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Raka, ombres et lumières

Raka, ombres et lumières
Par Jeremy Fadat via Midi Olympique

Le 06/10/2019 à 12:04Mis à jour Le 06/10/2019 à 13:51

Coupe du monde 2019 - Parfait symbole d'un XV de France branché sur courant alternatif, l'ailier Alivereti Raka fut étincelant par moments et naïf à d'autres lors du succès face aux Tonga.

Trouver des satisfactions, aussi bien collectives qu'individuelles, au terme d'un match où les Bleus ont encore joué à se faire très peur n'est évidemment pas chose aisée. Et s'il est un homme qui symbolise à la perfection, et bien malgré lui, tout à la fois les carences et les fulgurances de ce XV de France, c'est bien Alivereti Raka. L'ailier clermontois fut, en un sens, absolument décisif dans le succès des siens par son implication sur les deux seuls essais. D'abord quand il a, à lui seul, déchiré le rideau tonguien dès la 6e minute. Grâce à sa vitesse de course phénoménale et à sa puissance dévastatrice, il éliminait deux adversaires avant d'accélérer de nouveau et livrer une offrande à son compère Virimi Vakatawa, lequel n'avait plus qu'à aller marquer.

A la 32e minute, c'est lui qui profitait de la vista de Baptiste Serin, qui avait joué rapidement une pénalité à la main, pour servir le Fidjien d'origine le long de la ligne de touche. Là encore, ce dernier faisait montre de ses aptitudes physiques exceptionnelles. Démarrage, coup de pied à suivre, récupération du ballon au sol et essai. En clair, à l'heure où les hommes de Jacques Brunel semblaient se diriger vers une victoire facile, ils le devaient en partie à Raka qui voulait se rattraper de sa prestation insuffisante contre les Etats-Unis. C'est chose faite. Du moins, dans les grandes largeurs.

Son cas fait forcément débat

Car, comme souvent, il y a aussi le revers de la médaille concernant le protégé de Franck Azéma. La raison pour laquelle le staff tricolore avait choisi de ne pas l'aligner face à l'Argentine et lui avait préféré Yoann Huget en ouverture du Mondial. Aux yeux de Brunel et de ses adjoints, le Toulousain présente davantage de garanties, notamment défensives. Il est vrai que le joueur auvergnat n'a pas tendance à rassurer ses coéquipiers sur ce plan, tant il lui arrive de s'oublier sur les replacements ou de perdre ses duels, ce qui peut coûter cher à de multiples reprises. Ce fut le cas sur l'essai d'Hingano où il a été trop naïf. L'autre problème ? C'est la certaine maladresse dont il a aussi fait parfois preuve ce dimanche.

Par exemple sur une action, encore en première mi-temps, où il avait de nouveau franchi la muraille adverse de façon spectaculaire pour... échapper le ballon au moment du passage au sol. Attention, Raka fut très loin d'être le seul Bleu à s'être montré imprécis face aux Tonga. Mais il fut à l'image de son équipe : brillant à certains moments, inquiétant à d'autres. Et la question demeure autour de son cas, qui fait forcément débat : faut-il, avant d'affronter l'Angleterre et de se projeter sur un quart de finale, s'appuyer sur ses sublimes qualités offensives et accepter le risque de son inconsistance défensive ? Ou doit-on, à ce niveau-là, privilégier une solution plus fiable sur le papier ? En gros, sans lui, le XV de France n'aurait probablement pas battu les Tonga. Mais, avec lui, il se sait plus fragile quand l'adversaire a le ballon. Ce sera au sélectionneur de trancher.

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