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L'antisèche : Les Nippons se sont fait très peur

L'antisèche : Les Nippons se sont fait très peur
Par Rugbyrama

Le 20/09/2019 à 15:51Mis à jour Le 20/09/2019 à 16:24

COUPE DU MONDE 2019 - Dans un match d'ouverture qui devait être une simple formalité pour eux, les Japonais se sont fait peur, en enchaînant les maladresses inhabituelles, face à une équipe russe volontaire mais tout de même très limitée.

Le match : Un Japon sur courant alternatif

Pour le match d'ouverture de leur Mondial, les hôtes japonais auront mis (au moins) dix bonnes minutes à rentrer dans la rencontre laissant, la faute à de nombreuses approximations techniques, des miettes aux Russes, dont ces derniers se servaient pour inscrire le premier essai de cette coupe du Monde par l'intermédiaire de l'ailier Golosnitskyi à la 5ème minute.

Et si dans la foulée, les Japonais leur répondaient par un essai en bout de ligne inscrit par le dynamique Matsushima et montraient leur supplément de talent offensif, jamais les russes n'étaient inquiétés réellement durant les trente premières très brouillonnes. Ce fut même à ces valeureux hommes de l'Est de se montrer opportunistes, profitant d'en-avants nippons pour franchir plusieurs fois, bien que manquant de réalisme. Malgré une défense féroce près de leur ligne, les visiteurs finissaient par craquer avant la pause et pour la première fois de la partie, les Japonais prenaient le score à la faveur d'un essai de l'inévitable Matsushima (12 à 7).

Au retour des vestiaires, naturellement les Nippons faisaient valoir leur supériorité et après une pénalité de Tamura et un rush en solitaire sur 50 mètres de Labuschagne, ces derniers creusaient l'écart (20 à 7). Pourtant, face à des Russes obstinés, jamais les hommes de Jamie Joseph n'ont réussi à dérouler comme ils l'auraient souhaité. Au bout de la nuit tokyoite, l'inévitable Matsushima plantait une dernière banderille, et les Japonais s'imposaient 30 à 10 pour le match d'ouverture de "leur" Mondial.

Le fait du match : L'essai de Golosnitskyi

Fait surprenant dans une rencontre où l'on annonçait qu'il n'y aurait pas match, ce sont bel et bien les Russes qui ont inscrit le premier essai du match, après une grosse erreur de Tupou en couverture, par l'intermédiaire de l'ailier Golosnitskyi. Et comme nous le redoutions pour ces Brave Blossoms, cette fébrilité notoire a donné de quoi espérer aux Russes, encore devant au score juste avant la pause, tout autant qu'elle a tétanisé les Japonais, pris par l'enjeu de l'évènement. La suite fut plus acceptable pour les locaux mais jamais ceux-ci n'ont pu mettre la main réellement sur la rencontre comme tout le monde l'attendait, face à une formation qui rappelons-le, avait perdu tous ses matchs de préparations sur des scores indignes du rugby international. Où quand l'enjeu dépasse le jeu (juste).

L'homme du match : Kotaro Matsushima

Le numéro 7 russe Gadzhiev mérite une mention, tant sa rudesse et son abattage défensif ont impressionné au sein d'une équipe volontaire mais tellement limitée. Pourtant, pour ce titre honorifique, comment ne pas mentionner l'ailier japonais Kotaro Matsushima, étincelant et auteur d'un triplé plein de dynamisme?

Dans une rencontre où les Brave Blossoms ont peiné au possible pour se sortir des griffes acerbes des ours russes, l'ailier né en Afrique du Sud et passé par Toulouse aura montré tout son talent et ses qualités de pur ailier. Difficile à faire tomber et vif, Matsushima a surtout montré qu'il était un vrai finisseur. De quoi faire sourire des supporters japonais jusque là bien inquiets devant la piètre qualité du jeu proposé par les locaux. Et pour le premier match de Coupe du Monde de l'histoire en terre nipponne, Matsushima a tout simplement inscrit le premier triplé de l'histoire lors d'un match d'ouverture d'un Mondial. Fort!

La stat : 62 % de plaquages réussis par les Russes.

Cela paraît difficile à croire au vu du score final, mais les Russes n'ont réussi que 62% de leurs plaquages face aux Japonais. Famélique. Face à des individualités japonaises qui leurs étaient logiquement supérieures, les derniers invités de ce Mondial auront quand même jouer de leur solidarité sans faille pour combler les brèches dans leur défense rattraper les coups et finalement s'incliner par seulement 20 points.

Symbole de ces difficultés en défense : l'ailier japonais Lemeki à cassé pas moins de 14 plaquages à lui tout seul... Presque du jamais vu! Face à leurs autres adversaires comme l'Irlande ou l'Ecosse qui seront certainement bien plus efficaces ballon en mains que les nippons ce soir, les hommes de l'Est seraient bien inspiré de resserrer les vis en défense. Sous peine d'en prendre 80!

La question : Les Japonais peuvent-ils réellement atteindre les quarts?

Les Japonais peuvent-ils réellement atteindre les quarts ?

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On avait beaucoup parlé de leur premier match du Mondial 2015 à Brighton, où bout duquel ils avaient fait tombé les Springboks, et même de la suite de leur compétition, lors de laquelle les Japonais n'avait baissé front que devant l'Ecosse. Sur ses bases et leurs récentes performances sur le circuit international, on avait annoncé les Japonais comme l'éventuelle confirmation de ce Mondial, qui serait à coup sûr une magnifique histoire si au terme de celui-ci les hôtes se qualifiaient en quarts, et ce pour la première fois.

Pourtant à en croire leur performance de ce vendredi soir, les Nippons n'ont à coup sûr pas le niveau pour s'adjuger d'adversaires confirmés comme l'Ecosse, encore moins face à l'Irlande. Si on leur accordera que la pression de ce match d'ouverture a pu les faire déjouer grandement, notez tout de même que leur performance globale est quand même d'une pauvreté affligeante.

Entre un déchet technique incroyable et un buteur peu efficace, les locaux ne se sont pas rassurés. Et s'ils veulent pour leur Mondial, créer une sensation énorme sur la planète rugby et se qualifier au moins pour les quarts de finale (c'est l'objectif affiché par Jamie Joseph), ils devront montrer complètement autre chose et nous rappeler qu'ils ne sont pas devenus cette nation émergeante pour rien. Face à leur public, en sont-ils capables? Prochain élément de réponse samedi prochain face à l'Irlande de Conor Murray.

Théo Fondacci

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