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Mondial 2015- Michael Cheika ou Steve Hansen, quel que soit le vainqueur, il entrera dans l'histoire

Quel que soit le vainqueur, Cheika ou Hansen entrera dans l'histoire

Le 30/10/2015 à 14:06Mis à jour Le 31/10/2015 à 08:21

COUPE DU MONDE - Le coach des All Blacks est le produit d’une longue maturation. Le coach des Wallabies est presque le fruit du hasard. Steve Hansen et Michael Cheika, pour des raisons bien différentes, ont rendez-vous avec l’histoire.

L’histoire commence le 24 octobre 2011. La veille, la Nouvelle-Zélande a remporté sa deuxième Coupe du monde face à la France à l’Eden Park d’Auckland. En rentrant chez lui, Steve Hansen assistant-coach, trouve un jeu de clés. C’est la clé de la maison All Black… Il sait que ces clés peuvent le mener aussi vite des cimes aux abîmes. "Accepter cette mission c’est accepter de prendre des responsabilités", glissait dans la semaine Steve Hansen. "C’est aussi beaucoup de pression car tout le monde attend que vous gagniez tout le temps".

Steve Hansen, le coach des All Blacks (AFP)

Steve Hansen, le coach des All Blacks (AFP)AFP

Dans un pays qui voue un véritable culte aux All Blacks, prendre leur tête signifie qu’on peut tout aussi bien la perdre. Hansen n’était pourtant pas étranger au mode de fonctionnement. Adjoint de Graham Henry de 2004 à 2011 il connait la maison. Il a connu le goût sucré des victoires en Tri-Nations ou encore la fierté de siéger tout en haut du classement mondial des équipes. Puis la déflagration née de la défaite face à la France en quart de finale de la Coupe du monde 2007. Le navire Black prend du gite, Henry, Hansen, McCaw, Carter, tous s’accrochent au bastingage pour rester à bord. Stabilité récompensée d’un titre mondial en 2011.

Et c’est donc le 24 octobre 2011 que Steve Hansen embrasse la carrière et entre en religion, cette religion Black qui ne tolère rien d’autre que la victoire. Hansen va alors réussir un tour de magie noire : gagner et encore gagner pour faire grimper le taux de victoire à plus de 92% sur quatre ans. Unique dans l’histoire de ce sport… Mais pas "assez" unique pour Hansen ! Le technicien vise la coupe Webb Ellis et rêve de faire des Blacks la première équipe à conserver son titre.

Cheika, champion du monde en un an?

La méthode australienne est aux antipodes de la méthode néo-zélandaise. Cheika ne vient pas du sérail et a dû être le premier surpris quand le 22 octobre 2014 son téléphone sonne. Au bout du fil c’est sa fédération, qui l’appelle pour lui confier l’équipe d’Australie. C’est une plaisanterie ? Pas du tout ! A un an du grand raout mondial et en raison de la démission d’Ewen McKenzie, les Wallabies sont contraints de tout bousculer. Cheika récupère la patate chaude et la mission impossible qui va avec. Il accepte mais pose quelques conditions, notamment que pour la Coupe du monde les Wallabies puissent faire appel aux "expats". Cheika vise clairement Giteau et il va toucher la cible.

Le coach de l'Australie, Michael Cheika

Le coach de l'Australie, Michael CheikaAFP

Michael Cheika va très rapidement poser sa grosse patte sur les Wallabies. Dur sur l’homme mais juste, il fédère autour de lui des cadres qui le voient comme un capitaine, en costume et en tribune, mais un capitaine. Sa grande réussite c’est d’avoir laissé s’exprimer tous les talents que compte cette équipe. Une équipe naturellement portée sur l’attaque à qui il a inculqué une rigueur défensive nouvelle. En défense Foley et Giteau sont souvent sur les extérieurs : protégés des gros d’en face et surtout prompts à relancer les ballons grattés par Pocock et Hooper. Si la méthode Cheika ne peut être réduite à ces grands principes elle a en tout cas été pensée pour tirer la maximum de chaque joueur en un minimum de temps. Car on vous le rappelle, il y a un an, le téléphone de Michael Cheika sonnait…

De notre envoyé spécial à Londres, Julien Puyuelo

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