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Entre les lignes #2 : Lendemain de victoire

Entre les lignes #2 : Lendemain de victoire
Par Simon Valzer via Midi Olympique

Le 21/09/2019 à 07:53

COUPE DU MONDE 2019 - Chaque jour, nous vous proposons une revue de presse des médias japonais, histoire de vous faire vivre au plus près cet événement majeur de notre sport.

Au lendemain de la large victoire du Japon face aux Russes lors du match inaugural de la Coupe du monde, les journaux japonais ont tous choisi de consacrer leur une au héros de la soirée, l'ailier Kotaro Matsushima. Auteur d'un triplé face aux Slaves, l'ailier star des Brave Blossoms a avoué dans la presse qu'il avait, dans un coin de sa tête, l'ambition de faire un triplé. Sauf que l'idée ne venait pas de lui, mais de son coéquipier Ryoto Nakamura :

"Je ne sais pas comment cela lui est venu, mais il a commencé à en parler à tout le monde quelques jours avant la rencontre, confiait Matsushima à nos confrères du Mainichi, un célèbre quotidien nippon. Alors forcément, je suis entré sur le terrain avec cette idée dans un coin de ma tête. Au début du match, j'ai senti notre équipe tendue. Avec mes coéquipiers, on voulait trop en faire. Pour ma part, j'ai essayé de rester cool et surtout de me faire plaisir. Quand j'ai vu que les Russes commençaient à fatiguer et à mettre les mains sur leurs genoux à chaque arrêt de jeu, je me suis dit que j'allais avoir un peu plus d'espace."

Ce faisant, l'ailier de Suntory devient le premier joueur japonais à marquer un triplé dans un match de Coupe du monde. La folle histoire de Leitch L'autre grand héros des médias du jour n'est autre que le capitaine, Michael Leitch. Comme Matsushima, Leitch n'est pas né sur le sol japonais. Il n'en reste pas moins qu'il y a passé une grande partie de son existence.

Test match - Michael Leitch (Japon) contre l'Afrique du Sud

Test match - Michael Leitch (Japon) contre l'Afrique du SudIcon Sport

Dans l'édition du jour de Nikkan Sports, on trouve donc une longue interview du flanker de Brave Blossoms qui explique comment, à l'âge de 15 ans, il a pris la décision de rester dans son pays adoptif : "Un jour que j'étudiais à Sapporo, mon téléphone sonne. C'était mon grand-père néo-zélandais au bout du fil. Il m'annonce que notre maison a entièrement brûlé. Quand j'ai appris la nouvelle, j'ai failli m'évanouir. Une vie de souvenirs partis en fumée. Nous n'avions pas grand chose : j'ai toujours porté des chaussures usées et j'étais fréquemment raillé à l'école. Mais cette maison c'était ma vie. Mon directeur d'école m'a dit que je pouvais rentrer si je le voulais. Mais une fois que je me suis assuré que tous les membres de ma famille étaient sains et saufs, je n'en ai plus eu envie. Tout avait brûlé. Tout ce qu'il me restait, c'est que j'avais ici, au Japon."

En secret, ses camarades de classe récoltèrent des fonds pour venir en aide à sa famille : en moins de quatre jours, ils amassèrent pas moins de 700 000 yens, soit presque 6 000 euros : "Quand ma mère m'annonça qu'ils avaient reçu autant d'argent du Japon, je me suis demandé comment je pouvais rendre tout cela. Et le seul moyen que j'ai trouvé, c'était par le rugby." Quatorze ans après, Letich pourrait bien régler sa dette en offrant au Japon sa première qualification en Coupe du monde...

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