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Des Brave Blossoms métamorphosés

Des Brave Blossoms métamorphosés

Le 16/10/2019 à 14:58Mis à jour Le 16/10/2019 à 15:39

COUPE DU MONDE 2019 - Ne parlez plus d’invité surprise pour ce Japon au rendez-vous des quarts et qui retrouve une vieille connaissance… l’Afrique du Sud. Après le succès symbolique de 2015, il y a eu cette défaite face à ce même rival en préparation. Mais les choses ont changé.

Faut-il y voir un signe dans une volonté de ne rien laisser filtrer pour l’adversaire ? Avant son premier quart de finale de Coupe du Monde, le Japon vient d’enchainer deux conférences de presse où se sont succédés plusieurs joueurs et entraineurs, sans assurer de traduction du Japonais vers l’Anglais. Un choix à demi-mot assumé par l’encadrement, avec la nécessité de devoir se contenter de quelques paroles de joueurs anglophones peu bavards. Voilà où se situe le premier changement…

Mais la presse nippone est logée à la même enseigne puisque le co-meilleur marqueur d’essais de la compétition Kotaro Matsushima (qui plus est né en Afrique du Sud !) était annoncé ce mercredi mais l’ailier a été décommandé à la dernière minute, sous prétexte qu’il devait recevoir quelques soins. Car entre Shigeno et Moeakiola (aucun match chacun) la veille, puis Helu (41 minutes de jeu) et Sakate (55 minutes) ce jour, on a bien compris que l’idée était d’exposer le moins possible les cadres.

Une philosophie de jeu révolutionnaire

La pression n’est plus la même autour de ce groupe qui a désormais derrière lui tout un peuple, fier et emballé par une manière de jouer qui a emballé le monde. Bill Beaumont le premier. "Si j’étais le trésorier de n’importe quel pays, j’aimerais jouer contre le Japon car on sait qu’ils vont attirer beaucoup de spectateurs pour voir un style de rugby incroyable qui mêle vitesse et précision. Ils ont quasiment changé la façon dont le rugby devrait être joué", estime le président de World Rugby. Les propos élogieux sur ce rugby enthousiasmant ne cessent de pleuvoir, et on loue en permanence ce jeu de mouvement fait de prises de risque et d’initiatives.

Mais il ne faut pas non occulter les points faibles, comme cette folie qu’il faudra impérativement canaliser sur un match couperet, en prenant pour exemple la seconde période face à l’Ecosse, faite de choix parfois trop audacieux de la part de la formation de Jamie Joseph, également mal à l’aise dans les duels aériens. De plus, si l’entraineur de la mêlée Shin Hasegawa a mis en avant les progrès dans le secteur qui lui incombe – et on peut lui donner raison – il sait aussi qu’il pourrait pâtir d’un manque de fraicheur. Inagaki, Horie et Koo ont par exemple enchainé en première ligne. Néanmoins, a défense s’est resserrée et a montré sa solidité.

Que reste-t-il de la défaite à Kumagaya ?

Tout est ainsi allé très vite aux yeux du monde, alors qu’une certaine inquiétude pouvait régner à l’issue d’un ultime match de préparation lourdement perdu 41 à 7, le 6 septembre à Kumagaya, face aux… Sud-Africains ! "Il y avait eu trop de jeux au pied ce qui avait permis de rendre facilement le ballon. Mais comme on a pu le voir contre l’Irlande puis l’Ecosse, le Japon est maintenant capable de bien garder le ballon. Je pense que c’est la meilleure façon de jouer afin de pouvoir battre une grande équipe réputée pour son physique", analyse Toshiaki Hirose, ex-capitaine des Brave Blossoms. "Avant ce match contre l’Afrique du Sud, le Japon n’avait joué que des nations du Pacifique plus faibles. Il y a ensuite eu une prise de conscience de l’écart entre les pays du Tier1 et du Tier2", poursuit l’ancien demi d’ouverture.

Pour Shigenaga Suematsu, journaliste pour The Chunichi Sports, la métamorphose (si l’on doit l’appeler ainsi) entre ces deux moments se résume surtout à un déclic mental. "Ils sont juste focus sur ce qu’ils doivent faire. Ils n’étaient pas déçus après la défaite face à l’Afrique du Sud, et je pense qu’ils sont bien plus confiants car ils n’ont pas changé de façon de jouer, ils sont juste plus précis. Ils ont travaillé les détails ce qui sera la clé face à une équipe réputée plus forte", témoigne-t-il tout en assurant que les Japonais sont capables de remporter ce quart de finale.

Et ils ont derrière eux une nation où "le rugby est en train de gagner en popularité, et pas seulement auprès des gens qui vont voir les matchs", assure le demi de mêlée Kaito Shigeno pour qui "l’enjeu sera de préserver cet engouement" après la Coupe du Monde.

" Je crois que l’on a une chance de passer"

Au moment donc de se tourner vers ce quart, le deuxième ligne Uwe Helu se souvient de la copie rendue face aux Springboks et du fait que "nous avions surtout joué de manière individuelle à certains moments et gaspillé de l’énergie. Nous n’avions pas vraiment réussi à jouer sur 80 minutes et nous étions sortis de notre plan de jeu. Mais cette fois nous sommes confiants, notamment après avoir remporté ces quatre matchs. Nous devons juste croire plus fortement dans notre plan de jeu et travailler en tant qu’équipe."

Un groupe qui renvoie la sensation d’être soudé, en plus d’être confiant. "Je crois que l’on a une chance de passer. Il faut que l’on reste fidèle au rugby qui nous a permis d’arriver jusqu’ici et jouer à la limite de nos possibilités", poursuit l’ailier Ataata Moeakiola, jusqu’ici renvoyé en tribune mais qui a insisté sur le rôle de ces joueurs non sollicités, déterminant du point de vue de la motivation. Une composante qui ne devrait cependant pas manquer, dimanche, au Tokyo Stadium.

Vidéo - Cette défaite qui est à l'origine du surnom fleuri des Japonais

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