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RUGBY - FRANCE 2023 - Si cher Mondial

Si cher Mondial

Le 15/11/2017 à 17:26Mis à jour Le 16/11/2017 à 19:16

Seize ans après la première édition, la France organisera sa deuxième Coupe du monde de rugby. C'est une grande nouvelle... qui ne doit pas empêcher le rugby français de se poser les bonnes questions sur son évolution.

Non, tout n’est pas si noir ! En début d’après-midi, c’est même un coin de ciel bleu qui s’est dégagé depuis Londres, où le Conseil de la fédération internationale a voté l’attribution du Mondial 2023 à la France.

D’un coup, la menace d’une semaine vécue aux portes de l’enfer s’est évaporée. D’un coup, les deux derniers revers concédés face aux All Blacks se sont envolés, et même celui de samedi au Stade de France qui nous plongea dans un océan de perplexités. Avec le goût amer de la résignation.

D’un coup, tous les maux de l’équipe de France ont disparu : ses résultats décevants, son manque d'allant et sa génération trop habituée à la défaite n’ont pas résisté à la victoire par KO remportée par Bernard Laporte et son coin. L’homme qui aime tant le combat, celui qui collectionne les campagnes victorieuses depuis qu’il a quitté la sélection, a fait basculer la FFR. Il a tout renversé sur son passage, dont les Irlandais et Sud-Africains, ces favoris qui n’ont pas résisté au lobby mis en place par Claude Atcher.

Comme prévu...

La France a donc gagné le droit d’organiser son deuxième Mondial, 16 ans après le premier (en 2007). Avouez qu’il s’agit là d’une belle incongruité rugbystique : chez nous le temps va décidément plus vite que dans toutes les autres disciplines sportives.

Non, nous ne bouderons pas ce succès. Mais il convient de se poser des questions quant aux choix d'un sport en quête d’universalité qui ne parvient pas à sortir de ses bastions historiques ; un sport suspendu à la manne de ses banquiers et grands argentiers que sont la France et l’Angleterre. Cela ne saura durer, sous peine d’épuisement. Pour l'heure, comme prévu, l’argent a fait la différence. Souhaitons qu’il ne les rende pas complètement dingues.

Et maintenant ?

Avec ce Mondial, c’est un tapis rouge qui est déroulé sous les pas de Laporte et nous voyons mal qui pourra lui résister sur les chemins de la réforme qu’il entend mener, et de la toute puissance du XV de France qu’il veut imposer. C’est pourtant une question cruciale pour l’équilibre d’une discipline sacrément malmenée depuis quelques mois.

Alors, souhaitons franchement que ce Mondial gagné au bon moment puisse dégager autre chose qu’un petit coin de ciel bleu au milieu d’une semaine de tous les dangers. Qu’il saura enclencher un nouvel élan et faire naître chez Laporte l'envie de travailler à l’union sacrée avec la Ligue plutôt qu’à la guerre les mondes, entre amateurs et professionnels. "Bernie" est bien parvenu à fédérer hors de ses frontières, alors pourquoi ne trouverait-il pas enfin la paix à l’intérieur…

Vidéo - Laporte : "Il y a eu des incompréhensions... mais je remercie World Rugby"

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