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Whitelock, Kaino, Coles, Conrad Smith... ces antistars qui font briller les autres

Whitelock, Kaino, Coles, C. Smith... ces antistars qui font briller les autres

Le 30/10/2015 à 09:00Mis à jour Le 29/01/2016 à 17:57

COUPE DU MONDE - Ils ne sont pas ceux qui font le plus de bruit et pourtant... Ils sont quatre à s'atteler aux tâches obscures, aux missions déplaisantes et aux petits gestes qui font basculer les matches. Quatre joueurs rarement dans la lumière mais qui permettent aux champions du monde en titre d'exprimer leurs qualités.

Dan Coles, l'infatigable

Le talonneur néo-zélandais (28 ans, 35 sélections) est un spécimen. Un joueur d'une endurance relativement unique, lui qui est capable de jouer près de 70 minutes par match. Une chose rare pour un talon et même exceptionnelle pour un première ligne qui se dépense autant. Christian Califano, ancien pilier du XV de France (72 sélections) et grand connaisseur du rugby néo-zélandais analyse. "Pour en avoir discuté avec l'encadrement de la Nouvelle-Zélande, c'est un joueur qui physiquement est juste énorme. C'est un talonneur hyper mobile, hyper tonique et qui a une très bonne gestuelle. Mais surtout, c'est un très gros défenseur dans les zones de rucks. Il plaque, il gratte… En conquête, c'est un joueur régulier, très fiable sur ses lancers. C'est hyper important. Il ne faut pas oublier qu'il est en concurrence avec une star, Keven Mealamu. Mais l'effectif néo-zélandais est tellement riche qu'ils peuvent intégrer des joueurs plutôt jeunes en prévision de ce qu'il sera dans 2 ou 3 ans". Incontournable avec la tunique noire (20 sélections en 2 ans), Coles connait aussi une période très prolifique: il a inscrit ses 5 essais lors de ses 13 dernières capes. Un joueur incontournable et de moins en moins discret.

Dane Coles, le talonneur des All Blacks - Coupe du monde 2015

Dane Coles, le talonneur des All Blacks - Coupe du monde 2015AFP

Jerome Kaino, le tronc d'arbre

Même blessé, même vieillissant, même en concurrence avec Messam ou Vito, Jerome Kaino (32 ans, 66 sélections) est un incontournable de la meilleure équipe du monde. Probablement parce que son abattage est impressionnant: 9,6 plaquages par match et le titre honorifique de meilleur plaqueur néo-zélandais de cette Coupe du monde. Un joueur clef, comme l'explique Imanol Harinordoquy (82 sélection en équipe de France). "C'est un joueur qui évolue habituellement numéro 8 mais dans un souci de complémentarité, il joue au poste de numéro 6 chez les All Blacks. C'est un joueur très puissant, dur au contact, qui est capable d'asséner de gros plaquages, des plaquages offensifs. Au moins de bloquer l'adversaire. C'est un joueur qui va cibler les joueurs importants et qui font habituellement avancer leur équipe. C'est un joueur très solide dans les zones de rucks qui est très important dans le dispositif des All Blacks". Kaino, le tronc d'arbre derrière lequel peuvent s'abriter les artistes insulaires. Un joueur qui se transforme parfois en finisseur : avec un essai en quart face à la France et un essai en demie contre l'Afrique du Sud, le numéro 6 a su se montrer décisif autrement que par sa puissance et son sens du sacrifice.

Jérome Kaino (Nouvelle-Zélande) face à l'Afrique du Sud - le 24 octobre 2015

Jérome Kaino (Nouvelle-Zélande) face à l'Afrique du Sud - le 24 octobre 2015Icon Sport

Sam Whitelock, l'autre géant

Aux côtés du meilleur joueur du monde 2014, Brodie Retallick, n'importe quel joueur pourrait paraitre transparent. Sam Whitelock (27 ans, 72 sélections), lui, est juste discret. Mais il s'impose comme une référence mondiale. Jérôme Thion (54 sélections avec le XV de France) détaille. "C'est un garçon qui a des grosses qualités de poussée et un très gros volume de jeu. C'est d'ailleurs le plus impressionnant dans ce secteur avec Retallick et Simmons. Mais surtout il a très peu de déchet dans son jeu. Il est très peu sanctionné. Alors oui, il est moins visible que Retallick, mais c'est parce qu'il est moins impliqué dans la stratégie offensive de la Nouvelle-Zélande. Mais dans le travail besogneux, que ce soit dans les soutiens offensifs ou défensifs, il est juste impressionnant". Un joueur de devoir qui s'imposait déjà comme un indiscuté en 2011. A 27 ans, il compte 72 sélections. Homme de l'ombre, peut-être. Homme de base, c'est certain.

Brodie Retallick (premier plan) et Sam Whitelock, les deuxième lignes des All Blacks

Brodie Retallick (premier plan) et Sam Whitelock, les deuxième lignes des All BlacksAFP

Conrad Smith, le cerveau

"Il est d'une intelligence singulière. Il est un des meilleurs All Blacks et un joueur essentiel à notre défense dans cette Coupe du monde. C'est un joueur très rapide, endurant, et qui a un courage énorme". Chose rare, les louanges sont signées Wayne Smith, l'entraineur de la défense néo-zélandaise. Une admiration partagée par Richie McCaw. "Il a une compréhension incroyable de ce que les équipes essayent de faire. Il maitrise l'aspect psychologique, mental d'un match. Il est le premier à comprendre ce qu'il est nécessaire de faire". Ce "il", c'est Conrad Smith (34 ans, 93 sélections), le véritable cerveau des All Blacks. Avec un physique relativement banal (1m86, 95 kilos), cet avocat diplomé est devenu, au fil des années, le régulateur de la ligne de trois-quarts néo-zélandaise. Un joueur capable de trouver la solution dans les situations les plus difficiles. Une capacité à faire le choix juste et à garder son sang-froid dans toutes les circonstances et qui lui ont valu un surnom: le "snake". Un serpent redoutable et qui voudra faire parler ses crochets face à l'Australie.

Conrad Smith (Nouvelle-Zélande) - octobre 2015

Conrad Smith (Nouvelle-Zélande) - octobre 2015Icon Sport

Pierre AMMICHE

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