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L'antisèche : les Blacks, ce cocktail talent - maîtrise

L'antisèche : les Blacks, ce cocktail talent - maîtrise
Par Rugbyrama

Le 21/09/2019 à 15:02Mis à jour Le 21/09/2019 à 15:55

COUPE DU MONDE 2019 - Dans un match de très haut niveau, les Blacks ont montré qu'ils étaient toujours les numéros 1. Ils s'ouvrent ainsi une voie royale pour sortir premiers de ce groupe B.

Le match

Comme toujours face aux Blacks, les user n'est pas gagner et, face à cette machine noire, capitaliser est une chose primordiale. En début de partie, les Boks dominaient physiquement et territorialement mais hormis par une pénalité de Pollard, ils peinaient à conclure. En face, à la première erreur technique, la sanction était immédiate et Mo'unga inscrivait sa première pénalité. Sur le renvoi, les Blacks inscrivaient un essai dont ils ont le secret, initié par Reece depuis son camp sur une relance folle et conclut un temps de jeu plus temps par Bridge, servit magnifiquement par Beauden Barrett.

Quelques minutes plus tard, face à des Boks moins dominateurs sur l'homme, Lienert-Brown trouvait la faille à son tour et fixait parfaitement le dernier défenseur pour envoyer son deuxième ligne Scott Barrett derrière la ligne. Imparable. Avant la pause, les Blacks prenaient donc le large pour mener 17 à 3.

Coupe du monde - Anton Lienert-Brown (Nouvelle-Zélande) casse la ligne de l'Afrique du Sud

Coupe du monde - Anton Lienert-Brown (Nouvelle-Zélande) casse la ligne de l'Afrique du SudIcon Sport

Au retour des vestiaires, les partenaires de Kolbe revenaient avec beaucoup d'intentions et sur une percée de Kolbe justement et après un ballon cafouillé par les Blacks dans la foulée, le troisième ligne Du Toit y allait de son essai et remettait les siens à portée d'un essai transformé.

Dans la dynamique de cet essai, Pollard claquait ensuite un drop de 40 mètres à la 60ème minute (17 à 13). Le moment choisi par les Néo-Zélandais pour reprendre la main sur le match et, grâce à deux nouvelles pénalités, d'entériner les derniers espoirs de victoire des Sud-Africains, en dépit des accélérations foudroyantes de l'inévitable Cheslin Kolbe. A la fin d'une rencontre de haut-vol, les Blacks s'imposent donc 23 à 13 et se placent donc en favori pour sortir en tête de ce groupe B.

Le clé : La maîtrise néo-zélandaise

Dans cette partie de très haut-niveau, difficile de cerner un fait de jeu en particulier. Ce qui fut frappant en revanche : la maîtrise des Blacks. Jamais ces derniers n'ont paniqué, quand bien même bien les Boks les ont étouffé physiquement comme en début de rencontre, encore moins lorsque les flèches adverses traversaient le terrain sur des rushs en solitaire. Ce samedi soir à Yokohoma, comme toujours lorsque les Blacks jouent leur rugby, il y avait toujours un défenseur acharné pour rattraper les coups en défense, toujours un Savea ou un Cane pour ralentir les sorties de balle et se réorganiser en défense, toujours le pied d'un Mo'unga ou Barrett pour faire souffler les leurs après de longues séquences... Une maîtrise incroyable qui reste sans égal sur la planète rugby, et qui dans des matchs aussi serrés que celui-ci, fait comme souvent la différence au moment de faire les comptes finaux.

L'essai : George Bridge conclut une action d'anthologie

On joue depuis un peu plus de vingt minutes dans ce match à Yokohoma et, ma foi, les Blacks sont dominés par la densité et la pression sud-africaine. Comme souvent chez les champions du Monde en titre, la lumière est alors venue de Beauden Barrett, qui près de sa ligne, donnait une passe au pied parfaite pour Reece, pour lober la défense adverse montée en pointe. L'ailier d'origine fidjienne faisait le reste dans son couloir. Sur le temps de jeu suivant, avec plusieurs passe sur la largeur, Barrett (encore lui) rentrait sa course et donnait un ballon après contact absolument sublime à Bridge, le tout entre deux défenseurs bien sur. Bridge n'avait plus qu'à conclure. Du grand art.

Le joueur : Beauden Barrett

Qui a dit que Beauden Barrett était moins bon en 15? Beaucoup de monde, certainement, du moins la plupart des observateurs ont critiqué le choix de Steve Hansen, rétorquant que celui-ci était meilleur en 10 et que son repositionnement cette année correspondait avec des performances moins abouties de la part des Blacks. Aujourd'hui, le meilleur joueur du monde a plus que répondu présent, et par la même occasion, Hansen à lui prouvé que son système était probablement le bon. Après tout c'est vrai, pourquoi choisir entre deux talents bruts, plutôt que de les utiliser ensemble ?

Coupe du monde - Beauden Barrett (Nouvelle-Zélande - Afrique du Sud)

Coupe du monde - Beauden Barrett (Nouvelle-Zélande - Afrique du Sud)Getty Images

Bref, si les Blacks ont impressionné sur ce match, tout en concédant quelques occasions franches à des Springboks très performants, ils le doivent en grande partie à leur détonateur et maître du jeu Beauden Barrett. Incisif sur ces choix, toujours aussi rapide, très dangereux sur tous ses ballons touchés et décisif sur l'essai de Reece, le plus vieux de la fratrie a démontré qu'il était certainement le joueur le plus doué de la planète, et ce peu importe le poste auquel il est utilisé. Dans un match aussi serré et engagé, les Blacks peuvent lui tirer leur chapeau, lui qui a aussi inscrit les derniers points de son équipe sur pénalité. N'en déplaise à tous les détracteurs de son jeu au pied.

La question : Les Blacks ont-ils envoyé un message fort avec cette victoire aboutie ?

Les Blacks ont-ils envoyé un message fort ?

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La solidité mentale et technique des Néo-Zélandais, associée à des talents individuels incroyables et à cette expérience si précieuse dans une compétition du genre, a prouvé s'il le fallait encore, qu'à niveau de forme égal, les Blacks n'avaient toujours pas d'équivalent. Certes, l'étau entre les nations majeures s'est resserré mais après ce match maîtrisé, il semblerait que les deux nations au potentiel de frappe offensive peu ou prou similaire à celui des Blacks, soit l'Angleterre et l'Afrique du Sud justement, n'aient à l'aube de ce Mondial pas encore l'efficacité de cette grande équipe. L'Angleterre a l'occasion de nous faire mentir dès demain face aux Tonga, mais cela restera à confirmer dans un match plus couperet. Réponse d'ici le 20 novembre, toujours en territoire japonais.

Par Théo Fondacci

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