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L'antisèche : Une bêtise pour des millions de regrets

L'antisèche : Une bêtise pour des millions de regrets
Par Rugbyrama

Le 20/10/2019 à 13:03Mis à jour Le 20/10/2019 à 13:47

COUPE DU MONDE 2019 - Excellents durant plus d'une mi-temps, les Français, réduits à 14 n'ont néanmoins pas pu résister indéfiniment aux assauts gallois. Ils s'inclinent d'un petit point 20 à 19 malgré un match plus qu'abouti dans l'ensemble. Cruel. Notre antisèche.

Le match : Les Bleus étaient au rendez-vous

Comme quoi, un match de rugby conserve malgré tout ce que l'on dit ses préceptes vertueux de l'irrationalité. Malgré tout ce rugby professionnalisé au possible, aseptisé comme on ne peut plus, une rencontre, aussi importante soit-elle, conserve cette part imprévisible qui fait son charme comme elle le rend tragique. Dans ce quart du finale du Mondial japonais, les Français ont longtemps cru, grâce à une première mi-temps exceptionnelle et trois essais de Vahaamahina, Ollivon et Vakatawa, qu'ils ne pourraient pas perdre cette rencontre.

Dans le stadium fermé d'Oita, les Français réduits à 14 ont pourtant dû baisser les armes sous les coups de boutoirs des Gallois, requinqués psychologiquement par leur supériorité numérique acquise depuis la 47ème minute de jeu, la faute à un grand bonhomme de la cage française dont le casque vissé sur la tête fait visiblement perdre sa lucidité. Enfin... Dans une fin de match irrespirable, l'essai de Ross Moriarty derrière une sortie de mêlée cafouillée côté français venait entériner les espoirs de victoire française.

Là où, dans le drame d'Oita, l'en-avant oublié de Tomos Williams sur sa tentative d'arrachage du ballon des bras d'Ollivon, oublié par M. Paper, devenait presque anecdotique. Mais voilà comment la France s'inclinait 20 à 19, au terme d'un match héroique. A la fin, ce ne sont pas toujours les meilleurs qui l'emportent. Et les Gallois sont bien placés pour le savoir...

Louis Picamoles lors du quart de finale face au pays de Galles

Louis Picamoles lors du quart de finale face au pays de GallesGetty Images

Le fait du match : Vahaamahina, éternel irréfléchi

Cela apparaît comme une évidence. Jamais, ô grand jamais, les Bleus n'auraient perdu ce match sans le carton rouge stupide attribué à Vahaamahina à la 47ème minute de jeu pour son coup de coude sur Wainwright. Jusqu'alors, les partenaires d'Antoine Dupont étaient constamment dans l'avancée, redoutablement efficaces en défense et surtout presque toujours dangereux lorsqu'ils parvenaient à tenir le ballon, dans le sillage d'un Vakatawa étincelant. A partir de là, logiquement, les Français ont baissé le pied, se fatiguant à défendre à tour de bras et à un de moins, à combler les brèches laissées par l'absence d'un défenseur, à récupérer un ballon qui devenait alors le précieux des Gallois.

Le banc tricolore n'a pas su amener la fraîcheur nécessaire pour l'emporter et surtout l'organisation vitale en conquête pour conserver leur avance. Rien à reprocher aux remplaçants cependant, tant Chat et consorts ont tout donné durant les minutes qu'ils ont passé sur le terrain. A eux, du moins.

Les joueurs : Vakatawa percutant, Le Roux de partout

Avec une performance collective du genre, il aurait été dur de ne ressortir qu'un homme de cette partie. Face aux Gallois, nombreux ont été les Français performants comme rarement sous ce maillot frappé du coq. A l'image d'un Charles Ollivon amenant beaucoup de liant à cette formation, royal en touche, disponible dans le jeu courant et auteur d'un essai plein de vitesse et d'intelligence de placement.

Coupe du monde 2019 - Charles Ollivon (France) marque le deuxième essai des Bleus contre le Pays de Galles

Coupe du monde 2019 - Charles Ollivon (France) marque le deuxième essai des Bleus contre le Pays de GallesIcon Sport

Dans sa lignée, on l'a dit, Vakatawa a été très remuant et le bleu le plus dangereux et Le Roux tout simplement exceptionnel dans le combat. Penaud, Dupont ou Ntamack, la jeune garde française, ont fait parler leur talent quand enfin, certains cadres comme Guirado ou Poirot ont réalisé leur meilleur match sous cette tunique depuis bien longtemps. Rageant.

L'essai : Vakatawa permet aux Bleus de creuser l'écart

On joue la 31ème minute de jeu et les Bleus ont la possession dans les 22 mètres gallois. Après plusieurs fixations au près, Dupont éjecte au bon moment pour Ntamack. Et si la défense galloise est la meilleure du monde pour couper les extérieurs et empêcher les attaquants d'aller chercher ces fameux couloirs des 15 mètres, elle possède par le même coup, aussi des failles dans l'axe du terrain, surtout en l'absence de Jonathan Davies. Intelligemment, Ntamack attaque donc le ballon avec de la vitesse et le relève parfaitement pour Damian Penaud, entre Biggar et Parkes.

Le phénomène français fait le reste et prend le trou en résistant aux plaquages, ressort extérieur pour Vakatawa qui concluera en beauté grâce à toutes ses aptitudes physiques. Un superbe essai sur attaque placée qui faisait alors s'envoler les français au score 19 à 10.

Les tweets :

La décla de Warren Gatland :

" La meilleure équipe a perdu aujourd'hui"

La question : Y'avait-il en-avant sur l'arrachage de Tomos Williams ?

La règle est claire, l'esprit du jeu un peu moins. Sur un arrachage, le joueur en possession du ballon ne peut pas commettre en-avant. En revanche, il y a bien sûr une faute technique du défenseur fait partir le ballon vers l'avant lors de son geste. Sur ce cas échéant, derrière la mêlée et la sortie de balle chahutée, Williams fait semble t-il partir le ballon vers l'avant. Comme le disait le consultant Yannick Nyanga à l'antenne, l'esprit du jeu, sur une faute pas vraiment claire et évidente, fait que l'on favorise l'équipe attaquante.

Après la rencontre, World Rugby a statué en clarifiant la règle sur l'arrachage et signifiant qu'il n'y avait dans tous les cas pas faute sur ce genre d'actions. Ce n'est pourtant pas ainsi que ce geste est arbitré tous les week-end, durant ce Mondial y compris. La circonspection des arbitres au moment de demander si le ballon était parti vers l'avant ou non est là pour en attester. Et cela ne change rien au sort final de nos valeureux Bleus dans ce Mondial japonais.

Y'avait-il en-avant sur l'arrachage de Tomos Williams ?

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Par Théo Fondacci

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