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L’œil de la rédaction: Kockott, Parra, Dumoulin et Le Roux peuvent changer le destin des Bleus

L’œil de la rédaction: Kockott, Parra, Dumoulin et Le Roux peuvent changer le destin des Bleus

Le 15/10/2015 à 13:49Mis à jour Le 16/10/2015 à 15:05

Ce jeudi matin, Philippe Saint-André a dévoilé son plan de bataille pour affronter les All Blacks en quart de finale de la Coupe du monde samedi soir. Avec trois changements notables dans son XV de départ, le sélectionneur a fait des choix forts. Le Roux, Parra, Dumoulin, sans oublier Kockott sur le banc des remplaçants : pourquoi ces joueurs peuvent changer le destin tricolore ?

Bernard Le Roux, l’assurance tout ruck

Pourquoi lui ? - Parce que Damien Chouly déçoit. Même s’il reste un précieux capitaine de touche, sa présence dans le jeu au sol aussi bien que dans le jeu debout est beaucoup trop discrète. Le déplacement permanent de Bernard Le Roux (26 ans, 22 sélections) et son abattage en défense devraient sans doute permettre de museler Kieran Read, Richie McCaw et Jerome Kaino.

Bernard Le Roux (France)

Bernard Le Roux (France)Icon Sport

Ce qu’en pense le staff – "J’attends que Bernard avance à l’impact et soit le premier au niveau des nettoyages", a expliqué le sélectionneur. "Il est très fort sur les zones de rucks. C’est un joueur de haut niveau", souligne Philippe Saint-André. "Il plaque, il avance, il se relève, à la dernière minute, il sprinte sur 40 mètres... Lui, quand il rentre sur le terrain, tu sais qu’il n’aura pas 2 sur 20, mais 14 voire 18. Titulaire ou remplaçant, il est très important dans notre dispositif. En touche, il est grand et a un bon timing, il a quasiment 19 de VMA, il court partout, il ne se pose pas de questions. Il accélère sur les prises de balle ou quand il veut plaquer, il ne met pas le frein à main".

Notre avis – Compte-tenu de la faillite des Bleus dans les rucks, Bernard Le Roux fera incontestablement du bien pour contester les ballons au sol. Souvent meilleur plaqueur du XV de France, son profil est incontournable pour ferrailler dans un match aussi intense. Et sa taille (197 cm) soulagera l’alignement tricolore en l’absence de Damien Chouly.

Morgan Parra, Monsieur phase finale

Pourquoi lui ? – Parce que c’est un patron. Avec son expérience de la Coupe du monde 2011, on sentait venir ce moment où Morgan Parra (26 ans, 65 sélections) basculerait numéro 1 au poste de demi de mêlée. A chacune de ses entrées en jeu, le Clermontois s’est montré plus tranchant et plus inspiré que Sébastien Tillous-Borde. Et son pied offre une arme de plus pour déplacer les All Blacks.

Morgan Parra s'apprête à introduire dans la mêlée - France Galles - 28 février 2015

Morgan Parra s'apprête à introduire dans la mêlée - France Galles - 28 février 2015Icon Sport

Ce qu’en pense le staff – "A partir du moment où Morgan commence, Sébastien sait qu’il ne peut pas être remplaçant parce qu’on a besoin d’un buteur en fin de match", a précisé Saint-André. "Morgan est un grand compétiteur. Depuis le début, il fait une belle Coupe du monde. On connaît son leadership sur les avants et sa faculté à coller au ballon". "Dans notre équipe, il n’y a pas beaucoup de joueurs qui ont beaucoup de capes. Lui, c’est le cas", insistait Patrice Lagisquet, l’entraîneur des arrières, tout dernièrement. "Il va amener son mental. Mais aujourd’hui, il est devenu un meneur de jeu accompli. Il a une panoplie technique complète et dans la gestion du jeu, il est de plus en plus pertinent. Il a le vécu".

Notre avis – Le choix de Morgan Parra est celui de la raison. Sur ce genre de match, l’expérience est primordiale. Et quand on a été basculé demi d’ouverture sur une phase finale de Coupe du monde, on peut tout assumer. Mentalement, le demi de mêlée est une assurance tout risque. Son leadership auprès des avants est évident. Et son association avec Frédéric Michalak apportera sans nul doute de la sérénité au jeu du XV de France.

Rory Kockott, le X factor

Pourquoi lui ? – Parce qu’on n’aurait pas compris que Philippe Saint-André ne lui donne pas davantage sa chance, même dans un rôle de remplaçant. Avec seulement 12 minutes de jeu dans cette Coupe du monde, Rory Kockott (29 ans, 10 sélections) joue les figurants. A lui désormais de démontrer que c’est un vrai "match winner".

Rory Kockott

Rory KockottIcon Sport

Ce qu’en pense le staff – "C'est un compétiteur dans l'âme, très fort dans les duels offensifs comme défensifs", assure Philippe Saint-André. "Il est capable de buter à plus de 40 mètres, il gère bien les ballons rapides comme lents, est un bon finisseur".

Notre avis - Son profil a tout pour faire des différences, étant un "mix" entre Tillous-Borde (puissance et solidité défensive) et Parra (jeu au pied et initiative offensive). Surtout si la fin de match face aux All Blacks est serrée. Philippe Saint-André connaît le mental de compétiteur du Sud’Af. Et l’entraîneur des Bleus en aurait bien besoin sur ce quart de finale.

Dumoulin, en espérant voir des passes…

Pourquoi lui ? – Parce qu’il aurait certainement dû être LE titulaire du poste lors de cette Coupe du monde, à la place de Mathieu Bastareaud, si une blessure au tendon d’Achille n’était pas venue flinguer sa saison avec le Racing 92. Après quelques sorties difficiles, notamment sur les matches de préparation, Alexandre Dumoulin (26 ans, 7 sélections) semble avoir retrouvé de la confiance. Est-ce que cela suffira pour tromper Ma’a Nonu et Conrad Smith ?

Alexandre Dumoulin face au Fidji à Marseille - novembre 2014

Alexandre Dumoulin face au Fidji à Marseille - novembre 2014Icon Sport

Ce qu’en pense le staff – "Alexandre est unique en son genre", insiste Philippe Saint-André. "Il a de grosses capacités à faire vivre le ballon. Il se déplace bien. Il plaque bien. Il est technique en étant capable de démarquer son partenaire sur une passe, mais aussi relativement puissant".

Notre avis – La présence de Mathieu Bastareaud dans un rôle de perforateur a montré ses limites. Si les progrès du trois-quarts centre toulonnais sont incontestables, on est obligé de constater que les ballons ont bien du mal à circuler jusqu’aux ailes où Brice Dulin et Noa Naikataci se morfondent. La titularisation d’Alexandre Dumoulin pourrait fluidifier la circulation du ballon et sa gestuelle devrait proposer une alternative plus aérée au jeu du XV de France. Mais ne soyons pas complètement naïf, Dumoulin reste en premier lieu un centre puissant.

De notre envoyé spécial à Newport, Vincent PERE-LAHAILLE

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