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Reportage : Le Japon face au typhon

Reportage : Le Japon face au typhon
Par Marc Duzan via Midi Olympique

Le 13/10/2019 à 22:15Mis à jour Le 13/10/2019 à 22:25

COUPE DU MONDE 2019 - C’est donc ce samedi que le typhon Hagibis, l’un des plus puissants de ces cinq dernières années, a frappé Honshu, l’île principale du Japon. La Coupe du Monde, elle, vient d’écrire la page la plus démente de son histoire...

Ceux qui l’ont vécu disent que la bête est précédée par une houle de chaleur, une touffeur qui engourdit, accable. La pluie tombe par seaux. Le ciel est bas, très bas. Des points les plus hauts des villes, on ne distingue plus rien de l’océan, qui semble avoir été avalé par les nuages. Dans les supermarchés, les rayons ont été pillés. Ne restent, intacts ou presque, que les bouteilles d’alcool fort, les produits ménagers et quelques journaux.

Dans les rues, vidées du bouillonnement qui les caractérisent au quotidien, des haut-parleurs crachent les consignes de sécurité traditionnelles : "Restez à l’abri. Si vous le pouvez, rejoignez le bâtiment le plus solide à proximité. Sinon, montez au plus haut étage de l’endroit où vous êtes." Des Français de Tokyo -qu’ils s’appellent Charles, Simon ou Robert- évoquent à ce moment-là, et sans forcer le trait, "une ambiance de fin du monde", un foutu décor de western spaghetti.

Des vagues de 17 mètres, des réfugiés, des morts...

À 18 heures, ce samedi, un séisme de magnitude 5,7 s’invite dans la danse et la télé évoque, un temps, un risque de tsunami. Puis d’un coup, le ciel s’obscurcit, les vents deviennent plus violents, la pluie plus forte encore. Le monstre approche, drainant dans sa course spectrale (250 km/h de moyenne) des éclairs, du tonnerre et un vacarme à la hauteur de ses dimensions gargantuesques : généralement, l’œil d’un typhon mesure 100 kilomètres de diamètre ; celui d’Hagibis est trois fois plus gros.

Dans sa poussive déambulation, il lui a donc fallu une heure, samedi soir, pour traverser Tokyo, renversant des voitures, arrachant des toitures de fortune, privant un demi-million de foyers d’électricité, forçant des dizaines de milliers de personnes à quitter leur maison pour se réfugier, hébétées, dans des édifices "en dur", comme on dit...

Au Japon, le rugby est soudainement devenu accessoire. Au moment où Hagibis a frappé Honshu, l’île principale de l’archipel nippon, les drames de centaines d’êtres humains ont balayé le quatrième événement sportif de la planète. "J’ai 77 ans et je n’avais encore jamais vécu ça, témoignait à la chaîne NHK Hidetsugu Nishimura, un habitant terré chez lui, dans la grande banlieue tokyoïte. Pendant une heure, la maison a tremblé à cause du vent et de la pluie. C’était effrayant."

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