il y a énormément de joueurs talentueux. Maintenant, ils sont capables de jouer 50 minutes parfaites et de s'éteindre sans raison. Ça va être un match incroyable. Mais je pense que ça devrait passer pour le Pays de Galles...

Les Gallois sont donc favoris, selon vous ?

R.W. : Clairement.

Quelles sont les principaux points forts du Pays de Galles ?

R.W. : Pour moi, le plus impressionnant c'est la précision dans les airs. C'est très difficile de récupérer un ballon aux Gallois sur une chandelle, par exemple. Puis le groupe est extrêmement complet, et toujours bien préparé. Côté français, il y a deux choses à surveiller : les qualités individuelles des joueurs, et la capacité à contre-attaquer. Ça va souvent de paire, mais les Gallois devront être très attentifs sur les phases de désordre.

Dans quel état d'esprit serez-vous au coup d'envoi ?

R.W. : Je ne serai pas stressé. J'espère que le Pays de Galles gagnera, évidemment, mais je sais que je ne contrôlerai rien, alors je ne vais pas me mettre la tête à l'envers. Dimanche, je serai un supporter comme un autre. Je regarderai le match, avec des mecs sympas et je suis sûr que la journée sera belle. Quoi qu'il advienne après 80 minutes.

Tournoi des 6 Nations - Rhys Webb (pays de Galles) face à l'Italie - 19 mars 2016

Tournoi des 6 Nations - Rhys Webb (pays de Galles) face à l'Italie - 19 mars 2016Icon Sport

Allez-vous envoyer des messages à certains joueurs ?

R.W. : Pas à des "joueurs" mais à mes amis ; comme Dan Biggar ou Justin Tipuric. Simplement, "bonne chance, éclatez-vous". C'est assez spécial de suivre un match comme ça... En évoluant en France, et en ne prenant plus part aux rassemblements, je suis véritablement sorti de l'équipe ou de l'atmosphère qui précède un choc. Je n'ai aucune pression avant un match, aussi important soit il. Et quelque soit le résultat dimanche, ça ne changera pas mon quotidien.

En 2011 vous n'étiez pas encore international. Quel souvenir gardez-vous de la demi-finale ?

R.W. : Celle où Sam (ndlr Warburton) a reçu un carton rouge ?

Exact.

R.W. : Je n'en ai aucun souvenir, si ce n'est le carton de Sam... Difficile pour moi d'en parler. Qui avait gagné ? La France ? Non, ça ne m'a pas marqué.

Vous avez joué trois fois contre le XV de France, pour deux victoires et une défaite...

R.W. : (il coupe) J'ai perdu contre la France, moi ? Ah oui, le coup des mêlées...

Tournoi des 6 Nations - La France vient au bout du pays de Galles après 100 minutes de jeu (2017)

Tournoi des 6 Nations - La France vient au bout du pays de Galles après 100 minutes de jeu (2017)Icon Sport

Quels souvenirs gardez-vous de ces confrontations ?

R.W. : Ce qui m'a marqué avec le XV de France, c'est qu'il ne faut jamais relâcher d'intensité. La moindre erreur peut donner un essai de 80 mètres en contre. J'ai donc ce souvenir d'un devoir de concentration immense. Je me souviens également des Français heureux de rentrer sur le Millenium Stadium. Enfin, je me rappelle de découvrir le XV de départ français et de me dire "ok les mecs sont incroyables à tous les postes". France-Pays de Galles, ça a toujours été des moments forts.

Et cette défaite en 2017, donc, avec plus de 20 minutes de mêlées en fin de rencontre ?

R.W. : Ce n'est pas que notre défaite... C'était interminable. J'étais sur le terrain à ce moment et c'était insensé. En tant que joueur tu dois rester concentré. Mais c'est difficile. C'était : mêlée, coup de sifflet, mêlée, coup de sifflet. Jusqu'à la 101e minute. Ça n'avait pas de sens. On se disait : "s'il vous plaît, prenez une décision ! On a un avion à prendre nous" (il éclate de rire). Je pense qu'on était meilleurs en mêlée, mais tu ne peux pas contrôler la décision de l'arbitre.

Retrouvez la suite de l'interview jeudi sur Rugbyrama.fr

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