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Poirot : "J’avais vu mille fois une victoire de la France"

Poirot : "J’avais vu mille fois une victoire de la France"

Le 21/09/2019 à 16:05Mis à jour Le 21/09/2019 à 22:54

COUPE DU MONDE 2019 - Soulagé après ce premier succès contre l'Argentine (23-21), Jefferson Poirot incarne l’état d’esprit de ces Bleus qui ont su faire face aux difficultés, notamment en mêlée, pour réagir et arracher la victoire.

Rugbyrama : Il doit y avoir une forme de soulagement après ce succès ?

Jefferson Poirot : On est soulagé parce que c’était un match ultra important. Sur les tests, je l’ai répété : on se donne rendez-vous le 21 septembre ! Et quand on annonce des choses comme ça, on est obligé d’assumer derrière. Ce qui m’a plu, c’est que dans la semaine on n’a pas tant parlé que ça. On s’est concentré sur nous. On avait des Argentins qui parlaient beaucoup et on n’est pas sorti de nos gonds en conférence de presse, n’annonçant rien de choc. Toute la semaine, on les a entendus. Peut-être que le supplément d’âme ou l’énergie qu’ils ont perdus à parler, c’est l’énergie qui leur a manquée à la fin.

Et les Argentins ont encore parlé sur le terrain ?

J.P. : À l’image de la dernière action… De frustration, ils viennent essayer de nous "chacailler" alors que le match est fini. Il n’y a, pour moi, aucun intérêt. C’est le côté sanguin des latins. On l’accepte. Comme je l’ai dit, ce qui est bien c’est que l’on n’a pas été surpris de ça. On fait une très bonne première mi-temps.

À l’inverse, vous avez connu de grosses difficultés au début de la seconde…

J.P. : Les Argentins ont annoncé ce match comme capital, en disant qu’ils jouaient leur vie. Ça n’a peut-être pas été forcément entendu mais, nous, on a beaucoup dit que ce match était très important mais que derrière, on se connait, on n’a pas le droit de louper les deux prochains. Qu’on le gagne ou qu’on le perde, la Coupe du monde ne serait pas terminée. On en était conscient. On va se remettre au boulot car on a matière à travailler. Cette deuxième mi-temps n’est pas bonne, il ne faut pas se le cacher. On va repartir au boulot, avec de l’humilité et se dire que l’on a deux gros matchs qui nous attendent. Puis après, je l’espère, une finale contre l’Angleterre.

Coupe du monde - Jefferson Poirot (France) contre l'Argentine

Coupe du monde - Jefferson Poirot (France) contre l'ArgentineIcon Sport

En revanche vous avez dit cette semaine que vous aviez vu mille fois le match ! Était-ce ce scénario ?

J.P. : Je ne le cache pas, j’avais vu un scénario serré (sourires). Avec des contacts virulents comme cela nous a été proposé. Je n’avais pas imaginé une fin comme ça mais en tout cas j’avais mille fois vu une victoire de la France donc je suis assez content (rires).

On a senti de la joie sur le terrain au coup de sifflet final. Est-ce que c’était la même chose dans le vestiaire ?

J.P. : C’était plus mesuré dans les vestiaires. Sur l’instant, c’était normal avec la pression que l’on a eu sur le match, et le scénario. Forcément que l’on est obligé d’exploser de joie comme ça. C’était un match important. C’est sûr que cela redescend un peu car on sait tout ce qu’il nous reste à faire pour sortir de la poule. On n’a jamais caché que la France doit sortir de la poule. C’est une obligation et une exigence que l’on a entre nous.

" En tant que Français, on est toujours catalogué comme tricheur dans ce secteur (de la mêlée)"

Pour revenir sur l’aspect de la mêlée, l’entame a été difficile avant une réaction. Comment l’avez-vous vu vécu sur le terrain ?

J.P. : On était un petit peu surpris sur la règle. Il y a eu un changement juste avant la Coupe du Monde. Il a été dit que l’on n’avait plus le droit de mettre la pression avant l’impact. Sur les trois premières, on prend la pression de leur part donc on est assez surpris car on cherche à être propre. Donc, maintenant, on est prévenu, on sait que ça, ça ne sera pas arbitré et on recommencera à faire comme c’était avant. On bossera en ce sens. C’est assez dur car en tant que Français, on est toujours catalogué comme tricheur dans ce secteur et on est toujours la nation qui essaie de s’adapter au maximum à la règle. Au final, on se fait souvent avoir sur les premiers matchs donc c’est très énervant.

Alors il y a eu de l’adaptation dans ce secteur mais aussi une belle réaction, notamment en fin de première période...

J.P. : C’est ça qui me plait aussi ! Malgré tout, sur les moments importants et les moments clés, c’est pour nous. Ce sont des ressources mentales très importantes, des valeurs de solidarité qui nous tiennent à cœur. À ce moment-là, on est acculé sur notre ligne et on ne prend pas de point. Et au contraire, on récupère le ballon. Ce sont des choses sur lesquelles on va pouvoir s’appuyer.

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