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Le Roux, l'indispensable

Le Roux, l'indispensable
Par Marc Duzan via Midi Olympique

Le 12/10/2019 à 09:03

COUPE DU MONDE 2019 - Repositionné par Jacques Brunel à un poste qui n'était à priori pas le sien, Bernard Le Roux s'est imposé en équipe de France comme le numéro 4 que cherchaient les Bleus depuis des lunes, afin d'épauler Sébastien Vahaamahina...

Dans les Hauts de Seine, Bernard Le Roux est avant tout considéré comme un flanker, comptait seulement trois titularisations "dans la cage" l'an passé et malgré tout, il est devenu en l'espace de deux matchs et demi disputés au Japon le numéro 4 que cherchait le XV de France depuis des lunes, afin d'épauler le grand "Vahaa" sur la scène internationale. Comment expliquer un tel crédit, à l'heure où de vrais spécialistes du poste, tels Felix Lambey, Romain Taofifenua ou même Yoann Maestri ont tous été condamnés à suivre la Coupe du monde sur le cuir souple de leur sofa ?

Entre le natif d'Afrique du Sud et Jacques Brunel, l'histoire d'amour remonte en fait à la tournée 2018, date à laquelle les Bleus s'étaient fait rosser à trois reprises par les doubles champions du monde néo-zélandais. Au cœur du naufrage, le Racingman, titularisé en deuxième ligne sur deux des trois matchs du XV de France, avait alors tiré son épingle du jeu, arrachant au successeur de Guy Novès un concert de louanges pour la plupart méritées.

Bernard Le Roux

Bernard Le RouxIcon Sport

Car on a beau dire au sujet de Bernard Le Roux qu'il est assez maladroit et quelque peu bordélique, il possède une telle activité en défense, sur les déblayages ou dans le jeu au sol qu'il incarne aujourd'hui un profil unique en France. A ce sujet, un technicien du Top 14 nous confiait peu avant la Coupe du monde : "Quand je vois jouer nos Bleus, je revois l'équipe de Montpellier que dirigeait il y a cinq ans Fabien Galthié. Les premiers temps de jeu, et ils sont nombreux, passent par un pilonnage des avants, une surexploitation des gros. Le problème, c'est que le XV de France, qui veut aussi rivaliser en vitesse, compte trop peu de lourds porteurs de balles quand les Springboks, au style de jeu similaire, ont cinq mecs de 125 kgs dans le paquet d'avants. Un Le Roux, Galthié n'en a qu'un à disposition".

Dans cette Coupe du monde au Japon, il y a enfin une forme de revanche pour Bernard Le Roux. Comme de nombreux Tricolores, le Racingman avait en effet vécu le dernier Mondial comme un cauchemar et, à son retour dans les Hauts de Seine, avait eu besoin de temps pour se reconstruire. Il expliquait à l'époque : "Après le Mondial, mon corps a dit stop et derrière ça, j'ai fait deux saisons catastrophiques. Je n’ai pas voulu me l’avouer, au départ. Mais j'ai mis six mois avant d'évacuer la défaite contre les Blacks. Vous savez, je m’étais préparé pendant quatre ans pour ça : j’avais pensé "Coupe du monde, Coupe du monde, Coupe du monde", sans m’arrêter. Et puis..."

Bernard Le Roux, brisé par les All Blacks (62-13), a pris une porte en plein visage. "S'il n'y avait pas eu le titre de Barcelone (juin 2016), je vous dirais même que les mois ayant suivi la dernière Coupe du monde ont été vraiment horribles. Je me mettais trop de pression, j’avais perdu tout plaisir et après chaque défaite, je m’enfermais dans ma boîte" . De ce que l'on a pu observer depuis un mois, la "boîte" dans laquelle se morfondait il y a quatre ans le Racingman a bel et bien explosé de toutes parts...

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