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XV de France - Sébastien Tillous-Borde ? Y’a pas débat !

Tillous-Borde ? Y’a pas débat !

Le 09/10/2015 à 14:23Mis à jour Le 09/10/2015 à 15:46

COUPE DU MONDE - Alors que la concurrence de Morgan Parra est de plus en plus forte, Sébastien Tillous-Borde reste le demi de mêlée numéro 1 de Philippe Saint-André. A 30 ans, le Toulonnais a passé quatre ans à cravacher pour ne pas être un simple figurant sous le maillot du XV de France.

"Non" ! Direct, catégorique, sûr de lui. Un non qui coupe court à tout débat. Non, Philippe Saint-André n’a pas hésité au moment de choisir son numéro 9 pour affronter l’Irlande dimanche au Millennium de Cardiff. "On a une charnière qui fonctionne bien", insiste le sélectionneur du XV de France. "Elle gagne des matches". Alors que certains imaginaient que Morgan Parra pourrait s’inviter comme titulaire pour défier le XV du Trèfle, le manager des Bleus a immédiatement éteint le début d’une petite polémique sur le sujet. Toujours aussi détaché, Sébastien Tillous-Borde (30 ans, 18 sélections) refuse pour sa part de céder au petit débat ambiant sur le choix du numéro 9. "Tant mieux pour moi si le sélectionneur n’a pas hésité. Je ne me pose pas de questions", confie le Toulonnais. "Après, on ne sait jamais si Philippe va changer d’un coup. J’essaye de bien m’entraîner, de donner le meilleur de moi-même et après c’est Philippe qui fait les choix".

Sébastien Tillous-Borde, le demi de mêlée des Bleus

Sébastien Tillous-Borde, le demi de mêlée des BleusIcon Sport

" Ça fait quatre ans que je m’entraîne pour être là, mais pas comme un figurant"

Avec trois numéro 9 d’envergure convoqués pour cette Coupe du monde, la cohabitation aurait pu sembler délicate. Mais après trois matches, une complicité semble bien installée. "Il n’y a pas de soucis, on ne s’est pas encore battu ou disputé", s’amuse Tillous-Borde. "Sincèrement, il n’y a pas de débat. On s’entend bien. On s’aide, on parle". Titillé sur ses dernières prestations, le demi de mêlée du RCT reste toujours aussi serein et imperméable aux critiques. "Je passe à autre chose", avoue-t-il. "Je sais ce que j’ai bien fait ou ce que je dois améliorer pour le week-end d’après". Systématiquement remplacé à l’heure de jeu par Morgan Parra, Sébastien Tillous-Borde accepte sans sourciller de céder sa place au Clermontois dont la précision au pied est aujourd’hui une arme redoutable en fin de match. "Philippe fait ses choix. On ne discute pas de ça", souligne-t-il. "Je ne vais pas monter en tribune pour lui dire de me laisser sur le terrain (rire)".

Sébastien Tillous-Borde et Frédéric Michalak (France)

Sébastien Tillous-Borde et Frédéric Michalak (France)Icon Sport

" Avec Morgan et Rory, on ne s’est pas encore battu (sourire)"

Apprécié par le staff des Bleus pour sa mentalité, à l’instar d’un Rémi Tales, Sébastien Tillous-Borde s’est installé petit à petit comme un choix évident. "Sébastien a une maturité qui lui permet de bien assimiler et gérer en cours de match les stratégies mises en place", expliquait dernièrement Patrice Lagisquet, l’entraîneur en charge des trois-quarts. "Du coup, il réussit à trouver les variations s’il y a besoin et si on le met en échec dans certaines situations". Et l’alchimie de son association avec Frédéric Michalak s’affine match après match. "Avec Fred, ça fait trois ans qu’on s’entraîne ensemble. On se connaît bien", insiste-t-il. "On fait au mieux pour bien faire travailler l’équipe. J’avais dit en début de Coupe du monde que Fred allait être en forme. Il a pu se régénérer. Mentalement, il est frais et il apporte beaucoup à l’équipe. On essaye d’être lucide. On communique rapidement. Mais on aura un bon challenge ce week-end".

Seul numéro 9 du XV de France à ne pas buter, Sébastien Tillous-Borde prévient. "Je ne bute toujours pas", rigole-t-il. J"’ai déjà essayé avec Jonny (Wilkinson) et je me suis fait mal aux adducteurs. Je lui ai dit "on arrête ?" Il m’a répondu "comme tu veux…" (rire)". Alors s’il ne claquera sans doute pas le drop décisif en finale, Tillous-Borde a un objectif bien ancré: remporter la Coupe du monde. "Ça fait quatre ans que je m’entraîne pour être là", confie-t-il. "Mais pas comme un figurant... "

De notre envoyé spécial à Hensol, Vincent PERE-LAHAILLE

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