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Jeu, argent, professionnalisme... La Coupe du monde a sacrément changé la face du rugby

Jeu, argent, professionnalisme... la Coupe du monde a sacrément changé la face du rugby
Par AFP

Le 07/09/2015 à 18:21Mis à jour Le 07/09/2015 à 18:41

COUPE DU MONDE - La création de la Coupe du monde en 1987 a permis au rugby de prendre une autre dimension. La métamorphose est même saisissante depuis le passage au professionnalisme.

La Coupe du monde, dont la première édition fut disputée en 1987, a clairement transformé le rugby avec le passage au professionnalisme jusqu'à l'arrivée massive d'argent en passant la révolution du jeu.

En ce temps-là, les joueurs étaient "défrayés", à coups d'enveloppes marron chargées de billets, et les rencontres internationales s'arrangeaient de gré-à-gré, entre dirigeants, loin du calendrier quadriennal de l'International board (IRB, devenu World rugby). Jusqu'au milieu des années 80, le rugby, confit dans les règles strictes de l'amateurisme dictées par le "Board", vivait replié sur lui-même. C'était le seul sport collectif vierge de tout champion planétaire, et la hiérarchie mondiale s'élaborait au doigt mouillé, au fil des tournées des nations majeures.

En fait, c'est l'initiative d'un journaliste, David Lord, menaçant en 1983 de lancer un circuit professionnel privé, qui incita le Board à émettre l'idée d'une Coupe du monde. Mission confiée à Albert Ferrasse, alors président de la Fédération française de rugby (FFR). Le projet suscita rapidement l'adhésion. Et le 22 avril 1985, l'IRB vota à Paris la création d'une Coupe du monde. Symbole de l'urgence: la compétition fut programmée à peine deux ans plus tard, en 1987, et son organisation confiée à la Nouvelle-Zélande et à l'Australie.... 57 ans après le premier mondial de football !

Le demi de mêlée et capitaine des All Blacks, David Kirk, embrasse la première Coupe du monde en 1987

Le demi de mêlée et capitaine des All Blacks, David Kirk, embrasse la première Coupe du monde en 1987AFP

Envol des bénéfices

En mai-juin 1987, seize équipes invitées participent au premier Mondial, remporté par les All Blacks et marqué par une demi-finale d'anthologie France-Australie (30-24), qui participera largement au succès de la Coupe du monde. Formidable vitrine sportive, le Mondial s'est rapidement transformé en source de revenus pour l'IRB, grâce notamment à la création dès 1988 de la filiale Rugby World Cup (RWC) chargée de gérer les retombées financières.

Ainsi, dès la deuxième édition en 1991 en Grande-Bretagne et en France, la Coupe du monde constitue une source de revenus essentielle pour l'IRB, qui perçoit les droits de télévision et de marketing, et impose un "droit d'entrée" au pays organisateur. La "machine à cash" remonte à cette époque-là... Les bénéfices générés par la Coupe du monde ont suivi une courbe exponentielle, passant (en taux de change constant) de 1,4 million d'euros en 1987 à 171,7 en 2007, avant une légère inflexion en 2011, selon les chiffres de World rugby.

Le Mondial a également permis au rugby d'élargir son audience, via la télévision. Le nombre de téléspectateurs cumulés est ainsi passé de 230 millions en 1987 à 4,2 milliards en 2007. Avec le décalage dû à l'éloignement, le Mondial a enregistré des audiences en léger retrait en 2011 en Nouvelle-Zélande. La marche en avant devrait reprendre dès 2015 en Angleterre.

En 2007 face aux All Blacks, Thierry Dusautoir avait réussi une performance titanesque

En 2007 face aux All Blacks, Thierry Dusautoir avait réussi une performance titanesqueIcon Sport

Le jeu a changé

Mais au-delà des aspects audience et finance, la Coupe du monde a transformé ce sport. Elle a notamment accéléré le passage au professionnalisme en 1995, au lendemain de la troisième édition disputée en Afrique du Sud. La professionnalisation, couplée à une évolution des règles en 1996 pour rendre le jeu plus spectaculaire (ascenseur en touche, exclusion temporaire pour fautes répétées, etc...) a entraîné une révolution de la structure des matchs.

Selon World rugby, depuis 1995 le nombre de pénalités (-16%), de touches ou mêlées (-35 à 37%) a baissé considérablement, au contraire du nombre de passes (+47%) et surtout des mauls et mêlées ouvertes (+135%). Et que dire de l'explosion du temps de jeu effectif, passé en moyenne de 20 à plus de 35 minutes entre 1987 et 2011. Quatre ans plus tard, l'ébouriffant Angleterre-France (55-35), le 21 mars dernier dans le Tournoi des six nations, a dépassé les 40 minutes de temps de jeu effectif. Comme de nombreuses rencontres disputées dans l'hémisphère sud.

Le Mondial 2015 confirmera-t-il la tendance dans le domaine sportif ? En tout cas, avec une exposition médiatique plus large et une fréquentation forcément plus importante grâce aux grands stades (Twickenham, Wembley et le Stade olympique à Londres, Millénium de Cardiff, City stadium de Manchester, etc...) il s'apprête à établir de nouveaux records sur le plan financier.

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